Cinderella: princesse d'hier, fille d'aujourd'hui

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Cendrillon (Lilly James) descend le grand escalier du palais pour se rendre au bal du prince.

Photo: fournie par Disney

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Sonia Sarfati
La Presse

(Los Angeles) Il est possible d'être une princesse d'hier ET une fille d'aujourd'hui. C'est le pari qu'ont fait les créateurs de Cinderella, Kenneth Branagh en tête: son mandat, quand il est arrivé sur le projet, était de reprendre, en prise de vue réelle, l'histoire du dessin animé de 1950. Pas de torsion du matériel à la façon d'Into the Woods ou de Maleficent - qu'ont aussi récemment produits les studios Disney.

Reprendre une histoire classique. De façon classique. «Sans toutefois tomber dans quelque chose de naïf ou de non sophistiqué, bien au contraire. Le monde a changé, mais nous sentions que Cendrillon pouvait «s'inviter» dans ce monde-là. Il était possible de la présenter comme une femme forte, une femme qui, dans des circonstances difficiles, fait des choix pour elle-même et n'est pas passive», a indiqué le réalisateur lors de rencontres de presse tenues à Los Angeles.

Bref, cette Cendrillon ne pratique pas les arts martiaux ni ne manie l'épée. «C'est une façon très classique de raconter l'histoire. Nous n'avons pas tenté de faire contemporain ou de réaliser une "métaversion". Nous avons évité l'ironie, le sarcasme. Ce qui, de nos jours, est plutôt osé, sinon radical», soulève la productrice Allison Shearmur.

Les «pouvoirs» de l'héroïne, si l'on veut jouer ce jeu-là, sont la bravoure et la gentillesse. Ouch! Flirterait-on avec la mièvrerie? Le risque était là. «Nous en étions conscients», poursuit Kenneth Branagh. Pour éviter le piège, «nous avons dû y croire. Tout dépendait, en fait, de la manière dont nous présenterions Cendrillon».

L'acteur et metteur en scène shakespearien qui a apporté le souffle du grand Will jusque dans Thor s'est donc attardé, avec la complicité de Chris Weitz (About a Boy, The Golden Compass) au scénario, sur les liens familiaux. L'enfance de celle qui, au départ, se prénomme Ella (Lily James). «Elle vit au sein d'une famille extrêmement aimante, entourée d'animaux, dans un environnement naturel et beau. Ils sont conscients de la chance qu'ils ont.»

Contre les modes

Durant ces années où elle s'est construite, Ella a appris la gentillesse. Et c'est dans l'amour que lui ont donné ses parents qu'elle trouvera sa bravoure. D'abord lorsque sa mère mourra, puis son père, qui la laissera ainsi seule avec une belle-mère aigrie (Cate Blanchett) et deux demi-soeurs 100% chipies (Holliday Grainger et Sophie McShera).

Ainsi entourée, maltraitée, elle aurait pu devenir la demoiselle en détresse en attente d'un sauveur. Ou pire (!), d'un prince. Là encore, il y avait danger.

«Nous avons opté pour une approche romantique et classique, chose qui n'est pas très à la mode, mais nous voulions qu'il soit très clair que Cendrillon et le prince étaient sur un pied d'égalité», note Chris Weitz. Qui a, à cette fin, écrit une scène au cours de laquelle la belle orpheline rencontre le prince (Richard Madden de Game of Thrones) dans les bois. Elle ignore son identité. Et vice-versa. Mais en quelques mots, ils se comprennent.

Bref, si elle veut aller au bal, plus tard, c'est pour le revoir - tout en ignorant toujours qu'il est le maître des lieux. Elle ne va pas retrouver un prince/sauveur, mais un ami/complice.

«J'ai toujours aimé les princesses, je connaissais les répliques et les chansons de Beauty and the Beast et d'Aladdin par coeur», sourit Lily James - de qui, en personne comme en Lady Rose de Downton Abbey ou en Cendrillon, émane une gentillesse qui pourrait paraître affectée si elle ne se teintait pas d'un sourire espiègle et lumineux. «Heureusement, j'ai deux frères qui m'ont empêchée de devenir trop princesse!»

Kenneth Branagh d'abonder: «Lily a un côté garçon manqué assez surprenant, s'amuse-t-il. Elle n'a pas craint de monter à cru sur le cheval. Et pendant une des deux semaines où on a tourné la scène du bal, elle a commencé à avoir un gros rhume. Je lui ai dit que pour un jour ou deux, je pouvais utiliser sa doublure. Sa réponse: «Personne d'autre ne portera cette robe.» Et personne d'autre le l'a portée! (rires)»

L'âge de cristal

Parlant de la fameuse robe, elle est spectaculaire. Composée de 270 mètres de tissu, de huit jupons de différentes teintes de bleu portés sur une crinoline, d'un corset, et ornée de plus de 10 000 cristaux. Elle est signée Sandy Powell. Celle dont le travail a été récompensé aux Oscars pour Shakespeare in Love, The Aviator et The Young Victoria.

Ici, elle a non seulement dessiné les plus incroyables tenues pour les invités au bal légendaire, mais aussi, dans l'intimité de la maison de Cendrillon, pour les demi-soeurs et la belle-mère.

«Pour les deux filles, je voulais quelque chose de "joli", mais qui fait nouveau riche, qui montre qu'elles n'ont pas développé de goût. Ce sont des enfants gâtées.»

Quant à leur mère, incarnée par la toujours magnifique Cate Blanchett, la designer a opté pour une allure années 40, «très stylée, pas comique. Les méchants sont souvent très bien vêtus. Il y a quelque chose d'intimidant dans quelqu'un d'habillé de façon parfaite». C'est indubitablement le cas ici.

Et puis, le soulier. La fameuse pantoufle de vair. Devenue de verre au fil des âges et des versions du conte. Elle est ici faite de cristal. Du Swarovski, rien de moins. Il a fallu des semaines à Sandy Powell pour trouver cette idée. Et plusieurs autres aux artistes verriers afin de fabriquer la chaussure parfaite. Qui n'est ni pied gauche ni pied droit, mais «neutre». Et qui ne se porte pas.

«C'est plus un élément de décor qu'un accessoire vestimentaire!» sourit la designer. Comprendre qu'à ses pieds, Cendrillon enfile... un soulier plus tard transformé par magie (celle des effets spéciaux). Mais c'est un objet de luxe, très fragile, qu'elle manipule par moments.

«Il était plutôt lourd et c'était un peu inquiétant de "jouer" avec parce qu'il y avait toujours deux hommes gantés de blanc à proximité, qui le surveillaient comme la prunelle de leurs yeux», se souvient Lily James.

Enfin, servant d'écrin à ce «bijou» et à tout le conte, les décors conçus par ce génie qu'est Dante Ferretti (Sweeney Todd, Hamlet, Interview with the Vampire). Eux aussi, au service de l'intention de départ: raconter Cendrillon avec les moyens d'aujourd'hui, mais de façon classique et somptueuse. En fond et en forme, en contenu comme en contenant, ce Cinderella crie donc: «Il était une fois...»

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Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Studios Pictures.

Cendrillon

Cote La Presse

Une orpheline réduite au rôle de servante par sa vilaine belle-mère et ses deux demi-soeurs fait la connaissance du prince de son royaume, qui lui...
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