Lambert Wilson/Éric Lavaine: les aléas de la comédie

Lambert Wilson se reconnaissait dans son personnage antipathique,... (Photo fournie par A-Z Films)

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Lambert Wilson se reconnaissait dans son personnage antipathique, «épouvantable, sans pitié mais très humain» dans ses faiblesses.

Photo fournie par A-Z Films

Depuis sa sortie en France, fin avril, le film Barbecue a fait plus de 1,5 million d'entrées. Conversation avec sa vedette, Lambert Wilson, et son réalisateur, Éric Lavaine, sur le thème de la comédie, un genre snobé en France, mais qui fait recette.

Lambert Wilson ne s'est pas fait prier pour jouer dans la comédie Barbecue le rôle d'Antoine, le leader de la bande de vieux amis qui passent leurs vacances ensemble dans le décor idyllique des Cévennes. L'acteur français trouvait le scénario bien construit et il se reconnaissait dans ce personnage antipathique, «épouvantable, sans pitié mais très humain dans ses faiblesses» qui, après avoir subi un infarctus, remet en question son style de vie, quitte à brusquer son entourage.

Comme Antoine, Wilson est «un homme de groupe» qui aime bien lui aussi rassembler ses amis pour un week-end dans sa maison en Bourgogne: «J'ai envie de faire plaisir à tout le monde et, en même temps, de leur dire leurs quatre vérités... ce que je ne fais pas.»

Mais ce qui a le plus touché l'acteur français c'est, dit-il, «cette espèce de frénésie qui s'empare de vous à la cinquantaine quand vous avez vécu une alerte». «Moi, ajoute-t-il, ç'a été le décès de mes deux parents où je me suis dit d'accord, c'est donc moi le prochain.»

Le réalisateur et coscénariste Éric Lavaine parle d'un film un peu autobiographique dans lequel il a glissé des choses qu'il a vécues avec sa bande de copains: «Je trouve que les films de Denys Arcand, comme Le déclin de l'empire américain, sont un peu sur ce genre de thème: les rapports entre amis, la fratrie amicale, si j'ose dire. Denys Arcand, au Québec, ou Claude Sautet, en France, sont vraiment pour moi des maîtres.»

Les vacances sur une semaine ou 15 jours, contrairement à un dîner entre amis de temps en temps, c'est un moment où on ne peut pas tricher, affirme Lavaine. «En vacances, on se dit génial, je vais enfin pouvoir me lâcher, tout va être différent et on s'aperçoit que ça ne l'est pas parce qu'on trimballe toujours nos soucis avec nous.»

Fasciné par la comédie

Dans le groupe d'amis en question, on reconnaîtra les humoristes Franck Dubosc et Florence Foresti, qui forment un couple récemment séparé qui crève l'écran.

«Lambert Wilson, un très grand comédien, était en admiration devant le travail de Franck et de Florence, raconte le réalisateur Éric Lavaine. Il est de bon goût parfois en France de décrier Franck Dubosc, de le trouver un peu "léger"alors que c'est un comédien exceptionnel. Et le rythme de Florence Foresti, c'est du jazz. Ils sont très, très forts.»

Wilson le reconnaît, la mécanique de la comédie le fascine et l'intrigue. Il compare les vedettes du stand-up à des acrobates qui marchent sur un fil au-dessus du vide: «Ils ont une façon de se servir d'absolument tout ce qui arrive autour d'eux à des fins comiques comme si le comique était, non pas une maladie, mais une sorte de réflexe permanent.»

L'acteur constate que la mode est beaucoup à la comédie au cinéma français, mais qu'elles sont «très souvent mal écrites, un peu bâclées, parfois vulgaires». Par contre, il reconnaît que le genre, s'il fait saliver les producteurs, est souvent snobé par la critique et les gens du métier qui lui décernent rarement des prix. «D'ailleurs, les grands comiques français sont arrivés à un statut de respectabilité quand ils sont passés par le drame», fait-il remarquer en citant en exemple Coluche, José Garcia et même Daniel Auteuil.

Wilson, lui, a «explosé» son image depuis longtemps en jouant aussi bien dans des comédies que dans des films dits sérieux.

«J'essaie de ne jamais m'enfermer dans une ornière et c'est très compliqué, dit-il. Après Des hommes et des dieux, on ne m'a proposé que des rôles de curé et de moine. C'est affligeant. Le premier rôle que j'ai accepté tout de suite après Des hommes et des dieux, c'est celui du dictateur fan de Céline Dion dans Sur la piste du Marsupilami, un choix inattendu pour quelqu'un qui sortait d'un film très sérieux et émouvant qui avait eu un prix à Cannes. Je savais qu'il fallait absolument opposer à tout ce sérieux et cette émotion quelque chose de léger, de clownesque, de fou.»

Depuis Barbecue, on lui a proposé d'autres films du même genre, des propositions alléchantes qui représentent un piège, dit-il. 

«La difficulté, ce n'est pas de jouer, c'est de bien choisir et de résister, de gérer la longueur de la carrière. Je le dis d'autant plus facilement parce que je me suis beaucoup trompé et je suis toujours sidéré d'avoir pu rebondir.»




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