Maleficent: la magie d'Angie

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Sonia Sarfati
La Presse

(Los Angeles) Le visage et la silhouette d'Angelina Jolie se mêleront bientôt à ceux de Maleficent dans l'imaginaire collectif, l'actrice apportant sa lumière et sa magie à l'ombre derrière le mauvais sort de la Belle au bois dormant.

Il a bifurqué à quelques reprises, le chemin menant à Maleficent. Tim Burton a longtemps été attaché au projet. Quand il s'est désisté, David Yates (les quatre derniers Harry Potter), Guillermo Del Toro et même David O. Russell (American Hustle) auraient fait part de leur intérêt à Disney. Finalement, en janvier 2012, on a annoncé que cette incursion dans les origines de la sorcière apparue en 1959 dans le dessin animé Sleeping Beauty, serait réalisée par Robert Stromberg.

Robert qui?! Stromberg. Le directeur artistique visionnaire d'Avatar mais aussi, au royaume de Mickey, d'Alice in Wonderland et d'Oz: The Great and Powerful. Il ferait ici ses premiers pas comme réalisateur. «Je voudrais pouvoir dire que cette idée m'a terrifié, souriait-il lors de rencontres de presse tenues à Los Angeles, mais c'est faux. C'était plutôt le contraire. Je travaille depuis 28 ans dans ce milieu, je fréquente les plateaux depuis deux décennies, et depuis 10 ans, c'est pour des projets énormes. Il était très excitant pour moi d'avoir enfin l'occasion de travailler directement avec les acteurs, avec l'histoire, avec les émotions.»

Bref, il ne s'est pas senti écrasé mais, plutôt, comblé de s'être fait confier un budget estimé à 180 millions (approchant peut-être maintenant les 200: alors qu'il terminait la postproduction de Saving Mr. Banks, John Lee Hancock a été appelé à prêter main-forte à Robert Stromberg pour tourner de nouveau certaines scènes de Maleficent); ni d'avoir la responsabilité de faire passer de l'animation à la prise de vue réelle le personnage culte né sous le crayon de Marc Davis, afin de jeter un éclairage nouveau sur ses motivations.

Puisque c'est ce que raconte Maleficent, dont le scénario est signé Linda Woolverton (The Lion King): qui est cette «sorcière» et pourquoi jette-t-elle le sort que l'on sait à l'innocente princesse, le jour de son baptême?

Pas d'Angie, pas de Maleficent

Et c'est là, dans ce personnage, dans celle qui l'incarnerait, que Maleficent a trouvé son point d'ancrage. Le producteur Joe Roth l'a dit à plusieurs reprises: le projet n'aurait jamais vu le jour si Angelina Jolie n'avait pas accepté le rôle. Celle que tout le monde appelle Angie - «Sauf moi, je n'ai jamais pu! Pour moi, elle est Angelina!», précise Elle Fanning, qui joue la princesse Aurora - possède en effet la silhouette et la présence de la créature magique blessée qui cherchera, par la vengeance, à effacer la trahison dont elle a été victime.

Ce qu'elle n'avait pas, l'actrice qui aura bientôt 39 ans l'a trouvé, ajouté. Inspiré. Devenue productrice déléguée du film, elle a vu à ses costumes, son maquillage, aux prothèses qui changeraient son nez et accentueraient ses pommettes, aux cornes qui orneraient sa tête, aux verres de contact qui glaceraient son regard. À tout. Mais la tyrannie n'est pas son truc: de l'aveu de ceux qui l'ont côtoyée sur le plateau et dans les coulisses de Maleficent, Angelina Jolie obtient ce qu'elle désire avec grâce et en faisant preuve de gentillesse.

«Je suis sûr qu'elle s'investit comme ça dans tous ses projets, elle est très protectrice de ses personnages, de l'image qu'elle projette et, dans ce cas-ci, c'était plus important que jamais», fait Sam Riley. Interprète de Diaval - le bras droit de Maleficent, celui qui, dans le dessin animé, n'était «que» corbeau - , il admet avoir été extrêmement nerveux au moment de sa première rencontre avec la star: «J'attendais dans une pièce, j'allumais une cigarette, je l'écrasais. Je mâchais de la gomme, je la jetais. Je ne savais plus où me mettre. Mais une fois en sa présence, toute nervosité a disparu par magie: elle est désarmante, souriante, charmante et, en plus, elle est fan de mon personnage! Très vite, je me suis senti protégé.»

Petites attentions, grande dame

Comme à peu près tout le monde sur le plateau, en fait, puisque, poursuit-il, «elle travaille dur et est très professionnelle tout en étant gentille avec tout le monde. Elle donne à chacun l'impression d'être spécial et important». Ainsi, l'acteur se souvient lui avoir mentionné que son anniversaire de mariage tombait deux semaines plus tard. Le jour venu, une bouteille de champagne les attendait, sa femme et lui, dans leur roulotte plantée dans les studios londoniens où se faisait le tournage.

Elle Fanning était, elle aussi, d'une nervosité extrême à l'idée de se retrouver en présence d'Angelina Jolie. «C'est le nom le plus puissant, la femme la plus glamour! Elle semble tellement intense, juste en photo! Et... elle l'est. Mais elle est aussi tellement autre chose! Sur le plateau, entre les prises, elle était une maman, elle se promenait avec un jumeau sur chaque hanche. Elle est très enjouée. Finalement, quand on s'est rencontrées, elle m'a serrée dans ses bras et m'a dit combien elle était contente de jouer avec moi. Avec MOI!», se souvient la jeune comédienne. Dont les angoisses se sont alors évanouies.

Pour ce qui est de l'acteur sud-africain Sharlto Copley, interprète du roi Stefan, père d'Aurora et ennemi juré de Maleficent, l'obtention du rôle a été comme une note rassurante s'élevant de la dissonance souvent associée à Hollywood: «J'avais rencontré Angie lors d'un événement mondain, elle m'avait dit combien elle appréciait mon travail et avait ajouté qu'elle espérait avoir la chance de jouer avec moi, un jour. Que je sois aujourd'hui ici avec vous montre que ce n'était pas des paroles en l'air, comme on en entend souvent ici!»

Bref, pour ses pairs et lui, Angelina est Maléfique à l'écran; mais Angie est magnifique à la vie.

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Maleficent (Maléfique) prend l'affiche le 30 mai. Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Studios Pictures.

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Autour de Maleficent

AURORA (Elle Fanning)

Le personnage: elle est la fille du roi Stefan. Condamnée par Maleficent, le jour de ses 16 ans, elle se piquera le doigt et s'endormira d'un sommeil éternel. Seul un baiser donné par quelqu'un qui l'aime d'amour véritable pourra rompre le sort.

Son interprète: «J'ai entendu parler du projet Maleficent et j'ai tout de suite été intéressée: Aurora est ma princesse préférée. Puis, tout est allé très vite. J'ai eu une rencontre avec Robert (Stromberg, le réalisateur) et Linda (Woolverton, la scénariste), on a parlé et, à la fin de la rencontre, ils m'ont dit que j'avais le rôle! Quand ils m'ont donné le scénario, je me suis sentie comme si on déposait une couronne sur ma tête», raconte celle qui, pour se préparer, a revu le film d'animation original: «Je voulais être fidèle à la manière dont Aurora se déplace, dont elle bouge ses bras, ses mains, ses doigts. Et à sa grâce aussi.»

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DIAVAL (Sam Riley)

Le personnage: le corbeau du dessin animé a maintenant une personnalité multiple car Maleficent le transforme au besoin en cheval, en loup, en dragon. Ou en humain.

Son interprète: «Ces discussions qu'on a eues au sujet de la manière dont je devais être vêtu - ou dévêtu - la première fois que Maleficent me change en homme! C'était surréaliste», fait celui qui a joué nu dans On the Road. Il en rit encore, lui qui a levé la main - par agent interposé - lorsque le rôle de Diaval a été «sur le marché». «J'étais curieux mais sceptique. Refaire La Belle au bois dormant, je n'étais pas sûr que ce soit une bonne idée. Quand j'ai reçu le scénario, j'ai lu «mon «texte... et j'ai été tellement surpris par ce que j'ai découvert que j'ai repris du début, en lisant tout.» Ses doutes se sont dissipés. Et il s'est mis au service d'un personnage qui, au départ, «est terrifié par Maleficent» mais qui, après 16 ans de complicité, lui apporte une certaine lumière.

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STEFAN (Sharlto Copley)

Le personnage: pauvre mais pourvu d'une ambition démesurée, il trahira Maleficent pour s'asseoir sur le trône.

Son interprète: l'acteur que l'on a vu dans District 9, et Elysium se glisse de nouveau dans la peau d'un homme tourmenté. «Pourtant, quand j'avais 9 ans, j'ai joué Joyeux dans Blanche-Neige! C'est ma vraie nature», assure le comédien, qui trouve difficile d'explorer à répétition les zones d'ombre des hommes. «Beaucoup disent aimer cela, moi je trouve cela hypothéquant.» Sauf que Maleficent, c'était l'occasion de jouer avec Angelina Jolie. Qu'il doit affronter, physiquement, dans le dernier acte. «Ç'a été incroyablement difficile. Quand vous avez à jouer des choses aussi extrêmes, vous apprenez sur vous-même. Moi, je sais que jamais je ne pourrais poser mes mains sur une femme de manière agressive», fait-il en espérant avoir un jour quelque chose de plus léger à mettre dans son curriculum vitae.




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