The Amazing Spider-Man 2: prouesses et tourments

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The Amazing Spider-Man 2

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Sonia Sarfati
La Presse

(New York) De plus en plus à l'aise dans le costume de Spider-Man, Peter Parker est, sur le plan personnel, écartelé entre son amour pour Gwen et sa promesse faite au père de la jeune femme. Ses sentiments le ramènent toujours à elle. Mais impossible d'oublier les derniers mots du capitaine Stacy: avant de mourir, il lui a demandé de laisser sa fille «hors de tout ça».

Sauf que le coeur a ses raisons. Pour le meilleur et pour le pire. Le pire étant... disons, à venir. Le meilleur étant la formidable chimie qui unit Emma Stone et Andrew Garfield, à la ville comme à l'écran. Leur incarnation du couple formé par Gwen Stacy et Peter Parker était le joyau de The Amazing Spider-Man de Marc Webb: bien qu'imparfait et empesé par la trame sonore de James Horner, le long métrage sorti en 2012 avait déployé ses ailes en bonne partie grâce à leur charisme.

Ils sont aussi le coeur, vibrant, du deuxième volet de la série qui en comptera quatre, dont Marc Webb est toujours à la barre et qui, cette fois, a entièrement été tourné dans la Grosse Pomme et dans l'État de New York. Opération complexe, mais qui porte ses fruits visuellement parlant.

Bref, l'amour et la tension sont au rendez-vous pour Peter et Gwen, alors que le premier remplit les responsabilités de Spider-Man et que la seconde, diplôme en main, se fait offrir d'aller étudier en Angleterre. Parallèlement à leur histoire, deux autres sont «menées» par deux méchants bien connus des fans de Spidey: Max Dillon/Electro (Jamie Foxx) et Harry Osborn/Green Goblin (Dane DeHaan).

D'adolescence et de superhéroïsme

Andrew Garfield a retrouvé avec bonheur ce personnage dont il aime la compassion, l'humanité et «le sens des responsabilités peut-être surdéveloppé»: «Il est celui qui s'interpose entre les gens ordinaires et les dangers extraordinaires, mais aussi celui qui va raccompagner un enfant chez lui et faire traverser la rue à une vieille dame.» Puis, une fois sur le plateau, dans le feu de l'action, la facette «demi-dieu» du garçon ayant reçu les pouvoirs que l'on sait en cadeau (empoisonné?) est, assure-t-il, extrêmement amusante à jouer.

Quant au côté adolescent de Peter Parker, du haut de ses 30 ans qu'il ne fait pas, Andrew Garfield l'endosse totalement. Parce que cette jeunesse explique l'imperfection, les erreurs. Et l'apprentissage. «Il est facile de s'identifier à lui, a-t-il indiqué lors de rencontres de presse à New York. Il est facile d'appliquer à soi cette douleur profonde, ce vide incroyable qu'il tente de combler depuis que ses parents l'ont abandonné.» Ce, peu importe les raisons pour lesquelles ils l'ont fait - et que nous, spectateurs, savons «bonnes».

Cette jeunesse explique aussi son désir «spidermaniaque» et idéaliste de sauver le monde entier. «Pour moi, c'est le message de ce film-ci: vous ne pouvez pas sauver tout le monde parce que le monde n'hésitera pas, s'il en décide ainsi, à vous retourner des coups bas», poursuit l'acteur qui, ayant pratiqué la gymnastique pendant des années, s'est amusé (ici, regard faussement inquiet du réalisateur Marc Webb) à exécuter le plus de cascades possible. Et, surtout, s'est donné à fond dans le côté (faussement) gaffeur et taquin du superhéros.

«Au lieu de rendre coup pour coup, Spider-Man utilise les faiblesses de ses ennemis contre eux-mêmes. Pour bien rendre cela, nous avons utilisé les services d'un consultant en comédie physique.» Oui, il y a du Chaplin et du Keaton dans ce Spidey. Ce n'est pas accidentel.

De gravité et d'intelligence

Cet aspect quasi amuseur public tranche avec l'attitude de Gwen Stacy, plus mûre... mais pas rabat-joie pour autant: le personnage, tel qu'il est incarné par Emma Stone, brûle autant par son intelligence que par son côté pétillant et allumé.

«Peter et elle sont différents, mais totalement égaux», fait la comédienne qui admet avoir pas mal en commun avec Gwen: «Par exemple, nous avons su toutes les deux, très jeunes, ce que nous voulions faire dans la vie. J'ai toujours voulu être actrice, elle a toujours voulu sauver des gens et, pour cela, s'est investie très tôt dans la médecine moléculaire. Et c'est là que nous divergeons, car les sciences ne sont vraiment pas ma force!», termine-t-elle en laissant couler ce rire profond - en timbre comme en spontanéité et naturel - qui est le sien.

Elle apprécie également le fait de camper une jeune femme très sûre d'elle: «Gwen sait parfaitement qui elle est et ce qu'elle veut.» Trop téméraire, par le fait même? Sourire énigmatique. «Elle est consciente de ce qui la pousse, la motive», fait celle qui dit avoir trouvé ce tournage-ci plus agréable que le précédent, simplement parce que l'équipe était la même. La familiarité servant de cocon protecteur. Les retrouvailles, de bougie d'allumage au plaisir.

En plus, il y avait sur le plateau pour les soutenir, Gwen et elle, des scénaristes qui comprennent à fond le personnage. «Ils savent ce qu'elle traverse depuis que son père a été tué et ils m'ont donné les mots pour l'exprimer.» Et si jamais ces mots n'étaient pas là, elle les trouvait par elle-même, aux dires du producteur Avi Arad. «Quand Gwen casse avec Peter, c'est avec des lignes - et une attitude - signées Emma Stone.» «Alors, il faudra ajouter mon nom au générique pour ça», répond la principale concernée, du tac au tac, avec une vivacité d'esprit qui plairait à Gwen Stacy.

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The Amazing Spider-Man 2 (L'extraordinaire Spider-Man 2) a pris l'affiche vendredi. Les frais de voyage ont été payés par Sony Pictures.

Jamie Foxx est Max Dillon/electro... (Photo: fournie par Columbia/Sony) - image 2.0

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Jamie Foxx est Max Dillon/electro

Photo: fournie par Columbia/Sony

Les méchants

Jamie Foxx est Max Dillon/electro

MISE EN PLACE:Max Dillon est un ingénieur électrique qui travaille pour Oscorp. Un homme brillant mais mal dans sa peau. Un homme que personne ne voit. Et puis, survient le drame, où accident, science et mutation se mêlent de façon «spidermanienne». Max devient ainsi Electro.

DÉVELOPPEMENT:

«Je voulais que Max soit, au départ, ce type que les spectateurs prennent en pitié... mais qui a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la tête. Quand Spider-Man le sauve et lui dit: "Tu es quelqu'un, Max. Moi, je te vois et je suis ton copain", il ne fait ni une ni deux: à ses yeux, il est à présent le meilleur ami de Spider-Man. Et quand, une fois devenu Electro, Spidey ne le reconnaît pas, il déraille complètement. Pour me préparer, j'ai lu des pages de Salieri concernant Mozart, afin de trouver la justesse dans l'émotion et pour travailler les sentiments de jalousie et de trahison que Max/Electro éprouve face à Spider-Man.»

TOURNAGE:

«J'ai travaillé de concert avec les gars des effets spéciaux. Je revêtais une combinaison bleue pour le tournage et eux transformaient plus tard mon image en celle d'Electro. Aussi, j'évoluais souvent dans un environnement qui serait créé plus tard en images de synthèse, ce qui fait que je suivais les directives de Marc Webb à la lettre, quand il me disait de crier par là, de regarder ailleurs. C'était comme revenir aux origines du plaisir de jouer, quand on répète en se regardant dans le miroir.»

Dane DeHaan est Harry Osborn/Greengoblin

MISE EN PLACE:

Harry et Peter, respectivement les fils de Norman Osborn et de Richard Parker, étaient les meilleurs amis du monde... jusqu'à ce que les voies de leurs pères se séparent et qu'ils se perdent de vue. Harry revient ici à New York pour apprendre qu'il est atteint d'une maladie dégénérative et que son salut se trouve dans le sang de Spider-Man.

DÉVELOPPEMENT:

«Harry Osborn existe depuis 50 ans. La différence entre le mien et ses précédentes incarnations, c'est qu'il est le seul à être contemporain. J'ai donc étudié ce qu'il représentait dans la mythologie de Spider-Man et j'ai cherché à quoi cela correspond de nos jours. C'est un gosse de riche qui aime montrer ses avoirs et n'accepte pas de se faire dire non - d'où sa rage face à Spider-Man qui ose lui refuser son sang. Côté style, sa coiffure un peu ridicule, ses vêtements, pour moi, ça se traduisait aujourd'hui par une allure de hipster new-yorkais.»

TOURNAGE:

«Je passais trois heures et demie dans la chaise de maquillage pour me transformer en Green Goblin, puis il fallait une heure à une bande de gars armés de tournevis pour m'installer dans le costume... qui pesait près de 25 kg. Quand on a tourné la scène finale, il faisait au moins 45 degrés sur le plateau, l'équipe me versait littéralement des seaux de glace dessus. J'ai perdu 3 kg en deux jours - ce qui, dans mon cas, n'est pas peu dire!»

Ils ont dit...

MARC WEBB, RÉALISATEUR> Sur Spider-Man:

«Si, comme les Batman, Superman et Iron Man, Spider-Man est un symbole de protection, Peter Parker est, lui, un adolescent. Il grandit, évolue, change. Et il combat le crime ainsi, comme un adolescent. C'est ce qui le rend différent et intéressant.»

> Sur Gwen Stacy:

«Le personnage de Gwen n'avait à peu près pas été exploité à l'écran auparavant. Nous avons été vigilants pour conserver le plus de secrets possible au sujet de son destin, mais l'important, au bout du compte, était de créer le meilleur film possible.»

> Sur les ennemis de Spider-Man:

«Dans cet univers, la science et la technologie sont comme la magie dans celui de Harry Potter. Elles sont un peu absurdes, surréalistes, mais elles ouvrent des portes qui débouchent sur les situations et les méchants auxquels nous voulons accéder.»

> Sur le tournage:

«On a tourné le plus de scènes possible dans New York, mais pour Times Square, les choses allaient être trop compliquées. J'ai suggéré, presque en plaisantant, qu'on reconstruise une partie des lieux en studio. Puis, j'ai attendu que quelqu'un me dise: "Es-tu malade?" Mais non. On m'a plutôt demandé de quelle section de Times Square j'avais besoin.»

AVI ARAD ET MATT TOLMACH, PRODUCTEURS

Sur Spider-Man:

«Quand Stan Lee a créé le personnage, en 1962, Marvel n'en voulait pas sous prétexte que les gens ont peur des araignées et ne l'aimeraient pas. Il l'a glissé dans Amazing Fantasy et... on connaît la suite.»

> Sur Gwen Stacy:

«Gwen est plus intelligente et plus mûre que Peter. C'est un personnage formidable, au destin iconique. La manière dont nous raconterions son histoire fait partie de nos conversations depuis l'an 2000, c'est ce dont nous avons le plus discuté.»

> Sur les ennemis de Spider-Man:

«La caractéristique des vilains dans Spider-Man, c'est qu'ils sont victimes des circonstances. À l'origine, ce ne sont pas des fous furieux dangereux. Et ils continuent tous à vivre, puisque Spider-Man ne tue personne.»

> Sur le tournage:

«Spider-Man est indissociable de New York et nous avons toujours espéré y tourner. C'est très complexe, très cher, mais les autorités de la ville nous ont aidés. De même que les programmes de crédits d'impôt. Autrement, ç'aurait été impossible. Mais nous y sommes arrivés et The Amazing Spider-Man 2 est le plus gros long métrage qui ait été tourné dans cette ville et cet État.»




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