Nico, 1988: vivre avec son passé ***1/2

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« La musique de Nico était âpre », écrit la réalisatrice Susanna Nicchiarelli dans un texte de présentation de son film construit à partir de témoignages et dans lequel elle a inséré quelques éléments dramatiques fictifs. Et si la musique de la chanteuse et musicienne est âpre, sa voix et sa fin de carrière le sont tout autant, si on s'appuie sur ce que propose la réalisatrice dans ce film qui a l'intelligence de ne pas faire le tour de toute une carrière en 90 minutes.

Nico, 1988... (Affiche fournie par EyeSteelFilm) - image 1.0

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Nico, 1988

Affiche fournie par EyeSteelFilm

Susanna Nicchiarelli s'attarde aux deux dernières années de la vie de Nico, tout en glissant quelques scènes qui non seulement lèvent le voile sur la carrière antérieure de la chanteuse, mais nous font comprendre que ce passé la hante. À commencer par ces passages où la chanteuse n'en peut plus d'entendre parler de sa très courte association à Velvet Underground. Alors qu'elle essaie de parler de ses propres compositions (nous sommes en 1986-1988), les journalistes s'entêtent à évoquer ce groupe auquel elle a appartenu en 1967.

Deux scènes fabuleuses nous rappellent aussi que l'enfance de Nico s'est passée dans l'Allemagne de l'époque nazie. Celle où l'on voit Berlin, de très loin, brûler sous les bombes soviétiques. Et une seconde où elle et les membres de son groupe sont assis au pied du bâtiment austère et monumental du Zeppelinfeld de Nuremberg où Hitler tenait ses grands rassemblements.

Dans la peau de Nico, la comédienne Trine Dyrholm propose un personnage aux traits durs et qui traîne une colère, une amertume noyée dans la drogue. Le tout, au fil d'une tournée amenant Nico et son groupe dans des lieux sordides. Curieusement, les décors plutôt colorés font contraste avec l'âme noire et desséchée de la chanteuse. On s'attache malgré tout au personnage, sans doute parce que le film, un road movie de fin du monde, est chargé d'un réel désir d'authenticité.

***1/2

Nico, 1988. Drame biographie de Susanna Nicchiarelli. Avec Trine Dyrholm, John Gordon Sinclair, Anamaria Marinca et Sandor Funtek. 1 h 33.

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