Blade Runner 2049: beaucoup plus que la suite du premier ****

Ryan Gosling et Sylvia Hoeks dans Blade Runner... (Photo tirée du site IMDB)

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Ryan Gosling et Sylvia Hoeks dans Blade Runner 2049, film de Denis Villeneuve qui prendra l'affiche le 6 octobre.

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La PresseAlain Brunet 4/5

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En fusionnant le film noir et un cinéma de science-fiction misant sur une vision ultra-réaliste de l'avenir, le réalisateur Ridley Scott avait lancé une approche inédite. Trente-cinq ans après ce coup de maître, imaginer une suite à Blade Runner représentait un défi quasi insurmontable d'entrée de jeu.Les risques de la pâle copie, de surcroît imbibée d'effets spéciaux sans substance, étaient très élevés. Après avoir imposé sa patte avec un premier film de sci-fi, l'excellent Arrival, Denis Villeneuve relève ce défi colossal.

Rappelons d'abord le contexte du Blade Runner originel: le policier Deckard a pour tâche de «retirer» (euphémisme de l'élimination physique) les réplicants rebelles de type Nexus-6, androïdes de matière organique conçus pour servir les humains. Deckard évite la mort au terme d'un combat ultime et devient amoureux de Rachel, un être artificiel dont la durée de vie serait possiblement supérieure à celle de ses semblables (quatre ans).

Dans le premier film, l'humanité triomphe du génie génétique tout en laissant un sérieux doute sur l'avenir de sa «pureté». Trois décennies plus tard? Les réplicants de Blade Runner 2049 sont mieux conçus, plus performants, plus fiables... et se confondent davantage avec leurs maîtres. La prétendue pureté du genre humain y devient plus floue, plus ambiguë, de plus en plus problématique.

Comme dans le premier Blade Runner, il est question d'une révolte d'androïdes et de leur répression.

Or, cette fois, les réplicants et leurs maîtres se trouvent dans les deux zones de cette opposition, la perspective de leur hybridation se trouve au coeur de l'histoire.

Le scénario ici illustré par Denis Villeneuve nous plonge dans cette relation de plus en plus complexe entre naturel et artificiel, entre réalité tangible et réalité virtuelle. De quel côté au juste se trouvent «K» (Ryan Gosling), Rick Deckard (Harrison Ford), Joi (Ana de Armas), Niander Wallace (Jared Leto), Luv (Sylvia Hoeks), Mariette (Mackenzie Davis)?

Effets spectaculaires

Le réalisateur québécois installe cette trame dramatique dans un paysage post-apocalyptique, où subsiste une civilisation profondément esquintée. Les technologies de l'avenir y sont magnifiquement représentées à travers des décors imaginant l'architecture en 2049, zones jonchées de gravats, régions empoussiérées et dénuées de végétation. Les engins des protagonistes de l'action volent dans des ciels gris, ennuagés, pluvieux, enneigés.

Les effets spéciaux y sont à la fois léchés et spectaculaires, certes à hauteur budgétaire des grosses productions hollywoodiennes.

De manière générale, les images de Denis Villeneuve tiennent plus de l'art que du divertissement ; elles portent un récit subtil et de solides performances d'acteurs.

Quant à la bande originale, elle n'est pas de Jóhann Jóhannsson comme prévu. Pour des raisons qui nous échappent, l'Islandais (à qui on doit les musiques de Prisoners, Sicario et Arrival) a été remplacé par l'Allemand Hans Zimmer et l'Anglais Benjamin Wallfisch.

Les parties orchestrales sont belles, mais pas exactement remarquables, les petites insertions de musique classique (Prokofiev) ou pop classique (Elvis, Sinatra) ne le sont pas non plus, les mélodies minimalistes n'inventent rien. Aurez-vous saisi que cette B.O. ne frappe pas l'imaginaire comme l'avait fait la musique de Vangelis pour le Blade Runner de 1982 ? En revanche, le traitement des bruits ambiants de l'action et de leurs compléments électroniques contribue largement à étoffer les images et le jeu des acteurs... mais pas autant que l'auraient fait les grands artistes de la musique électro.

On comprendra que Denis Villeneuve a dû composer avec l'idée qu'on se fait d'une bande originale «audacieuse» à Hollywood, tout autant que d'une approche narrative qui en transgresse légèrement les acquis. Malgré tout, le réalisateur québécois réussit à déjouer les pièges hollywoodiens et à imposer sa personnalité.

Sans conteste, il a réalisé un superbe deuxième Blade Runner qui se démarque clairement de la production mère.

* * * *

Blade Runner 2049. Science-fiction de Denis Villeneuve. Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Jared Leto. 2h43.> Consultez l'horaire du film




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