I, Daniel Blake: bouleversant de bout en bout ****

La PresseAndré Duchesne 4/5

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L'histoire: Daniel Blake, un menuisier de 59 ans mis au repos après avoir subi un arrêt cardiaque, est forcé par le système anglais de se chercher du travail. Sa route croise celle de Katie, mère de famille monoparentale de deux enfants contrainte de déménager à 450 km de chez elle pour en conserver la garde. Ensemble, ils feront équipe pour survivre face à l'absurdité des règles gouvernementales.

Récompensé de la Palme d'or à Cannes en mai 2016, le long métrage de Ken Loach est né dans la foulée d'une privatisation partielle des services administratifs régissant le filet social en Angleterre. Une privatisation qui traque les «profiteurs» du système jusqu'à l'absurde selon ce que dépeignent M. Loach et son éternel complice Paul Laverty au scénario.

De bonnes personnes à qui la vie n'a pas fait de cadeaux, Daniel (Dave Johns) et Katie (Hayley Squires) sont traités comme des moins que rien au moment de faire traiter leur dossier par des employés déshumanisés. Daniel se heurte à un système kafkaïen dont tous les chemins mènent au même cul-de-sac: la menace de charcuter sa maigre prestation s'il n'obéit pas aux règles imposées. Katie, elle, fait peine à voir à se battre chaque jour pour assurer un minimum de biens de subsistance à ses enfants, allant jusqu'à s'abstenir de manger pour eux.

M. Loach fait (encore) la preuve qu'on n'a pas besoin d'une mise en scène surchargée pour illustrer, avec un pouvoir d'évocation dévastateur, un état d'âme. Un travail d'acteurs minutieux, des dialogues parfaitement ajustés, une lumière presque naturelle et nous voilà plongé dans un univers anxiogène hallucinant et bouleversant de la première à la dernière minute.

I, Daniel Blake... (Photo fournie par Wild Bunch) - image 2.0

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I, Daniel Blake

Photo fournie par Wild Bunch

Ainsi, la scène où Katie, dans une banque alimentaire, ouvre en pleurant une boîte de conserve pour en manger le contenu nous restera longtemps en mémoire.

En dépit de tous leurs malheurs, Daniel et Katie vont rassembler ce qui leur reste de force, de dignité et d'affection (sans tomber, Dieu merci, dans la tension sexuelle) pour s'entraider et se tenir debout. Ils sont appuyés en cela de quelques beaux personnages secondaires qui donnent envie, malgré la finale, de croire en son prochain.

On ressort de ce film avec un seul souhait: que de telles mesures ne soient jamais adoptées ici.

* * * *

I, Daniel Blake (V.F.: Moi, Daniel Blake). Drame de Ken Loach. Avec Dave Johns, Hayley Squires, Kema Sikazwe. 1h40.

> Consultez l'horaire du film




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