The Birth of a Nation: oeil pour oeil, dent pour dent **1/2

La PresseMarc Cassivi 2/5

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Depuis que Nate Parker a fait sensation au dernier Festival de Sundance avec son premier long métrage, The Birth of a Nation, on parle davantage de son passé que du legs de Nat Turner, le héros (authentique) de son film, un esclave prédicateur qui a inspiré en 1831 l'un des premiers mouvements de révolte noire en Virginie.

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Nate Parker, auteur, réalisateur, producteur et principal acteur de The Birth of a Nation, a été accusé d'agression sexuelle sur un campus à 19 ans, en 1999. (Il a été innocenté, alors que le coscénariste du film, Jean Celestin, a été reconnu coupable en première instance avant d'être acquitté.) En 2012, son accusatrice s'est suicidée. Parker, lui, maintient qu'il a été faussement accusé.

The Birth of a Nation, annoncé par certains comme le prochain 12 Years a Slave, n'a ni la maîtrise ni la subtilité du film de Steve McQueen. C'est un film certes percutant et efficace, mais terriblement racoleur.

The Birth of a Nation fait bien sûr référence au célèbre film de D.W. Griffith, réalisé en 1915, qui a marqué l'histoire du cinéma autant par ses innovations formelles et techniques que par son discours ouvertement raciste. Nate Parker a voulu se réapproprier ce titre pour en détourner le sens. L'intention est bonne. Le film, beaucoup moins.

On ne peut rester insensible au destin de ce Nat Turner, jeune homme qui s'est inspiré des écrits bibliques et de l'indignation de son peuple pour l'appeler à se soulever. La révolte qu'il a menée, et qui a causé la mort de 65 personnes, a été rapidement réprimée. Mais on peut se demander si, à force d'insister sur le pathos - violons à l'appui -, Nate Parker ne s'éloigne pas d'une émotion plus sincère.

Malgré toutes ses qualités d'ordre mémoriel, The Birth of a Nation reste une histoire de vengeance sanglante, qui cherche une justification dans la religion.

Django Unchained de Tarantino, sans le second degré, drapé dans une morale chrétienne de l'Ancien Testament. Oeil pour oeil, dent pour dent. «In God We Trust», ainsi que le deuxième amendement de la Constitution.

Nate Parker, qui a grandi à quelques dizaines de kilomètres des champs de coton où Nat Turner a fomenté sa rébellion, parle d'ailleurs de son film comme s'il s'était senti investi d'une mission quasi messianique. Ce n'est pas pour rien qu'il apparaît, à la toute fin, dans une scène rappelant la Crucifixion.

Malheureusement, The Birth of a Nation, même s'il risque de trouver une certaine résonance, n'est pas du niveau de la discussion qu'il pourrait inspirer sur les conséquences du refus de reconnaître les impacts de l'esclavagisme, encore aujourd'hui aux États-Unis.

**1/2

The Birth of a Nation. Drame biographique de Nate Parker. Avec Nate Parker, Armie Hammer, Mark Boone Junior. 2h

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