Two Lovers and a Bear: de glace et de feu ***1/2

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Quand on a su que Kim Nguyen faisait parler un ours dans son nouveau film, on a difficilement pu nier notre scepticisme. La notion de «réalisme magique» peut en effet parfois ressembler à une lame à double tranchant. Qu'on se rassure. Le réalisateur de Rebelle utilise ces quelques éléments avec parcimonie et intelligence. Cette approche fonctionne en effet très bien dans ce cas-ci, d'autant que le décor naturel servant de cadre au récit s'y prête magnifiquement.

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Image fournie par Les Films Séville

Two Lovers and a Bear est une véritable oeuvre cinématographique - à voir sur grand écran - dont la forme emprunte celle d'un drame romantique qui se déploie dans un environnement inédit. Comme un film de glace et de feu dans lequel les destins des protagonistes ressemblent à ceux de personnages tout droit sortis de grandes tragédies.

Tatiana Maslany (Orphan Black) et Dane DeHaan (Life), tous deux excellents, incarnent Lucy et Roman. Ces deux êtres vivent à Apex, petit village dans le Nunavut. Leur amour est très vibrant, mais des drames survenus dans le passé les forcent à traîner avec eux un bagage plutôt lourd, duquel ils ont du mal à se défaire. Leur histoire atteint un point de non-retour quand, peu avant que Lucy ne parte étudier ailleurs, ils s'engagent ensemble dans un étrange périple. De ce point de départ, plutôt classique, le cinéaste parvient quand même à surprendre le spectateur sur le plan narratif en l'entraînant dans des zones plus inattendues.

Un beau métissage

L'une des réussites de Kim Nguyen est sans aucun doute d'avoir su évoquer la réalité, parfois très dure, dans laquelle sont plongées les communautés inuites, sans toutefois l'aborder de façon intrusive. Il traduit ainsi l'empathie d'un homme étranger qui ne peut qu'observer les choses de l'extérieur, n'étant pas lui-même issu de la communauté qu'il filme. À cet égard, on peut parler ici d'un métissage qui correspond tout à fait à la nature du récit. On devine notamment chez Roman, qui est un Blanc, un passé dramatique qui rend inenvisageable à ses yeux un retour dans le «Sud». De façon plus concrète, on peut aussi évoquer un métissage des genres sur le plan cinématographique.

Tout le film baigne dans une atmosphère à la fois hypnotique et un peu étrange, propice à faire tomber tous les repères habituels.

Cette particularité se fait notamment valoir au cours du dernier acte, lequel se déroule dans un décor pour le moins singulier. Il convient d'ailleurs de souligner ici le travail du directeur photo Nicolas Bolduc, qui signe des images remarquables.

Lancé le printemps dernier à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, Two Lovers and a Bear témoigne de la vision d'un cinéaste qui ne craint pas de creuser à sa façon dans les profondeurs de l'âme humaine.

***1/2

Two Lovers and a Bear (V.F.: Un ours et deux amants). Drame de Kim Nguyen. Avec Dane DeHaan, Tatiana Maslany, Gordon Pinsent, John Ralston. 1h36.

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