Deepwater Horizon: brutal, réaliste, oppressant ***1/2

La PresseSonia Sarfati 3/5

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Sonia Sarfati
La Presse

Comme réalisateur, Peter Berg est au sommet de son art dans le drame réaliste (on s'entend donc pour oublier l'affreux Battleship) mettant en scène des personnages peu nombreux, prisonniers d'une situation tragique qui échappe à leur contrôle. L'effet est plus percutant encore quand lesdits personnages sont directement «tirés» de la réalité et que le récit raconte une page de leur vie.

C'était le cas de Lone Survivor, qui suivait la lutte pour leur survie de quatre Navy SEAL après que leur mission dans les collines de l'Afghanistan eut déraillé. Ce le sera probablement aussi dans Patriots Day, prévu pour la fin de l'année et qui suivra le double attentat à la bombe survenu au marathon de Boston en 2013.

Et c'est le cas pour Deepwater Horizon, film brutal et oppressant qui donne au spectateur l'impression non pas d'être témoin de l'accident, mais d'être sur la plateforme pétrolière louée par BP pour forer dans le golfe du Mexique et qui a explosé le 20 avril 2010, ce qui a provoqué le pire désastre écologique de l'histoire des États-Unis. L'équivalent de 5 millions de barils a été déversé dans le golfe et, parmi les 126 travailleurs se trouvant sur place, 11 ont été tués et 17, blessés.

Le long métrage se concentre sur l'accident, pas sur ses conséquences. Ce serait un autre film, qui aurait sa raison d'être même si celui-ci remplit sa mission en matière de prise de conscience. Les images que nous voyons là, choquantes, époustouflantes, crues, sont de celles qui nous marquent.

Deux temps, un drame

Deepwater Horizon se déroule en deux temps.

La première heure se concentre sur ce qui précède l'accident. Les protagonistes et leur boulot sont présentés.

Mark Wahlberg, complice habituel du réalisateur, se glisse avec aisance (et, en temps voulu, avec vulnérabilité) dans la peau de Mike Williams, électricien sur la plateforme dont l'objet est expliqué aux spectateurs par l'intermédiaire d'une présentation du travail scolaire que prépare sa fille (une scène simple, brillante et... prémonitoire).

Deepwater Horizon... (Image fournie par Summit Entertainment) - image 2.0

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Deepwater Horizon

Image fournie par Summit Entertainment

Kurt Russell est formidable en Jimmy Harrell, chef d'équipe et figure paternelle des travailleurs en place. 

Et John Malkovich est imbuvable (c'est voulu) en Donald Vidrine, l'homme de BP sur la plateforme, qui brille d'ignorance arrogante.

Bref, les enjeux sont présentés. Les explications techniques aussi, et elles sont nombreuses, complexes, lourdes - d'où l'impression de longueur qui peut s'installer. Mais la tension grimpe graduellement et quand tout éclate, on était prêt: les 40 minutes suivantes nous entraînent en enfer, au coeur du cauchemar.

C'est à ce point intense que plus que ça aurait été insoutenable.

Un autre réalisateur aurait peut-être sorti les violons, transformé les hommes (et la femme: l'excellente Gina Rodriguez incarne Andrea Fleytas) en héros alors qu'ils sont humains. La peur viscérale est omniprésente et teinte les actes de bravoure.

Les suites du drame sont résumées en guise de finale, par quelques mots et photos à l'écran. C'est court. Mais ça dit beaucoup. Et ça donne froid dans le dos.

* * * 1/2

Deepwater Horizon (V.F.: Crise à Deepwater Horizon). Film catastrophe dPeter Berg. Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich, Gina Rodriguez. 1h46.

> Consultez l'horaire du film

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