The Light Between Oceans: dans les eaux du mélodrame **1/2

La PresseMarc-André Lussier 2/5

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Révélé grâce à Blue Valentine il y a quelques années, Derek Cianfrance propose cette fois un film d'une tonalité complètement différente, voire un peu surprenante. En portant à l'écran le roman à succès de M.L. Stedman, le réalisateur de The Place Beyond the Pines emprunte une approche qu'on dirait tout droit sortie de l'usine à romans que doit probablement diriger Nicholas Sparks dans ses temps libres.

Heureusement, la beauté du cadre dans lequel est campé le récit et la qualité d'interprétation de trois acteurs d'exception font en sorte que le film affiche quand même des qualités sur le plan artistique. Cela dit, l'histoire qu'on y raconte aura sans doute du mal à trouver un écho empathique auprès du spectateur. À cet égard, tous les efforts mis pour susciter l'émotion risquent de se perdre au vent.

Présenté hier à la Mostra de Venise, où il est en lice pour le Lion d'or, The Light Between Oceans relate le parcours de Tom Sherbourne (Michael Fassbender, toujours impeccable). Après avoir combattu au front en Europe lors de la Première Guerre mondiale, l'homme retourne chez lui, en Australie, abîmé psychologiquement après avoir vu l'horreur dans les tranchées. Par culpabilité d'avoir survécu, ou pour se retrouver lui-même, Tom accepte le poste de gardien d'un phare situé dans une île perdue au large de la côte. Où il compte vivre tout fin seul.

Or, Isabel (Alica Vikander), la fille de son patron, ne tardera pas à jeter son dévolu sur cet homme taciturne au gré d'une visite qu'effectue ce dernier sur le continent. Mariage, bonheur tranquille, vie solitaire à deux. Mais la jeune femme, dont le désir de maternité est immense, perd tous ses repères après avoir subi deux fausses couches. Aussi, quand un petit rafiot à la dérive amène sur l'île un homme mort en compagnie d'un bébé âgé de quelques semaines, toujours vivant, le coeur de mère d'Isabel ne fait plus qu'un tour.

... (Image fournie par DreamWorks) - image 2.0

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La forme plutôt que le fond

Le reste du récit s'emploiera à décrire comment se déroule la vie de cette famille reconstituée clandestinement. Surtout, comment Isabel et Tom composent différemment avec le dilemme moral auquel ils ont à faire face. Car, bien entendu, la véritable mère de l'enfant (Rachel Weisz) apprendra la survie de son bébé des années plus tard.

D'un côté, le drame d'une femme qui ne pourrait se résoudre à abandonner une enfant trouvée qu'elle a élevée; de l'autre, le drame d'une mère qui a cru perdre toute sa famille en mer, et qui ne peut désormais plus créer de vrais liens avec sa fille survivante. Entre les deux, un homme croule sous le poids du remords et de la culpabilité.

Il aurait sans doute été intéressant de creuser davantage la psychologie des personnages, mais Cianfrance privilégie la forme au détriment du fond. 

C'est beau, il y a plein de violons, mais le film nous touche-t-il pour autant?

Notez que The Light Between Oceans prend l'affiche en version originale anglaise seulement. Une version sous-titrée en français est toutefois proposée au Cinéma du Parc à Montréal.

* * 1/2

The Light Between Oceans (V.F.: Une vie entre deux océans). Drame romantique de Derek Cianfrance. Avec Michael Fassbender, Alicia Vikander, Rachel Weisz, Jack Thompson. 2h13.

Consultez l'horaire du film

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