Don't Breathe: à couper le souffle ***1/2

La PresseSonia Sarfati 3/5

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Sonia Sarfati
La Presse

Prenez le lieu clos et la tension de l'étonnant Green Room de Jeremy Saulnier, sorti plus tôt cette année et mettant en vedette le regretté Anton Yelchin. Croisez-les avec It Follows de David Robert Mitchell, pour la texture sonore et l'environnement un peu hors du temps et des gens.

Vous obtiendrez ainsi Don't Breathe, un thriller mâtiné de l'horreur la plus efficace (celle qui prend racine dans la réalité) signé Fede Alvarez, jeune réalisateur d'origine uruguayenne qui est un peu le poulain de Sam Raimi - lequel lui a confié, en 2013, le remake d'Evil Dead et qui agit ici à titre de producteur.

La première demi-heure de ce (court) long métrage se déroule sur un air connu. Un trio familier - une fille (Jane Levy), son copain pas mal douchy (Daniel Zovatto) et un bon gars qui en pince pour la copine de l'autre (Dylan Minnette) - pénètre dans la maison (commodément plantée dans un quartier désert) d'un vétéran de l'armée américaine devenu aveugle lors de la guerre du Golfe (Stephen Lang). Ils savent que l'homme conserve chez lui une importante somme d'argent, qu'il a reçue quand sa fille est morte, écrasée par une jeune fille riche.

Détrousser un non-voyant, quoi de plus simple?

Erreur.

Pas ce non-voyant-là. Qui sait se défendre. Attaquer. Tuer s'il le faut. Si nécessaire, son chien peut mettre la main à la pâte. En plus, il a fait de sa demeure un genre de bunker anonyme. Y entrer n'est pas simple. En sortir est plus ardu encore.

L'heure qui suit est formidablement écrite.

Prenez le lieu clos et la tension de... (Image fournie par Sony Pictures) - image 2.0

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Image fournie par Sony Pictures

En termes de dialogues, même s'ils sont rares. En termes de revirements: l'un n'attend pas l'autre et ils sont vraiment, mais vraiment, surprenants, poussant toujours plus loin dans l'angoisse et l'horreur, mais sans donner dans le gore. En termes d'humour, savamment dosé, poussant jusqu'à un soupçon de grotesque présent pour permettre au spectateur de respirer (lui a le droit, mais il pourrait l'oublier).

On ajoute à cela de jeunes acteurs donnant une bonne performance face à Stephen Lang qui campe là un des méchants les plus terrifiants du genre. Une trame sonore de Roque Banos qui glace et prend à la gorge. Un montage efficace, fluide. Une photographie léchée et une variété de plans grâce auxquels les artisans du film jouent - intelligemment - avec les nerfs du public. Lequel «voit» les choses avant les personnages, tentera (en vain, mais instinctivement) de les prévenir. C'est que ce diabolique Don't Breathe parle à nos tripes, desquelles il extirpe les pires cauchemars.

Une fausse note dans ce parcours haletant - et elle est mineure. L'épilogue. Certains, d'accord, apprécieront ce qu'ils percevront comme un ultime revirement. D'autres y verront plutôt une porte entrouverte vers une possibilité de suite. Et ça pourrait ne pas être une bonne idée.

* * * 1/2

Don't Breathe (V.F.: Ne respire pas). Thriller d'horreur de Fede Alvarez. Avec Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette. 1h28.

Consultez l'horaire du film

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