Eye in the Sky: tuer ou ne pas tuer ***1/2

La PresseHugo Meunier 3/5

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Bizarre de critiquer ce film quelques jours après les attaques terroristes qui ont frappé Bruxelles. Ce thriller britannique s'amorce d'ailleurs lui-même par une référence directe à l'actualité.

Des commanditaires de l'attaque terroriste perpétrée au centre commercial Westgate de Nairobi en 2013 sont repérés au Kenya. Les suspects seraient des pontes du groupe islamiste Al-Shabaab, qui a revendiqué les attentats ayant tué et blessé près de 300 personnes.

Les présumés terroristes sont réunis dans une maison de Nairobi, où ils organisent de nouveaux attentats suicides.

S'enclenche alors un angoissant branle-bas de combat de 1 h 45 min visant à les neutraliser. Le film préconise une approche «en temps réel» d'une opération militaire anglo-américaine vue de l'intérieur.

Après avoir remporté l'Oscar du meilleur film étranger en 2005 avec Tsotsi, le réalisateur Gavin Hood propose un suspense haletant, réunissant une distribution de qualité, notamment avec Helen Mirren (oscarisée dans The Queen) et le regretté Alan Rickman (à qui le film est dédié).

Évidemment, l'embauche de bons acteurs n'est pas garante d'un bon film. Gavin Hood le sait. Suffit de penser à son Rendition (Détention secrète), sorti en 2007 avec Meryl Streep, qui abordait la torture et les enlèvements illégaux dans la lutte contre le terrorisme.

Le film avait récolté de mauvaises critiques, qui lui reprochaient notamment son côté moralisateur et démagogique.

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Brouiller les pistes

Le réalisateur semble avoir appris la leçon. Le spectateur plonge directement dans l'action, laissé volontairement dans le brouillard sur plusieurs fronts. On ignore ainsi ce qui a poussé dans le passé la colonelle Katherine Powell (Miren) à vouloir à ce point croquer du terroriste.

D'un bunker militaire britannique, elle dirige avec froideur l'opération, en lien constant avec son supérieur, le général Frank Benson (Rickman), deux pilotes de drones (intense Aaron Paul) basés au Nevada et des politiciens tourmentés à l'idée de donner ou non leur aval à une mission hasardeuse.

Et au milieu de tout ça, il y a Alia, une petite marchande de pain kényane, des terroristes nullement au courant qu'ils sont surveillés de (très) près (de quoi rendre parano, d'ailleurs), mais aussi un agent kényan sur le terrain à la solde des Britanniques - l'excellent Barkhad Abdi, oscarisé en 2014 pour son travail dans Captain Phillips.

Le film tourné en Afrique du Sud ne manque pas de rebondissements. Est-ce qu'Alan Rickman dans son rôle complexe de grand-papa gâteau et de militaire désireux d'éliminer depuis les airs des terroristes, quitte à faire quelques victimes collatérales, recevra une récompense posthume? Très possible.

Le film vaut enfin le détour pour cette chorégraphie macabre qui se déroule dans l'ombre entre plusieurs acteurs d'une chaîne de commandement, lorsqu'une mission dégénère. Bref, une journée de travail «typique» en cette ère où des bombes peuvent sournoisement nous péter au visage à tout moment. Mais surtout, pour cette réflexion sur ce qu'il est moral de faire au nom de la lutte contre le terrorisme, d'un point de vue militaire et politique.

* * * 1/2

Thriller. Eye in the Sky. De Gavin Hood. Avec Helen Mirren, Aaron Paul, Alan Rickman. 1h42.

> Consultez l'horaire du film

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