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The Divergent Series: Allegiant: dérapages en science et en fiction **

La PresseSonia Sarfati 2/5

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Sonia Sarfati
La Presse

Amusons-nous (façon de parler) à juger Allegiant, troisième des quatre volets de The Divergent Series, à partir des qualités associées aux factions imaginées par Veronica Roth dans sa trilogie romanesque (dont le dernier tome fait l'objet de deux films - ce qui, ce ne sera pas une surprise, n'était pas nécessaire).

Les Fraternels relèveront que, dans cette réalisation de Robert Schwentke, la chimie entre Shailene Woodley et Theo James (qui reprennent les rôles de Tris et de Quatre) ne se dément pas; et les Altruistes, que pas mal de moyens ont été mis sur les apparences (comprendre: les effets spéciaux sont plus imposants que jamais et plutôt réussis).

Ce qui n'empêchera pas les Audacieux de noter le manque d'action du long métrage; et les Érudits, l'invraisemblance et la vacuité d'un scénario qui s'étire indûment. Quant aux Sincères, ils n'iront pas par quatre chemins: ce film-là est moins convaincant encore que les précédents.

Divergent et Insurgent réussissaient en effet l'exploit d'être supérieurs aux romans (très moyens) desquels ils étaient tirés. On y faisait une incursion dans une société post-apocalyptique bien peu crédible (mais, une fois ses règles acceptées, cohérente dans... son incohérence) d'où s'élève soudain une voix dénonçant les injustices larvées (on connaît la chanson). Malgré ses faiblesses, l'oeuvre parlait à son public cible (les adolescents) sans toutefois convaincre les adultes (contrairement aux Harry Potter et Hunger Games).

Le problème d'Allegiant, c'est que le matériau d'origine est irrécupérable. La dystopie y fait place à une science-fiction bancale sur le thème de la manipulation génétique.

Une mise en garde naïve, une dénonciation maladroite qui échoue à se trouver une plausibilité. Là-dessus, on sort les gros sabots. Et les «gros mots». Individus génétiquement purs versus individus «défectueux».

Ça ne marchait pas sur papier. Ça ne marche pas plus à l'écran, où l'on fait même fi d'éléments plantés dans les longs métrages précédents.

Amusons-nous (façon de parler) à juger... (PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE) - image 2.0

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Acteurs téléguidés

Par exemple, Insurgent «divergeait» entre autres du roman en se terminant alors que des milliers de personnes marchaient vers la Clôture entourant leur ville, avec l'intention de découvrir le monde qu'on leur avait caché depuis 200 ans. L'image était belle, mais ne collait pas à la suite du récit. Allegiant fait donc un pas en arrière et «oublie» cet exode.

Quant à l'épave aperçue dans Divergent, figée dans une prairie que l'on devine avoir autrefois été le lac Michigan (puisqu'on sait maintenant que nous sommes à Chicago), elle a laissé place à un désert rouge où la pluie ressemble à du sang. Sans explication. Hunger Games rencontre ici The Maze Runner. Ouch.

Mais peu importe (!). Le «Scooby-gang» de la saga Divergent (Tris, Quatre, Caleb, Christina et Peter) parvient à s'échapper de la ville maintenant dirigée par une Evelyn prônant les exécutions sommaires et bien décidée à empêcher quiconque de quitter Chicago. D'où la révolte qui gronde, menée par une Johanna de moins en moins... fraternelle (elle était leader de cette faction-là).

Tris et compagnie arrivent ainsi au Bureau de bien-être génétique (ça ne s'invente pas!) dirigé par un certain David. Jeff Daniels est si subtil dans ce rôle que l'on voit presque le mot «méchant» clignoter au-dessus de sa tête. Et c'est à peine surprenant: la plupart des personnages gravitant ici autour de Tris et Quatre sont campés par des acteurs téléguidés.

Seul Miles Teller en Peter parvient à déjouer les pronostics. Mais difficile de savoir si c'est grâce à son talent ou parce que son personnage change d'allégeance comme d'autres de chemise. Chacune de ses apparitions est quand même rafraîchissante tant il semble s'amuser dans cette panade où d'autres ont l'air de s'ennuyer (Ansel Elgort, Octavia Spencer) ou de ne pas assumer ce qu'ils ont à dire/faire (Naomi Watts, Zoë Kravitz).

Bref, Robert Schwentke, qui avait aussi été à la barre d'Insurgent, a annoncé le mois dernier qu'il ne réaliserait pas Ascendant, car il avait besoin de faire une pause. Lee Toland Krieger prend la relève. On lui doit l'insipide The Age of Adaline. Ça se passe de commentaire.

* *

Science-fiction. The Divergent Series: Allegiant (V.F.: La série divergence: allégeance). De Robert Schwentke. Avec Shailene Woodley, Theo James, Miles Teller et Jeff Daniels. 2h01.

> Consultez l'horaire du film

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