Critique

Hail, Caesar!: Ave Coen! ***1/2

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Hail, Caesar! est sans contredit l'un des films les plus jouissifs du moment. Les fous de cinéma que sont les frères Ethan et Joel Coen ont d'évidence été bien inspirés en élaborant cette franche comédie, campée à l'époque de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Sur un mode «altmanesque», les frangins nous entraînent dans l'envers du décor et proposent une vision souvent hilarante, prétexte à de multiples clins d'oeil.

Ils nous offrent aussi, en prime, quelques numéros de productions qui, franchement, sont impressionnants. Du bonbon.

Le récit, nourri de plusieurs anecdotes véridiques, est construit autour d'un homme embauché par les studios pour régler les problèmes des stars.

Le mandat d'Eddie Mannix (formidable Josh Brolin) est de trouver des solutions, n'importe lesquelles, afin d'étouffer les nombreux scandales dans lesquels plongent tête baissée plusieurs d'entre elles.

La plus grande star masculine du moment a pour nom Baird Whitlock (George Clooney, parfait). En plein tournage d'un péplum à la Ben Hur, l'acteur se fait enlever par une bande de scénaristes, sympathiques au communisme, qui tentent alors de le rallier à leur cause. C'est un peu comme si l'histoire évoquée dans Trumbo était détournée, de façon à prouver par l'absurde à quel point les perceptions paranoïaques d'hier et d'aujourd'hui paraissent ridicules.

Cet épisode ne constitue toutefois que l'une des ramifications d'une histoire pendant laquelle le spectateur se promène d'un plateau à l'autre, au gré des séquences jubilatoires qu'ont orchestrées les cinéastes.

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Des scènes marquantes

Quelques-unes d'entre elles marqueront véritablement les esprits. On pense notamment à cette scène de ballet aquatique au centre de laquelle figure une Scarlett Johansson au sourire éclatant.

La scène musicale inspirée de On the Town, que mène Channing Tatum avec brio, constitue par ailleurs un vrai morceau de bravoure. Même si cette séquence est évidemment à prendre au deuxième degré, elle n'en reste pas moins brillante dans son exécution.

La petite participation de Frances McDormand, qui se glisse dans la peau d'une monteuse, ne passe pas inaperçue non plus. Pas plus que celle de Tilda Swinton, superbe dans les rôles de jumelles «potineuses» rivales, ni celle de Ralph Fiennes dans la peau d'un cinéaste britannique à qui l'on impose un jeune acteur qui ne peut faire autre chose que de jouer du lasso...

Dans le rôle de cette nouvelle «saveur du moment», incapable de livrer une seule réplique digne de ce nom, Alden Ehrenreich (Twixt, Blue Jasmine) est une vraie révélation.

Pris séparément, tous ces éléments constituent des moments forts et assureront au film sa pérennité. Cela dit, on ressort quand même de cette projection avec l'impression que le fil du récit est, finalement, plutôt ténu. Un peu comme si, dans tout ce foisonnement, les Coen n'avaient pas trop su comment boucler leur boucle. Ces réserves mineures mises à part, il n'y a ici que du bonheur.

Prenez note que Hail, Caesar! est à l'affiche au Québec en version originale anglaise seulement, mais certains cinémas (à Montréal, Québec et Sherbrooke notamment) proposent aussi le film en version originale avec des sous-titres français.

* * * 1/2

COMÉDIE. Hail, Caesar! De Joel et Ethan Coen. Avec Josh Brolin, George Clooney, Scarlett Johansson, Channing Tatum. 1h46.

> Consultez l'horaire du film

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