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Camille Claudel 1915

Camille Claudel 1915

Camille Claudel 1915

Résumé

Février 1915. Internée à l'asile psychiatrique de Montdevergues en raison d'un délire de la persécution, la sculpteure Camille Claudel attend avec impatience la visite de son frère cadet Paul, écrivain et chrétien mystique, en qui elle voit sa seule chance d'être libérée. Jadis élève, collaboratrice et maîtresse du célèbre sculpteur Auguste Rodin, Camille est toujours persuadée que ce dernier cherche à s'emparer de ses oeuvres et complote pour l'empoisonner. Pendant les trois jours précédant la visite de Paul, Camille tue le temps en écrivant des lettres où s'exprime son sentiment de profonde solitude et d'aliénation parmi des handicapées mentales lourdes. Des femmes pourtant bienveillantes en majorité, avec lesquelles elle accepte parfois de participer à des randonnées en montagne. Camille assiste également à une répétition de la pièce "Don Juan" de Molière, interprétée par des patients des deux sexes dans une annexe de l'asile.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2013-09-06

Classement : Général

Pays : France

Distributeur : Niagara Films

Date de sortie en DVD : 2013-12-10

Genre : Drame

Durée : 95 min.

Année : 2013

Site officiel: n.d.

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Bruno Dumont

Montage : Bruno Dumont,Basile Belkhiri

Scénario : Bruno Dumont

Photographie : Guillaume Deffontaines

ACTEURS

Juliette BinocheArmelle Leroy-RollandEmmanuel KauffmanJean-Luc VincentMarion KellerRobert Leroy

Critique

Camille Claudel, 1915 : Juliette Binoche, transcendante

Marc 
Marc Cassivi

Juliette Binoche trouve l'un des plus beaux rôles de sa carrière grâce à Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont, film radical et austère qui raconte trois jours de l'internement de la célèbre sculptrice française.

Le film de Dumont (L'humanité, Flandres) reprend où avait laissé Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988, qui relatait la relation orageuse de l'artiste avec Auguste Rodin dont elle fut l'élève, la collaboratrice et la maîtresse, avant ses années d'isolement dans son atelier parisien après leur rupture.

Camille Claudel 1915 s'intéresse à son internement, exigé par sa mère et son frère, l'écrivain Paul Claudel, dans l'asile de Montdevergues, près d'Avignon, où elle fut confinée jusqu'à la fin de ses jours, emmurée dans le silence. Une période sombre dans la vie d'une femme au destin tragique, à la lisière de la folie et du génie, luttant pour récupérer sa liberté.

Juliette Binoche, à nu comme jamais, interprète avec une justesse inouïe cette artiste d'exception, menaçant à tout instant de sombrer dans un délire paranoïaque, habitée par des éclairs de lucidité et un profond sentiment d'injustice. Un personnage historique, rendu célèbre au cinéma grâce à Isabelle Adjani, que Juliette Binoche incarne à son tour en très peu de mots, grâce à un regard intense, évocateur, magnifique de détresse.

Sa performance, très physique, tout en intériorité, dans l'intensité du désespoir, vaut à elle seule le déplacement. Certains acteurs qui l'accompagnent souffrent malheureusement de la comparaison. Dans le rôle de son frère cadet Paul Claudel, Jean-Luc Vincent a un jeu trop statique, au service d'une partition très didactique. Claudel était un poète chrétien, un auteur mystique. Bruno Dumont insiste beaucoup sur ce trait de personnalité, au détriment de la fluidité de son scénario (inspiré par le journal médical et la correspondance de Camille Claudel).

Le reste de la distribution, comme c'est la tradition dans le cinéma de Dumont, est composé d'acteurs non professionnels : infirmières interprétant des infirmières, patientes en psychiatrie dans le rôle de patientes en psychiatrie. Le tableau est atypique, inégal et saisissant, comme le sont souvent les films du cinéaste d'Hadewijch et de La vie de Jésus.

Camille Claudel avait espoir, au début de son internement, que celui-ci serait temporaire. Selon les documents de l'époque, le directeur de l'asile de Montdevergues était d'ailleurs en faveur de «sorties», refusées obstinément par la mère de l'artiste. Le film de Dumont, cérébral et aride, pose un regard subtil sur l'injustice que représente l'internement de l'artiste, sans faire fi des psychoses et des délires de persécution dont elle a été atteinte. Un regard unique de metteur en scène, que transcende la performance de Juliette Binoche.

* * * 1/2

Critique Camille Claudel 1915. Drame de Bruno Dumont. Avec Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Robert Leroy. 1 h 35.

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Commentaire (1)

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  • Du grand très grand Cassivi:
    "Le film de Dumont, cérébral et aride [inégal, est-il écrit juste avant], pose un regard subtil sur l'injustice que représente l'internement de l'artiste, sans faire fi des psychoses et des délires de persécution dont elle a été atteinte [subtile subtilité]. Un regard unique de metteur en scène, que transcende la performance de Juliette Binoche."
    Transcender un regard unique et subtil, qu'est-ce que ça signifie sinon le dénaturer, le rendre commun et médiocre, voire que Juliette Binoche est bien meilleure que ce film mû par un regard à la fois, nous dit-on, unique-subtil-cérébral-aride-inégal? M'est avis que l'auteur a seulement voulu faire comme tous les critiques écrivant à propos de Bruno Dumont et de ses films "mystiques" -- il lui faut bien, par ce passage obligé, montrer qu'il saisit l'astuce -- et placer à tout prix, quelque part, dans son article le concept de transcendance, au risque de l'employer n'importe où et comment et de l'attribuer à la performance de la vedette qui effectivement transcende le jeu des non-professionnels, pour la plupart de véritables internés. Il faut dire qu'on s'attend toujours à de grandes performances dans un film de Bruno Dumont, et c'est pour ça qu'on y va, souhaitant toujours voir l'apothéose du pathos, les acteurs crever l'écran: il ne faut surtout pas penser le cinéma en dehors de la performance d'acteurs, il ne faut surtout pas penser.

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