L'été de... Simon Boudreault

«J'ai envie de redonner du lustre à la... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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«J'ai envie de redonner du lustre à la comédie. Je me considère comme un auteur de comédie. Et j'en suis fier», dit Simon Boudreault.

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Ils jouent la comédie dans la province tout en savourant les plaisirs de l'été. Chaque semaine, La Presse propose un questionnaire avec un acteur de théâtre d'été, photographié à La Ronde. Voici le cinquième article d'une série de neuf.

Avant de présenter cet automne au Théâtre Jean-Duceppe la pièce As is (tel quel), pour laquelle il a été finaliste aux Prix du Gouverneur général et lauréat du prix BMO groupe financier, Simon Boudreault propose pendant la saison estivale une comédie à saveur politique avec En cas de pluie, aucun remboursement au Petit Théâtre du Nord, et nous donne un aperçu de son été.

Vous avez écrit et mis en scène la pièce En cas de pluie, aucun remboursement, une comédie politique qui se déroule dans un parc d'attractions. Parlez-nous un peu de votre pièce.

J'ai eu envie de faire une pièce politique sur le pouvoir, la performance, l'ambition, la hiérarchie. Probablement parce que j'ai trop regardé les nombreuses et interminables enquêtes sur la classe politique, les commissions, les magouilles dévoilées, pas trop assumées, sans compter celles qu'on devine et qu'on accepte parce qu'on ne sait plus comment arrêter la roue qui tourne. Tout ça me hante depuis un «boutte». Inspiré par Game of Thrones, Les rois maudits et surtout Shakeapeare, j'ai voulu placer ces jeux de pouvoir dans un quotidien québécois. Un univers typé, à la Wes Anderson, mais bien ancré dans notre réalité. Une façon de rendre tout ça drôle et absurde.

Et quelle est l'histoire de cette pièce?

La pièce commence la journée de l'ouverture du parc d'attractions Le Royaume du Super Fun. Victime d'un arrêt cardiaque l'été précédent, le King de la place, Louis le Juste, doit penser à sa succession. Ses trois capitaines de section ont les yeux rivés sur le trône: François le Bel, sauveteur et capitaine de la section Aquatique, Charlotte la Hardie, capitaine de la section Manèges et Jeux d'adresse, Lucille la Grasse, capitaine de la section Restauration et Animation. La fille du King fait cependant son apparition au début de l'été: Marie-Jeanne la Bien-Aimée, une high maintenance girl pas très douée pour les responsabilités. Voici qu'arrive un bossu énigmatique, jeune employé ambitieux qui vient mêler les cartes.

Vous estimez qu'on ne respecte pas assez la comédie au théâtre. Pourquoi, à votre avis?

Je trouve qu'il y a un préjugé lié à ce genre. Comme si on l'avait catalogué comme un sous-genre théâtral alors que la comédie est vaste et multiple. On peut faire de la comédie de situation, de la comédie noire, de la comédie de moeurs, de la tragicomédie, etc. Avec l'émergence des humoristes dans les années 80-90, j'ai l'impression que le théâtre a voulu se positionner en accaparant le drame. Pourtant, la comédie et l'humour sont deux choses bien différentes; leur seul point en commun, c'est le rire. Lorsque je propose une pièce à un théâtre, pour une recherche d'écriture ou pour un atelier, je sens que l'aspect «comédie» n'est pas un atout, bien au contraire. Comme si écrire de la comédie, c'était facile et sans profondeur. Bien au contraire. J'aime passer par le rire pour créer des univers, le rire pour amener les spectateurs avec moi, le rire pour se soulager, le rire pour digérer l'inacceptable. J'ai envie de redonner du lustre à la comédie. Je me considère comme un auteur de comédie. Et j'en suis fier.

Dites-nous quelles sont les qualités du Petit Théâtre du Nord, selon votre expérience?

Le Petit Théâtre du Nord est un lieu unique de théâtre de création l'été. On y présente une comédie inédite chaque fois. Ils ont l'audace d'approcher chaque année un auteur et de lui donner la chance d'écrire une comédie pour eux. Ce qui rend l'expérience à la fois originale et vertigineuse. Vu que la pièce est neuve, les spectateurs ont la chance d'être les premiers à assister à une oeuvre. De plus, ce sont des artistes rigoureux, passionnés, ancrés dans leur région. J'ai beaucoup d'admiration pour ce théâtre qui s'investit à fond pour créer des oeuvres de grande qualité.

Quel est votre plus beau souvenir d'été?

Il y en a plein! Voici les deux premiers que mon cerveau a sortis de ses archives: j'avais autour de 10 ans (en fait, je ne m'en souviens plus), dans un camp de vacances. On avait fait un bivouac et on se réveillait à tour de rôle pour garder le feu. Je veillais de 2h à 3h du matin. Seul. Le feu qui me chauffait la face, la nuit qui me gelait le dos. Les ombres bougeaient. Un mélange de peur, de solitude, de courage, de rêve. Un moment magique. Le deuxième, c'est un soir d'août, installé sur une couverture avec ma fille qui avait 6 ans. On regardait les perséides en parlant à mi-voix. Un moment d'éternité.

Quel est votre endroit de prédilection pendant la saison estivale?

Mon hamac. J'aime bien les piscines aussi.

Que lisez-vous en ce moment?

J'aime lire plusieurs livres en même temps. Là, je suis dans L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas, Pastorale américaine de Philip Roth et, comme je suis un passionné de bande dessinée, je relis Le chat du rabbin de Joann Sfar et Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples.

En voyage, vous ne partez jamais sans...

Si je suis poétique: cahier pour écrire mes pensées. Si je suis nostalgique: appareil photo pour me remémorer chaque instant. Mais soyons pragmatiques: bobettes de rechange.

Quelle musique rime avec l'été, pour vous?

J'adore Mika pour le soleil, Norah Jones pour les fins de soirée et Philippe B pour la nuit.

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En cas de pluie, aucun remboursement, les jeudis, vendredis et samedis au Petit Théâtre du Nord jusqu'au 21 août.

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