Contes Arbour: l'esprit de Madeleine Arbour

La comédienne Sylvie Gosselin fusionne théâtre et arts... (Photo: David Boily, La Presse)

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La comédienne Sylvie Gosselin fusionne théâtre et arts visuels dans sa première création solo, Contes Arbour.

Photo: David Boily, La Presse

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Josée Lapointe

La comédienne Sylvie Gosselin réunit ses passions pour le théâtre et les arts visuels dans sa première vraie création solo, Contes Arbour. Une pièce sur la transmission au-dessus de laquelle plane l'ombre de Madeleine Arbour, qui sera présentée à la Maison Théâtre à compter du 16 octobre.

La signataire du manifeste Refus global, considérée comme la «mère» du design intérieur au Québec, tenait une chronique bricolage à l'émission La boîte à surprise de 1959 à 1965. C'est elle qui a donné la piqûre de la création à la petite Sylvie Gosselin, qui la regardait, fascinée. «Elle disait: "Vas-y, t'es capable, t'es un artiste." Et c'est à moi qu'elle parlait! C'est d'ailleurs une citation que j'ai placée dans le spectacle.»

La créatrice s'est rendu compte que cette petite phrase a été déterminante pour elle. «C'est Madeleine Arbour qui m'a donné envie de bricoler.» Et d'une certaine manière, elle répète maintenant aux enfants cette petite phrase que lui chuchotait Madeleine Arbour: une grande partie de ses activités professionnelles se passe ainsi dans les écoles, auprès des enfants, à qui elle veut transmettre le goût de la création.

Contes Arbour est d'ailleurs un spectacle sur les cycles. Ceux de la vie, de la naissance à la mort, mais aussi des «cycles en général», ajoute l'artiste.

«Comme le don, recevoir et donner à son tour. C'est ce que j'explique aux enfants: avant moi, il y avait quelqu'un, et après moi, il y aura vous...».

Sylvie Gosselin évoque aussi, plus largement, le legs de Madeleine Arbour. «Elle a quand même signé Refus global! C'est une période qui me fascine, qui marque vraiment le début de l'art moderne au Québec.»

Au début de la création, Sylvie Gosselin a eu la chance de passer un après-midi avec Madeleine Arbour, qui a maintenant 91 ans. Elles ont parlé de tout et de rien, de leur vie et de leur art. «Elle était touchée par mon rapport avec les enfants. Mais elle ne comprenait pas trop, elle pensait que je faisais un spectacle sur elle. Je lui ai expliqué que non, qu'elle était mon inspiration, mais que même si j'en ai utilisé des bouts, je ne racontais pas sa vie! Son ombre plane sur le spectacle, comme elle plane sur ma démarche.»

Fusion

Diplômée du Conservatoire d'art dramatique en 1977, Sylvie Gosselin a beaucoup travaillé comme comédienne. Elle est connue pour son rôle d'Alexandrine Belleau dans Le temps d'une paix, celui de Tourmaline dans Passe-Partout, et on l'a vue entre autres au théâtre jeunesse dans le classique Le bain de Jasmine Dubé. Mais elle est aussi une artiste visuelle et cherchait depuis longtemps comment fusionner ses deux pratiques.

Contes Arbour est l'aboutissement de cette recherche, puisque toute la pièce tourne autour de ses propres oeuvres. N'écrivant pas elle-même, elle a demandé à cinq auteurs - Martin Bellemare, Jasmine Dubé, Martin Faucher, Hélène Mercier et Claude Poissant - de venir visiter son atelier et de s'inspirer de ce qui se trouvait dans son «capharnaüm» pour écrire sur des moments de la vie. Elle a ensuite uniformisé cette parole pour en créer une seule, la sienne, qu'elle a testée, améliorée et peaufinée lors d'une résidence de deux mois dans une école.

«Le texte est important, c'est certain, mais il n'existe pas sans le visuel. Il est fait pour être raconté, joué sur scène, avec ces installations, ces artéfacts, ces objets. C'est mon univers à moi, qui est particulier parce que je suis artiste visuelle, conteuse et comédienne», explique Sylvie Gosselin.

Tout Contes Arbour se déroule d'ailleurs dans un atelier, un «bric-à-brac organisé avec le gars des vues» rempli d'objets et de petits personnages qui prennent vie.

«C'est un spectacle très, très low fi, dit Sylvie Gosselin en rigolant. Il n'y a pas de projection vidéo là-dedans! L'idée, c'est qu'on peut créer avec trois fois rien, comme disait Madeleine Arbour: une brosse à dents, une boîte à chaussures, un parasol, une lampe de poche pour faire les éclairages. Et raconter avec les éléments qu'on a sous la main une histoire qui se tient et qui a, j'espère, une profondeur.»

Le résultat, estime-t-elle, aborde des questions existentielles - d'où vient-on, où va-t-on après la mort - qui intéressent même les enfants, mais sur un mode ludique. «Ah oui, c'est ludique au boutte, c'est magique, les enfants rient beaucoup! lance la comédienne, qui voit déjà germer une nouvelle idée pour une autre création. Il y a des gens qui savent à 20 ans ce qu'ils veulent faire; moi, j'ai tâtonné longtemps. J'ai fait plein de choses que je ne regrette pas, mais là, j'ai l'impression d'avoir trouvé ma place. Mieux vaut tard que jamais.»

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À la Maison Théâtre du 16 octobre au 2 novembre. Pour les 5 à 9 ans.

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