L'absence de guerre: les coulisses du pouvoir

La metteure en scène Édith Patenaude estime que... (PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION)

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La metteure en scène Édith Patenaude estime que L'absence de guerre du dramaturge anglais David Hare est une tragédie contemporaine.

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Deux semaines à peine après la victoire des libéraux, La Licorne nous replonge dans une campagne électorale. Celle de The Absence of War, un thriller politique imaginé par le dramaturge anglais David Hare. La Presse en parle avec la metteure en scène de Québec Édith Patenaude.

C'est comme si la pièce de David Hare, créée à Québec en 2011 par Les écornifleuses, avait été écrite pour nous. Une pièce ambitieuse avec 13 comédiens sur scène.

Nous sommes en Angleterre, aujourd'hui. Au début d'une campagne électorale qui s'annonce hostile. Les conservateurs sont au pouvoir, mais le parti est miné par les scandales. L'opposition officielle, menée par les travaillistes de George Jones, espère enfin leur ravir le pouvoir.

Pas difficile de faire le parallèle avec le paysage politique québécois, ou n'importe quel paysage politique, pour dire vrai.

C'est en cherchant une pièce à plusieurs personnages pour les élèves du cégep de Limoilou qu'Édith Patenaude est tombée sur ce texte de l'auteur et metteur en scène anglais David Hare, qui a aussi signé les scénarios des films The Hours et The Reader, réalisés par Stephen Daldry.

«J'ai appris que cette pièce était une fiction journalistique, nous explique Édith Patenaude. C'est-à-dire que l'auteur a eu la permission du Parti travailliste, au début des années 90, d'aller les suivre, faire de l'observation et s'insérer à l'intérieur dans la garde rapprochée du leader pour écrire cette pièce.»

Édith Patenaude (iShow, Ines Pérée et Inat Tendu, Tout ce qui tombe, Scalpée, avoue s'intéresser à la politique, malgré le spectacle des acteurs politiques d'une part, et le cynisme des électeurs de l'autre.

«On n'arrête pas de nous dire que la politique n'intéresse personne, mais quand on m'en parle vraiment et qu'on passe outre le filtre de la ligne des partis, des contraintes de l'image, des médias, lorsqu'on a accès au coeur de la chose, on se rend compte que c'est extrêmement vivant et intéressant.»

Perception populaire

Dans L'absence de guerre, le leader du Parti travailliste George Jones (interprété par Normand Bissonnette) est un homme chaleureux, dynamique, passionné et charismatique, mais il se rend compte que la population ne le perçoit pas comme ça.

«À partir du moment où il a été élu, il a commencé à suivre une ligne de parti, son discours a été contrôlé, explique Édith Patenaude. Au fond, on voit de l'intérieur comment un politicien devient ''plate et beige''. Comment il nie ses qualités publiquement pour plaire à tout le monde.»

Au cours de la campagne, Georges Jones accorde une entrevue qui tourne à son désavantage. «Il y a un dérapage et la course commence à leur échapper, raconte la metteure en scène. L'entourage du chef se demande ce qu'il doit faire. S'il doit parler avec coeur à la population...»

Encore une fois, le parallèle avec la chute du Parti québécois aux dernières élections est inévitable. D'autant plus que dans la pièce de David Hare, le no 2 du parti lorgne le poste de son chef...

«La dernière course électorale m'a déprimée, avoue Édith Patenaude. J'ai décidé de ne pas la suivre de trop près, parce que je sentais que ça allait me rendre amère. Ce qui me terrifie, c'est que cette façon-là de nous dégoûter de la politique, c'est la meilleure arme de l'immobilisme et de la déresponsabilisation.»

La metteure en scène estime que L'absence de guerre est une tragédie contemporaine. «Les gens qui se lancent en politique s'investissent vraiment et la politique devient leur vie. À la fin de la course, c'est la consécration ou la mort. Il y a ce côté impitoyable-là de la politique dans la pièce.»

Intéressée à s'engager en politique, Édith Patenaude? «Pas où j'en suis dans ma vie, répond-elle. Je ne suis pas prête à dire que c'est quelque chose qui ne m'intéressera jamais, mais pour l'instant, je trouve que le théâtre est le meilleur moyen de parler aux gens, de leur donner envie d'être curieux et de se poser des questions.»

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À La Licorne du 22 avril au 9 mai.




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