Les 40 ans des Deux Mondes: théâtre sans frontières

Yves Dubé, Normand Canac-Marquis et Daniel Meilleur, de... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Yves Dubé, Normand Canac-Marquis et Daniel Meilleur, de la compagnie de théâtre Les Deux Mondes, dont les 30 créations en 40 ans d'histoire ont été présentées dans 351 villes de 35 pays.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

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Luc Boulanger
La Presse

Pour son 40e anniversaire, la compagnie Les Deux Mondes reprend, dès mardi aux Écuries, Carnets de voyages, avec Normand Canac-Marquis et Véronique Marchand. La pièce fait le bilan des nombreux périples artistiques de la troupe en tournée. Retour sur les faits marquants avec Daniel Meilleur, son codirecteur et cofondateur.

1973: Fondation de la compagnie sous le nom du Théâtre de la Marmaille.

«Monique Rioux enseignait à l'UQAM où j'étudiais, explique Daniel Meilleur. Elle a monté un projet avec le Centre des auteurs dramatiques qui réunissait des acteurs et des enfants. Ces derniers disaient aux comédiens quel personnage ils devaient jouer, ce qu'ils devaient dire ou faire... L'idée, c'était de développer un nouveau répertoire en faisant s'exprimer des enfants provenant de milieux favorisé et défavorisé. Or, on a vite réalisé qu'on était devant deux imaginaires totalement opposés: les jeunes des quartiers aisés parlaient de la lune, de fées, d'une reine patineuse; alors que ceux des milieux pauvres parlaient de choses très concrètes: de la misère, du travail, du manque de nourriture, du sexe, etc. De ces ateliers, Marie-Francine Hébert a écrit une pièce sur l'imaginaire de jeunes du milieu défavorisé: Cé tellement «cute» des enfants. Ç'a été une bombe! L'équivalent des Belles-soeurs pour le théâtre pour enfants!»

1977: La vie à trois étages

Première création pour adultes présentée au Théâtre Denise-Pelletier dans le cadre la première saison de la Nouvelle Compagnie Théâtrale.

1980: Pleurer pour rire

«Cette pièce de Marcel Sabourin va nous ouvrir les portes de l'international, dit Meilleur. On reçoit des invitations de France, d'Allemagne, de Belgique. On va en tournée au Canada. En tout, on fera 580 représentations.»

1984: Maison-Théâtre

Fondation de la Maison-Théâtre avec le Théâtre de l'oeil et le Carrousel. Les Deux Mondes inaugure la salle avec Pleurer pour rire.

1989: Terre promise

Première coproduction des Deux Mondes avec la troupe italienne Teatro dell'Angolo.

1991: L'histoire de l'oie

Création de la pièce de Michel Marc Bouchard traduite en cinq langues. Elle fait partie de la première saison du nouveau Théâtre d'Aujourd'hui et voyage dans 16 pays. «À Caracas, au Venezuela, on a joué à guichets fermés et il y avait foule à l'extérieur, se souvient Daniel Meilleur. Les gens cognaient dans les portes pour entrer! Il y avait tant de bruit que les acteurs ne pouvaient pas commencer le spectacle. Les policiers ont dû intervenir!»

1992: La Marmaille devient Les Deux Mondes

Pourquoi ce nom? «Les deux mondes, c'est le Nord et le Sud, l'Orient et l'Occident, les riches et les pauvres, explique Meilleur. La dualité, les contradictions. Au théâtre, s'il n'y a pas d'opposition, de contradiction, il n'y a pas d'action. On a toujours été intéressés par l'Autre. L'Autre, ça peut être l'enfant, l'autochtone, l'émigrant, l'étranger, le marginal...»

1995: Enfin propriétaire!

Les Deux Mondes devient propriétaire de l'édifice du 7285, rue Chabot, dans le quartier Villeray. Le lieu devient un centre de recherche, création et diffusion pour les arts de la scène.

1996: Leitmotiv

Premier spectacle multimédia qui porte sur la guerre, signé par Normand Canac-Marquis, Daniel Meilleur et Michel Robidoux. Il va inspirer un nouveau langage scénique pour les prochains spectacles des Deux Mondes. Plus de 150 représentations de Leitmotiv ont été présentées dans 20 pays.

2011: Phase 2 des Écuries

Inauguration du projet d'agrandissement des Écuries. Après des travaux de quelque 2 millions de dollars, le lieu est doté d'un studio de création et d'espaces de bureau additionnels. Les Deux Mondes reste propriétaire et loue ses espaces à six compagnies résidentes.

Et l'avenir?

«La direction artistique a toujours été assumée conjointement par deux ou trois personnes, souligne Daniel Meilleur. À l'origine, je partageais la direction avec Monique Rioux et la comédienne France Mercille. Le critique Gilbert David nous a beaucoup aidés. Au milieu des années 80, Michel Robidoux a remplacé France, puis Monique s'est retirée en 2010. En 1991, Pierre MacDuff est arrivé à titre de directeur général. En 1996, le concepteur Yves Dubé est devenu artiste en résidence.

«Les Deux Mondes n'a jamais été la compagnie d'une seule personne. On travaille à créer un climat de créativité. On se donne du temps pour développer des spectacles par étapes, en ateliers, entre nos tournées. Je souhaite que la relève des Deux Mondes assure la continuité de cette éthique de travail», conclut Daniel Meilleur.

Carnets de voyages, du 22 janvier au 9 février; Gold Mountain, en coproduction avec le Unity Theatre (Angleterre) du 16 au 27 avril, Aux Écuries.

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