Tomapure: tout pour la sécurité alimentaire

Tomapure se perçoit comme une sorte de mur... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Tomapure se perçoit comme une sorte de mur de protection entre le champ et l'assiette, dit son président, Daniel Larivée.

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Julie Roy

Collaboration spéciale

La Presse

Qu'elles se trouvent sur une pizza de Pizza Hut, dans un sandwich de Subway ou un hamburger de McDonald's ou Burger King, les tomates qui vous ont été servies ont été sans aucun doute « débactérisées » ou, en d'autres mots, sécurisées par l'entreprise lavalloise Tomapure.

L'aventure de Tomapure débute en 2005. Les frères Michel, Daniel et Guy Larivée, actionnaires d'Hector Larivée, spécialisé dans la distribution de fruits et légumes, sont sondés par la chaîne Subway. Cette dernière souhaite trouver une entreprise dans la province capable de s'assurer de la sécurité alimentaire de ses légumes. « Tout provenait de Toronto et Subway voulait s'approvisionner localement », se souvient Daniel Larivée.

« Même si nous n'avions pas l'emplacement, nous avons saisi l'occasion. Nous avons démarré une nouvelle entreprise à Laval, consacrée au nettoyage des fruits et des légumes. »

Tranquillement, Tomapure acquiert d'autres clients travaillant dans la restauration rapide. Tous ont des exigences élevées, et pour cause. « En 2003 aux États-Unis, il y a eu des cas d'hépatite A en raison d'oignons verts contaminés qui avaient été consommés dans un restaurant de la chaîne Chi-Chi's. Trois personnes sont mortes. Depuis ce temps, les chaînes sont très prudentes. Aucune ne veut faire la une à cause d'une intoxication alimentaire », raconte Daniel Larivée.

Une technologie électrostatique

Pour satisfaire ses clients, Tomapure innove continuellement. Elle est la seule au Québec à nettoyer les légumes en utilisant une technologie électrostatique. « Les tomates sont rincées grâce à huit buses à jet qui vaporisent un mélange contrôlé d'eau et d'assainisseur composé d'acide acétique à large spectre [un dérivé du vinaigre] et d'un produit écologique », explique Amélie Dumas, coordonnatrice HACCP au service de contrôle qualité chez Tomapure.

Ce lavage est suivi d'une phase de désinfection aux rayons UV qui dure au moins six secondes, le temps requis pour détruire les bactéries et les micro-organismes. « Ce système assez unique permet d'éliminer 99 % des pathogènes, comme la salmonelle, l'E. coli et autres », souligne Amélie Dumas. Autre avantage, cette opération permettrait de prolonger la durée de vie des aliments de sept jours.

10 000
Nombre de caisses de tomates (113 398 kg) nettoyées et désinfectées par Tomapures toutes les semaines

Des produits pour le grand public

Lorsqu'ils ont démarré Tomapure, les trois frères souhaitaient que le grand public puisse bénéficier de cette sécurité alimentaire. Ils ont alors créé des produits prêts-à-manger en format collation, comme les tomates, les carottes et les raisins. Le succès n'a pas été au rendez-vous. « Je crois que nous étions trop en avance sur notre temps », confie Daniel Larivée.

Le trio réitérera toutefois son offre en janvier prochain dans les épiceries Metro. « Les gens ne sont pas informés du fait que les légumes qu'ils mangent, comme dans des plats de crudités préparés, n'ont pas été lavés. Tout le monde peut avoir touché à cela. Nous sommes persuadés qu'il y a une place pour des produits plus sécuritaires. On ne lâche pas. »

Le retour de produits oubliés

Autre important projet pour cette entreprise, la mise en marché à l'état frais de la camerise du Lac-Saint-Jean l'été prochain. « Nous allons y mettre beaucoup d'énergie, notamment grâce à une collaboration avec la nutritionniste et auteure Julie Desgrosseillers. »

Ils poursuivront également leur recherche de nouveaux produits par l'entremise de la marque de commerce Les Artisans des saveurs. Cette entité est le fruit d'une rencontre entre les trois actionnaires et Michel Lachaume, « hybrideur » reconnu à l'échelle internationale. « Le but n'est pas de vendre la production, mais bien de la faire découvrir aux restaurateurs du Québec », soutient Daniel Larivée.

« On offre la possibilité aux cuisiniers de posséder leur propre jardin et de faire pousser les légumes de leur choix. Rien d'étonnant à ce qu'on surnomme l'endroit "le jardin des chefs". »

Déjà, dans ce jardin de trois acres situé à Sainte-Madeleine poussent ou plutôt revivent 350 variétés d'herbes, de fruits et de légumes qui n'existaient plus sur les tables québécoises. D'ailleurs, les clients des 45 restaurants La Cage du Québec ne le savent peut-être pas, mais lorsqu'ils mangent leur salade ou leur hamburger, une tomate purement québécoise du nom de « Big Beef » agrémente leur repas.

Profil de l'entreprise

  • Nom : Groupe Tomapure
  • Activités : sécurité alimentaire de fruits et légumes frais, lavés, prêts à manger et à durée de conservation optimale.
  • Actionnaires : les frères Michel, Daniel et Guy Larivée
  • Effectifs : 40 employés
  • Chiffre d'affaires : en augmentation de 5 à 10 % par an
  • Année de fondation : 2005




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