Ingénieurs: du bois aux outils biomédicaux, de nouvelles expertises émergent

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Le Québec a très peu de constructions avec des structures de bois puisque les professionnels n'étaient pas formés pour travailler avec ce matériau. Le Centre communautaire de Betsiamites fait de structures de bois.

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Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

Les universités offrent des programmes dans les grandes branches de génie, mais elles arrivent à se démarquer en développant certaines spécialités. Voici quelques exemples de ce qui retient l'attention en ce moment.

Le Québec a très peu de constructions avec des structures de bois. Il y a quelques années, des gens à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) se sont demandé pourquoi. La réponse était simple: les professionnels n'étaient pas formés pour travailler avec le bois.

«Les baccalauréats en génie civil au Québec n'offraient aucun cours lié à la structure de bois, à part un cours optionnel dans quelques institutions», explique Jean Wauthier, directeur des affaires publiques, UQAC.

L'université a donc décidé d'orienter son baccalauréat en génie civil sur la structure de bois en ajoutant de nouveaux cours et de nouveaux volets à des cours existants.

L'UQAC offre aussi de la formation sur mesure aux professionnels.

Pour effectuer le virage, l'UQAC a sollicité de l'expertise en Europe, dont celle du professeur Sylvain Ménard. Il met maintenant sur pied un projet de recherche sur les structures hybrides et la résistance des matériaux.

L'UQAC développe également un diplôme d'études supérieures spécialisées en construction de bois.

L'Université Laval a aussi un module sur le bois et les matériaux renouvelables dans son programme de formation continue offert aux ingénieurs et architectes au Centre de formation en développement durable créé l'an dernier.

«La formation est très pratique et elle montre à faire de la conception intégrée», indique André Darveau, doyen, Faculté des sciences et de génie, Université Laval.

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Richard Chenier 

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Révolution BIM en construction

Alors que plusieurs grands projets d'infrastructures sont prévus au Québec, l'École de technologie supérieure (ETS) commence à proposer des formations non créditées en building information modeling (BIM).

«Traditionnellement, les architectes, les ingénieurs et les entrepreneurs en construction travaillent en silo, mais avec le BIM, ils travaillent davantage en équipe et partagent l'information grâce à des technologies», affirme Richard Chénier, directeur, service du perfectionnement, ETS.

Ils travaillent aussi avec un logiciel de conception 3D.

Résultat?

«Ils peuvent mieux évaluer le travail, voir s'il y a des conflits entre deux étapes, ou un retard, explique M. Chénier. Les études montrent que la plupart du temps, les chances de mener un projet dans les échéanciers et de réaliser des économies augmentent avec le BIM.»

Par contre, le BIM demande une certaine souplesse dans les façons de faire.

«Le Québec est en retard parce que le milieu de la construction est très balisé, mais tôt ou tard, le marché évoluera et on commencera à exiger le BIM pour de gros projets, affirme M. Chénier. Des entreprises commencent à se doter de spécialistes BIM et on voit des chantiers pilotes.»

Génie biomédical

L'Université McGill est très active en génie biomédical, secteur pour lequel elle recrute dans différentes branches de génie. Le professeur David Juncker par exemple travaille à détecter des protéines en très basse concentration dans le sang pour créer un test de dépistage précoce du cancer du sein.

«Certaines personnes évitent la mammographie et elle fonctionne moins bien avec les femmes qui ont les seins denses, explique-t-il. Notre test éviterait aussi le stress de la biopsie après une mammographie inquiétante.»

L'équipe collecte des échantillons de sang à l'hôpital pour identifier une empreinte moléculaire du cancer du sein. Par la suite, cette empreinte sera validée avec une deuxième série d'échantillons.

Avec du financement, David Juncker pourrait travailler sur le dépistage précoce d'autres maladies et problèmes de santé.

«On a déjà travaillé sur les traumatismes crâniens, d'autres cancers pourraient être détectés, de même que des maladies infectieuses et des maladies neurodégénératives, comme l'alzheimer.»

Le génie biomédical est aussi en effervescence à l'École polytechnique de Montréal où le baccalauréat a été lancé en 2008. Des formations intensives dans le domaine pour les gens en emploi sont maintenant développées au Carrefour perfectionnement.

Entrepreneuriat et gestion

L'Université de Sherbrooke (UdeS) souhaite donner les outils nécessaires aux ingénieurs pour qu'ils puissent devenir entrepreneurs.

«Nous voulons offrir des cours en lancement d'entreprise dans les baccalauréats en génie, du mentorat et du coaching», explique Patrik Doucet, doyen de la faculté de génie, UdeS.

La majorité des étudiants en génie à l'UdeS réalisent un projet technologique de fin d'études. «On y voit un très fort potentiel de développement, particulièrement en génie mécanique, informatique, dans les matériaux, les procédés et le génie électrique», affirme M. Doucet.

Les changements seront apportés prochainement.

Au Réseau des ingénieurs du Québec, très actif en formation continue, les besoins d'offres de perfectionnement en gestion de projet, en gouvernance et en gestion de personnel sont évidents.

«Environ 25% des ingénieurs au Québec prendront leur retraite d'ici 2020; il faut former des jeunes pour les remplacer», affirme Yves Lavoie, président du Réseau.




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