Le nain et le géant : enGene et Johnson & Johnson

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« Nous livrons dans les tissus malades les gènes qui induisent la fabrication de remèdes contre ces maladies », dit Anthony Cheung, président d'enGene.

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Guy Paquin

Collaboration spéciale

La Presse

Dans un an, la biotech montréalaise enGene lancera sa première étude sur l'humain dans le traitement de la colite ulcéreuse, une maladie chronique de l'intestin. L'entreprise prépare déjà cette étude avec son partenaire américain Johnson & Johnson (J & J) qui est impliqué dans enGene via sa filiale Janssen Biotech.

L'arrivée de J & J dans le tableau avant même l'existence de données sur l'humain étonne encore le président de la biotech, Anthony Cheung : « C'est rarissime qu'une grande pharma s'intéresse financièrement à une biotech tant que celle-ci ne peut fournir des données encourageantes sur l'humain. Mais je pense qu'ils ont aimé notre approche originale et nos données sur l'animal. »

L'approche d'enGene est celle-ci : la colite ulcéreuse peut être combattue si on incite les cellules de l'intestin à fabriquer elles-mêmes le remède. L'astuce consiste à livrer dans l'intestin le gène qui déclenche la fabrication du médicament par les cellules intestinales. « Nous avons développé un biopolymère très innovateur qui protège le gène jusqu'à ce qu'il soit absorbé par la muqueuse intestinale, et pas avant. Dans le cas de la colite, il livre le gène d'une protéine de la classe des cytokines, IL-10. C'est elle qui va s'attaquer à la colite ulcéreuse. »

Ce système de livraison de gènes peut aussi induire les mêmes cellules intestinales à fabriquer de l'insuline pour les diabétiques ou toute autre protéine manquante. « Si on démontre l'efficacité de notre approche dans la colite, un nouveau monde thérapeutique s'ouvre à nous, l'accès aux muqueuses de l'intestin, du poumon ou de la vessie. »

PARTENARIAT

J & J a non seulement investi dans les labos d'enGene, elle a acquis une tranche importante de l'actionnariat de la biotech, sans toutefois en avoir le contrôle. Et si la livraison des gènes aux cellules intestinales fonctionne chez l'humain, enGene recevra de son partenaire des paiements sur franchissement d'étapes pouvant totaliser 441 millions de dollars.

Durant la prochaine année, enGene aura accès aux experts de J & J. Et afin d'aborder à l'automne 2016 les premiers essais cliniques chez l'humain, le géant américain fournira aussi ses spécialistes de la conception de tests cliniques.

L'entreprise montréalaise précise que l'entente ne donne à J & J de droits que sur la colite. « Nous gardons l'entière propriété du système de livraison et de toute application future, insiste M. Cheung. »

VÉTÉRANS RECONNUS

Outre M. Cheung, le conseil d'administration d'enGene comprend Richard Glickman qui a fondé Aspreva en 2001. M. Glickman amené l'entreprise en Bourse lors du premier appel à l'épargne le plus lucratif de l'histoire des biotechs canadiennes et l'a vendue pour 915 millions en 2007.

En février de 2015, Harman Dubé se joignait à enGene en tant que vice-présidente, développement de médicaments. Elle avait précédemment fait carrière au sein d'une entreprise américaine d'essais clinique et dirigé le développement de médicaments chez Thrasos Therapeutics, une biotech montréalaise.

La présence de ces vétérans rassure les investisseurs. En août 2013 Lumira et son partenaire Merck plaçaient 13 millions dans la biotech. En janvier 2015, ils récidivaient en compagnie de Forbion, du Fonds FTQ et de Pharmastandard. La somme de cette deuxième ronde fut de 13,5 millions.




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