Formation en aérospatiale: AéroPortail mise sur les médias sociaux

Suzanne Benoit est PDG d'Aéro Montréal... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE- LA PRESSE)

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Suzanne Benoit est PDG d'Aéro Montréal

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Ulysse Bergeron

Collaboration spéciale

Le portail québécois de l'aéronautique, AéroPortail, mise sur les médias sociaux pour éveiller l'intérêt des jeunes pour l'aéronautique. Cette stratégie bon marché permet de les rejoindre, mais surtout de mieux les connaître.

AéroPortail est un portail sur l'internet dont la mission est de rejoindre les jeunes et de leur offrir un éventail de renseignements sur les programmes d'études en aéronautique, les établissements de formation, les perspectives d'emplois et les entreprises du domaine. Son adresse est : www.aeroportail.ca/fr/

«On veut créer un engouement pour l'aérospatial», résume Suzanne Benoît, PDG d'Aéro Montréal, grappe aérospatiale du Québec.

L'industrie, concentrée dans la grande région de Montréal, fera face à une pénurie de main-d'oeuvre au cours des prochaines années. «Il ne faut pas se le cacher. La moyenne d'âge dans notre industrie est de 47 ans», dit-elle.

Rejoindre les jeunes est une tâche ardue. «Le secteur est considéré comme très high-tech et scientifique, ce qui n'est pas faux. Par contre, il y a des possibilités de carrière dans d'autres domaines comme la logistique et l'administration. On veut mobiliser les jeunes dès leur très jeune âge», précise-t-elle.

Lancé en septembre dernier, AéroPortail se veut une des solutions à ce défi. Cédrick Lalaizon, chargé de projet du portail, estime que les bases de l'initiative ont été jetées au cours des derniers mois.

Le développement va bon train. Pour le moment, les initiatives sont principalement orientées vers les médias sociaux. Plus de 90 % des jeunes internautes sont actifs sur les médias sociaux. AéroPortail va où les jeunes sont, indique Cédrick Lalaizon.

Implication de la communauté

Plus de 1100 personnes sont inscrites sur la page Facebook du portail.

«Ce n'est pas les chiffres qui m'intéressent, mais l'implication de notre communauté», dit-il, ajoutant que cette dernière est active.

Le site internet, « coeur de notre système numérique », attire en moyenne 17 000 visiteurs uniques par mois. C'est là qu'est publiée une manne d'informations détaillées liées au secteur.

Miser sur les médias sociaux a ses avantages. La stratégie est non seulement abordable, mais elle permet de connaître les profils des participants et de réajuster le tir en conséquence. «Ça nous permet de segmenter notre communauté» en fonction de critères comme l'âge et le genre, dit Cédrick Lalaizon.

Par exemple, Aéro Portail sait qu'elle rejoint la clientèle ciblée. «Nous savons que 47 % des gens qui font partie de notre communauté ont entre 13 et 25 ans», dit-il.

Des jeunes filles intéressées, mais...

Un enjeu du secteur est d'intéresser les jeunes filles à une industrie clairement masculine. «Mais ce qui m'a marqué dans toutes ces statistiques recueillies, c'est que de nombreuses filles qui ont l'âge d'être au secondaire visitent notre site. Et aller savoir pourquoi, à partir de 18 ans environ, elles s'intéressent moins à notre secteur», indique Suzanne Benoît.

Ces connaissances permettront à AéroPortail de mieux saisir les préoccupations de cette clientèle et, éventuellement, «amener à développer des stratégies plus pointues pour les femmes».

Une solution envisagée serait d'offrir aux filles une exposition à plus de modèles féminins qui se sont taillé une place en aéronautique.

Pour ceux en réorientation

AéroPortail veut élargir sa clientèle. Si la grappe industrielle souhaite faire de l'oeil aux employés qualifié d'autres secteurs en réorientation, elle désire surtout garder ceux touchés par les mises à pied.

Au cours de la dernière année, Bombardier a supprimé quelque 1800 postes et Bell Helicopter, plus de 350 emplois. « Nous ne voulons pas les perdre ; nous voulons les garder dans le secteur aérospatial. Le portail va devenir pour eux l'endroit où ils pourront trouver des opportunités de carrière et d'autres offres d'emplois », dit-elle.

Au cours des prochains mois, AéroPortail souhaite aussi s'adresser aux immigrants. «Nous sommes en demande auprès du Conseil emploi métropole pour pouvoir faire ce travail. On croise les doigts pour que cela fonctionne», indique-t-elle.




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