Employeurs de choix: les Québécois s'investissent beaucoup au travail

Mme Andree Mercier et Mme Francine Tremblay, dAon-Hewitt.... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Mme Andree Mercier et Mme Francine Tremblay, dAon-Hewitt. Elles parlent des resultats dun sondage sur les employeurs de choix au Quebec.

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Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Les travailleurs québécois sont parmi les plus mobilisés au Canada, selon le plus récent sondage annuel du cabinet Aon Hewitt. En fait, cette mobilisation progresse, et la Belle Province se classe maintenant au deuxième rang, derrière l'Île-du-Prince-Édouard.

Fait étonnant : les provinces les plus riches (l'Alberta, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador) sont parmi les moins mobilisées. « On ne sait pas pourquoi il y a une différence entre les provinces riches et moins riches. Ça ne s'explique pas. C'est un constat », dit Francine Tremblay, vice-présidente, pratique, talent et mobilisation, pour l'Est du Canada chez Aon Hewitt.

En chiffres absolus, la proportion d'employés mobilisés est de 71 % à l'Île-du-Prince-Édouard, 69 % au Québec et 68 % au Nouveau-Brunswick. La moyenne canadienne est de 65 %. Par rapport à l'an dernier, le Québec est passé du troisième au deuxième rang. L'Alberta, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador, en queue de peloton, affichent respectivement une proportion d'employés mobilisés de 65 %, 64 % et 61 %, selon la 16e enquête d'Aon Hewitt.

La particularité québécoise

Le cabinet a par ailleurs analysé pour une quatrième année les résultats des entreprises présentes dans la province. Ce palmarès des 25 employeurs de choix au Québec révèle aussi certaines surprises.

« Ce qui est étonnant, explique Andrée Mercier, vice-présidente principale, talent, chez Aon Hewitt, c'est que plusieurs des entreprises dans le classement pour le Québec ont des activités ailleurs au Canada. Les conditions de travail, les salaires, les avantages sont donc les mêmes qu'ici. »

« La tendance se maintient au Québec, et l'écart s'agrandit par rapport à la moyenne canadienne, ajoute Francine Tremblay. Les Québécois sont plus heureux au travail. Et selon des facteurs qui ont beaucoup d'incidence sur la mobilisation, dont la rétention et la productivité. Cela envoie un message aux employeurs. »

Les travailleurs québécois sont en effet plus enclins à demeurer chez leur employeur. Et ils cherchent même à se dépasser. « Un employé non mobilisé perd de une à deux heures de productivité par jour, dit Mme Tremblay. C'est donc payant d'avoir des employés mobilisés. On pourrait être tenté de dire que les Québécois ne quittent pas leur emploi par dépit. Mais quand on voit les chiffres sur la productivité, on se dit «Wow», les Québécois sont bien où ils sont et ils ont envie de se donner. »

La mobilisation se mesure de trois façons : dire, demeurer et se dépasser. Pour le « dire » (les travailleurs parlent de manière positive de leur employeur), les Québécois ont répondu favorablement à 71,0 % contre 69,5 % dans le reste du Canada. Un écart somme toute négligeable, croit Andrée Mercier.

Mais pour ce qui est de « demeurer » (les travailleurs songent rarement à quitter leur travail), les Québécois y adhèrent dans une proportion de 65,5 % contre 60,0 % ailleurs au pays. Quant au « dépasser » (les travailleurs fournissent un effort supplémentaire), la différence est de 3,5 points : 65,5 % au Québec contre 62,0 % ailleurs au pays.

Selon Mme Mercier, le Québec prouve encore une fois qu'il est une société distincte. « Oui, nous sommes différents, dit-elle. Le relationnel prend plus d'importance. Je ne sais pas si c'est historique, mais c'est définitivement culturel. »Dans son sondage, Aon Hewitt utilise 21 leviers afin de mesurer la mobilisation des employés. Plus le pourcentage est élevé pour chacun des leviers, plus les employés sont mobilisés. La reconnaissance (monétaire ou non), l'équilibre vie-travail, les avantages sociaux, de même que la réputation de l'employeur figurent parmi ces 21 leviers.

Par exemple, en termes de rémunération (salaire, avantages et épargne pour la retraite), les Québécois se disent plus satisfaits de leur salaire que leurs pairs canadiens. Idem pour l'équilibre vie-travail, les perspectives de carrière et la gestion du rendement. Seules les pratiques de ressources humaines et l'environnement physique sont à l'avantage du reste du Canada, mais avec 1 ou 2 % de différence.

En 2014, 593 003 employés canadiens ont rempli le sondage sur la mobilisation d'Aon-Hewitt. Du lot, 78 743 répondants travaillent au Québec. Le palmarès des 25 employeurs de choix au Québec compte un mélange de grandes entreprises (au-delà de 400 employés) et de PME (de 50 à 399 employés) oeuvrant dans tous les secteurs (finance, haute technologie, hôtellerie et restauration, manufacturier, etc.).

Pour ceux et celles qui croient que c'est la fonction publique québécoise qui vient embellir le portrait de la Belle Province, détrompez-vous. « Parmi nos répondants, le secteur public représente 15 % dans le reste du Canada, alors qu'il n'est que de 8 % au Québec », fait remarquer Andrée Mercier.




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