À l'heure des négociations internationales

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Les producteurs qui se tournent vers la culture biologique réussissent particulièrement bien, mais la transition du conventionnel au bio reste un défi de taille, explique Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles.

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Josianne Haspeck

Collaboration spéciale

La Presse

Les négociations concernant le commerce international et la libéralisation des marchés constituent un enjeu important pour le secteur agroalimentaire, souligne Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles (UPA).

«Les secteurs de gestion de l'offre sont toujours vulnérables dans ces négociations et 40% de nos recettes agricoles proviennent de producteurs qui opèrent sous ce régime-là», précise-t-il. Il s'agit des producteurs de lait, de volaille et d'oeufs du Québec.

Leur production ajustée selon les besoins des Canadiens est principalement destinée au marché intérieur. De manière globale, «ces secteurs sont avantagés parce qu'ils évoluent dans un contexte de stabilité et de prévisibilité».

«Planifier, investir et préparer la transition pour la relève s'avère plus facile. Comme la population canadienne augmente, tout comme la demande pour ces produits, ces secteurs vont bien», souligne-t-il.

Le développement de produits comme les yogourts et les fromages fins a d'autant plus contribué positivement à ces secteurs.

Le sous-secteur de la viande traîne un peu plus la patte. Entre 30% et 40% des entreprises de production de viande sont disparues entre 2008 et 2012.

Le niveau de production s'est tout de même maintenu dans certaines productions comme le porc, en raison de la concentration des exploitations.

M. Groleau remarque que la demande mondiale pour le soya est très forte. «Les producteurs ont délaissé un peu le maïs pour cette plante, d'autant plus qu'elle demande moins de jours pour atteindre sa maturité. Depuis la crise alimentaire mondiale de 2008-2009, le sous-secteur des céréales a profité de la flambée des prix et a amené les producteurs à augmenter leurs rendements à l'hectare et à diversifier leurs cultures avec l'introduction du blé dans les rotations de sol», souligne-t-il. En 2012, le soya a rapporté près de 460 millions de dollars de recettes agricoles, comparativement à 182 millions en 2007.

L'avenir du bio

Les producteurs qui se tournent vers la culture biologique réussissent particulièrement bien, surtout dans la culture de céréales, puisque leur valeur marchande est attrayante, mais la transition du conventionnel au bio reste un défi de taille, fait savoir M. Groleau. Autrement, la rentabilité des maraîchers est assujettie aux aléas de Dame Nature. Selon le président de l'Union paysanne, Benoît Girouard, la culture de céréales et les productions à valeur ajoutée (agriculture biologique, production pour transformation à la ferme et la vente en circuits courts) ont le vent dans les voiles, ce qu'il attribue aux biocarburants, à l'augmentation de la consommation de viande et à l'alimentation animale.

«L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture nous dit qu'il faudra théoriquement presque doubler notre production animale d'ici 2050 pour tenter de combler les besoins de la Chine et de l'Inde. Cela veut dire probablement doubler la production de céréales aussi», explique Benoît Girouard, président de l'Union paysanne.

Respect de l'environnement

La culture en serre promet, selon M. Girouard, si elle se jumelle à une source de bioénergie, compte tenu des coûts d'énergie nécessaire pour l'éclairage et le chauffage. Le respect de l'environnement est d'ailleurs l'un des enjeux du secteur agroalimentaire. «Pour 80% des pays de la planète, l'agriculture et l'alimentation sont la première source de pollution, révèle M. Girouard. Il faudra continuer d'investir dans le bien-être animal et la protection environnementale tout en demeurant compétitif par rapport aux importations», admet le président de l'UPA.

Le renouvellement de l'entente entre le gouvernement et la Financière agricole du Québec, en 2014-2015, est un autre enjeu. Une nouvelle entente pour les cinq prochaines années permettra d'assurer la stabilité et la prévisibilité que les agriculteurs ont besoin pour investir, se développer et intéresser la relève, souligne-t-il.

LE SECTEUR AGROALIMENTAIRE EN CHIFFRES

29 072

Nombre d'exploitations agricoles au Québec.

2,189 milliards

Les recettes agricoles du Québec rapportées par la vente de produits laitiers en 2012.

2/3

Les deux tiers de la valeur des recettes agricoles issues du marché sont générés par la production animale.

58%

Plus de la moitié des ventes de l'industrie bioalimentaire est réalisée à l'extérieur de la province: 33% dans le reste du Canada et 25% à l'étranger.

23%

Part des produits de viande, abats et préparations de porc exportés à l'étranger par le Québec en 2012. La grande majorité aux États-Unis, ensuite en Russie, au Japon et en Chine.

60 619

Nombre d'emploi dans l'agriculture et les pêches (2012). Le nombre d'emplois en agriculture a connu une baisse de 0,4% en 2012. Les emplois agricoles occupent 12% de la galette illustrant la répartition des emplois dans le secteur bioalimentaire québécois.

59%

Le transfert de ferme familiale demeure le mode d'établissement le plus courant en 2011, dans une proportion identique à celle de 2006, soit 59%.

Source: ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.




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