Aérospatiale: l'avion «écologique» en quatre mots

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«Si nos PME veulent rester dans le peloton de tête, elles doivent investir et prendre des risques financiers», soutient Suzanne M. Benoit, PDG d'Aéro Montréal.

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Didier Bert
La Presse

Le programme mobilisateur d'avions plus écologiques est à un tournant de son parcours. L'industrie espère son renouvellement par le gouvernement du Québec après son échéance, en mars 2015.

PrototypesComme l'Union européenne et les États-Unis, le Québec a son programme d'aide au développement de nouvelles technologies aérospatiales plus respectueuses de l'environnement. Mais, alors que le programme européen fonctionne avec un budget de 6 milliards, le regroupement pour le développement de l'avion plus écologique (SA2GE, pour Systèmes aéronautiques d'avant-garde pour l'environnement) travaille avec 150 millions (70 millions versés par Québec, 80 millions par l'industrie).

Depuis cinq ans, des entreprises aérospatiales basées au Québec travaillent ainsi à l'élaboration de démonstrateurs technologiques, c'est-à-dire des prototypes suffisamment aboutis pour envisager leur mise en production.

Une quarantaine de brevets ont été développés au cours de cette première phase, indique Aéro Montréal, la grappe aérospatiale du Québec.

Fin mars 2015, ce programme arrivera à échéance. Pour l'industrie, une deuxième phase est nécessaire. « Ces projets sont essentiels au développement des entreprises aérospatiales », affirme Suzanne Benoit, la PDG d'Aéro Montréal

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Fassi Kafyeke, président de SA2GE et directeur Conception avancée et technologies stratégiques chez Bombardier Aéronautique.

PHOTO FASSI KAFYEKE

Collaboration

Durant les cinq dernières années, SA2GE a permis à six grandes entreprises de s'allier à 21 petites et moyennes entreprises afin de travailler ensemble sur cinq projets mobilisateurs visant à réduire l'impact des aéronefs sur l'environnement : Bombardier Aéronautique et Bell Helicopter Textron sur de nouvelles structures de fuselage d'aéronefs en matériaux composites ; Thales Canada sur des technologies d'avionique intégrée sur les systèmes critiques ; Pratt & Whitney Canada sur un compresseur de moteurs d'avions moins énergivores ; Héroux-Devtek sur des trains d'atterrissage plus légers et Esterline CMC Électronique sur de l'avionique intégrée pour des applications de poste de pilotage.

« Nous sommes très complémentaires, observe Fassi Kafyeke, le président de SA2GE et directeur Conception avancée et technologies stratégiques chez Bombardier Aéronautique. Cela nous permet d'avancer rapidement malgré des moyens moins importants que l'Europe et les États-Unis. »

Patrick Champagne, vice-président postes de pilotage et intégration... (PHOTO FOURNIE PAR ESTERLINE CMC ÉLECTRONIQUE) - image 3.0

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Patrick Champagne, vice-président postes de pilotage et intégration des systèmes chez Esterline CMC électronique.

PHOTO FOURNIE PAR ESTERLINE CMC ÉLECTRONIQUE

Trajectoire

Le projet mobilisateur d'Esterline CMC Électronique vise à améliorer la trajectoire des avions, en collaboration avec plusieurs PME. Quel rapport avec l'avion plus écologique ?

« Quand on arrive à bien gérer la trajectoire de l'avion, on consomme moins de carburant, explique Patrick Champagne, vice-président Postes de pilotage et intégration des systèmes chez Esterline CMC Électronique. Par exemple, on peut mieux exploiter les vents au-dessus de l'océan Atlantique. »

Et c'est sans compter la tendance des régulateurs de l'aviation internationale à favoriser les avions les plus évolués. « Un avion équipé de bons instruments attend moins pour atterrir à destination, détaille M. Champagne. Puisque son arrivée est annoncée précisément, l'aéroport le fait passer devant la file d'attente. »

Michel Grenier, vice-president et directeur general de la... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 4.0

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Michel Grenier, vice-president et directeur general de la branche aeronautique de Thales Canada

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Développement

Chez Thales Canada, le programme SA2GE contribue directement à développer les prochains produits. « Nous souhaitons implanter de nouveaux calculateurs modulaires chez notre client principal qu'est Bombardier, explique Michel Grenier, le vice-président et directeur général de la branche aéronautique de Thalès Canada. Mais avant, nous devons adapter notre nouvelle technologie aux besoins de Bombardier. »

Ces calculateurs dernier cri regroupent plusieurs fonctions qui étaient auparavant réparties entre plusieurs boîtiers. Le poids des équipements en est réduit, à la fois par la diminution du nombre de boîtiers, et par celle des câbles qui les reliaient.

Thales Canada compte aussi développer un nouveau calculateur pour les applications critiques, comme la gestion de la roue avant des avions. Pour ce projet, la multinationale collabore avec l'Université de Concordia et Air Data, une PME montréalaise spécialisée en avionique.

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PHOTO ADRIAN WYLD, THE CANADIAN PRESS

Gouvernement fédéral

Le gouvernement fédéral a lui aussi lancé son programme de développement de démonstrateurs technologiques dans son budget 2013. Ottawa a ainsi répondu au rapport Emerson publié en 2012 qui portait sur l'industrie aérospatiale canadienne et qui recommandait de soutenir la recherche et le développement du secteur.

Mais contrairement au programme québécois, le programme fédéral n'est pas limité aux projets à caractère écologique. La réduction des coûts de production est un critère important de sélection des projets.

Autre différence : le programme fédéral est récurrent annuellement. Concrètement, chaque année, des entreprises proposent des projets au gouvernement fédéral, qui choisit alors d'en soutenir certains.

Pour 2015, la première année du programme, Bombardier Aéronautique, Pratt & Whitney Canada et Bell Helicopter Textron font partie de la compétition : chacune attend de savoir si son projet de démonstrateur technologique sera retenu. Et de quelle somme elle bénéficiera.




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