Aérospatiale: vers l'usine du futur

«Nos PME doivent adopter les technologies numériques. Sans... (PHOTO HUGO-SéBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

«Nos PME doivent adopter les technologies numériques. Sans robotisation et une production plus efficiente, elles ne pourront pas demeurer compétitives en coûts de production», estime Suzanne Benoît, PDG d'Aéro Montréal.

PHOTO HUGO-SéBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Didier Bert
La Presse

Des lunettes connectées sur une chaîne de production de pièces d'avion?

C'est une des innovations qui pourrait se concrétiser dans les prochaines années avec la signature récente d'une entente entre Aéro Montréal, Aerospace Valley et de la firme CGI.

Les grappes aérospatiales de Montréal et de Toulouse travailleront désormais ensemble pour réfléchir à l'usine du futur, qui construira les aéronefs de façon plus automatisée, en mettant à profit les dernières technologies.

Aéro Montréal et Aerospace Valley, grappe aérospatiale de la région de Toulouse, en France, collaborent déjà depuis 2007. Les deux grappes organisent chaque année, à tour de rôle, un forum sur l'innovation.

CGI, la Toulousaine

Mais les deux organisations veulent désormais profiter du positionnement de la firme CGI pour innover ensemble sur la chaîne de production et en maintenance préventive.

Depuis le rachat de la britannique Logica, la firme de technologies de l'information CGI possède un important réseau d'affaires en Europe, notamment dans la région de Toulouse, où elle emploie 550 personnes.

Dès 2015, les deux grappes attendent de CGI qu'elle organise le partage de connaissances. «Nous voulons identifier les champs de collaboration potentiels, explique Suzanne Benoît, PDG d'Aéro Montréal. CGI sera l'interface entre les deux grappes pour échanger les meilleures pratiques dans les domaines critiques.»

Le 5 décembre, Aéro Montréal et une dizaine d'entreprises québécoises s'envoleront vers le sud-ouest de la France. L'automatisation, la robotisation et la fabrication avancée figureront au programme des discussions.

Et les pourparlers ne se limiteront pas aux grandes entreprises. «Nos PME doivent adopter les technologies numériques, assure Mme Benoît. Sans robotisation et une production plus efficiente, elles ne pourront pas demeurer compétitives en coûts de production.»

Le moment est propice à cette réflexion. «Les grands constructeurs ont achevé leurs programmes de conception d'avions, expose Laurent Gerin, vice-président pour la région sud-ouest de la France chez CGI. On entre dans une phase de production, que ce soit chez Boeing, chez Airbus et chez Bombardier.»

Ces mises en production exerceront une pression importante sur les manufacturiers. «Il faudra produire davantage et plus vite», souligne M. Gerin, qui affirme que ce sont de nouvelles technologies qui permettront aux usines de répondre à la demande.

La compétition par le robot

En matière d'usine du futur, l'usine GE Aviation de Bromont est bien placée. Depuis l'an passé, elle abrite le centre mondial de recherche et développement en robotique pour l'ensemble du groupe multinational. Cette usine, qui fabrique des pièces de compresseurs de moteurs d'avions, est la plus robotisée de GE Aviation.

Sur la chaîne de production, des lasers analysent les pièces et disent aux robots ce qu'ils doivent faire pour obtenir la qualité attendue. «C'est important d'automatiser notre usine, sinon on ne sera plus compétitifs au Québec, par rapport aux coûts de la main-d'oeuvre au Mexique et en Chine, affirme Philippe Simonato, directeur de l'usine GE Aviation de Bromont. Le coût du robot est le même, quel que soit l'endroit!»

Et la robotisation contribue également à la stabilité de la qualité de production. «Quand un robot produit de 3 à 4 millions de pièces chaque année, elles sont toutes pareilles», souligne M. Simonato.

C'est une des innovations qui pourrait se concrétiser dans les prochaines années avec la signature récente d'une entente entre Aéro Montréal, Aerospace Valley et de la firme CGI.

À Bromont, GE Aviation réfléchit déjà aux prochaines applications de l'automatisation, comme un dessin en trois dimensions qui générerait lui-même l'outillage nécessaire pour produire la pièce qui vient d'être dessinée.

Les machines connectées, une réalité

Sur la chaîne de production, on peut aussi imaginer des opérateurs plus productifs grâce aux lunettes connectées, illustre Laurent Gerin. Ce type de lunettes n'existe actuellement que sous forme de prototype. Mais leur arrivée sur la chaîne de production n'est qu'une question de temps, poursuit-il.

L'employé pourra travailler en utilisant ses deux mains: les lunettes lui montreront le plan d'assemblage et lui diront où trouver les pièces nécessaires. Elles pourront aussi numériser les sorties d'inventaire et détecter les pièces non conformes.

En maintenance préventive, les objets connectés sont déjà une réalité. CGI équipe la firme d'ascenseurs ThyssenKrupp en systèmes d'alerte. L'ascenseur envoie lui-même les informations nécessaires à son entretien préventif. Et en cas de problème, l'ascenseur établit les causes probables de la défaillance, qu'il transmet directement à l'équipe de maintenance.




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer