Les PME à l'ombre de la CSeries

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D'abord prévue pour 2013, la première livraison de CS100 de Bombardier devrait finalement se faire dans la deuxième moitié de 2015.

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Ulysse Bergeron

Collaboration spéciale

La Presse

Alors que les appareils de la CSeries redécollent, après avoir été cloués au sol pendant près de quatre mois, et que Bombardier restructure sa division Aéronautique, des spécialistes prévoient que les premières livraisons seront de nouveau repoussées. Quand les turbulences du géant de l'aéronautique s'étendent aux PME du secteur.

Nombre de PME québécoises sont impliquées dans le développement de la CSeries de Bombardier. Si elles refusent de commenter les effets des retards successifs du donneur d'ordres, elles n'en sont pas moins touchées. Tout d'abord prévue pour 2013, la première livraison de CS100 devrait finalement se faire dans la deuxième moitié de 2015 et celle du premier CS300, en 2016.

Mario Longpré est leader national des secteurs de l'aérospatiale et de la défense chez PwC: «Les retards affectent les PME d'une façon ou d'une autre. Leurs budgets et leurs prévisions sont faits en considérant ces grands programmes. L'impact se traduit par des surplus d'inventaires ou par l'embauche d'une main-d'oeuvre qui ne sera pas nécessaire tout de suite.»

Les coûts précis des retards ne peuvent être estimés. Les entreprises qui ont les reins le moins solides et qui dépendent presque exclusivement de la bonne santé des programmes de Bombardier sont les plus fragilisées.

«L'écosystème au Québec est constitué de quelques grands donneurs d'ordres, de peu d'intégrateurs et de nombreux manufacturiers et fabricants dont le chiffre d'affaires est sous la barre des 25 millions», dit-il. Ces derniers sont plus à risque.

«Des entreprises ont dû se serrer la ceinture. D'autres ont dû emprunter. Mais je n'ai pas observé de faillite ou de mises à pied massives», dit-il.

Mario Longpré rappelle toutefois que «les retards ne sont pas anormaux» en aéronautique, car les programmes de développement de nouveaux appareils s'étendent sur de longues périodes.

Il cite l'exemple du Boeing 787 Dreamliner. L'appareil a été lancé en 2011 avec 3 ans de retard sur son calendrier initial. Les dépassements de coûts se chiffreraient en milliards de dollars. Les années noires du géant américain semblent aujourd'hui derrière lui.

«Dans le cas de la CSeries, est-ce que les gens sont inquiets? Je crois qu'ils espèrent tous que les trucs roulent rondement, mais personne n'a pour autant jeté l'éponge», dit-il.

Moins pire qu'il n'y paraît

Suzanne Benoît est PDG d'Aéro Montréal, la grappe industrielle québécoise en aérospatiale. Si elle ne nie pas les répercussions des retards, elle en relativise toutefois la gravité. Les PME d'ici seraient moins tributaires qu'autrefois du géant québécois de l'aéronautique.

«Il y a 10 ans, elles dépendaient presque toutes de Bombardier. Lorsque l'entreprise traversait une période difficile, c'était l'ensemble de la grappe qui écopait», dit-elle.

Selon elle, les turbulences que traversent Bombardier et d'autres acteurs importants - Bell Helicopter a récemment annoncé de nouvelles mises à pied - ne nuisent pas à l'attrait du Québec en matière d'aéronautique.

«Nous sommes une capitale de l'aéronautique. Nous avons les meilleures écoles techniques, des ingénieurs triés sur le volet. Nous sommes dans le top des tops», dit-elle.




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