La route des incubateurs

N'entre pas qui veut !

Vue de l'espace commun de travail de l'incubateur... (PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON NOTMAN)

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Vue de l'espace commun de travail de l'incubateur d'entreprises Maison Notman de Montréal.

PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON NOTMAN

Florence Tison

Collaboration spéciale

La Presse

On dénombre plus d'une vingtaine d'incubateurs d'entreprises au Québec, la plupart publics. Leur objectif est de créer des emplois, d'humaniser un milieu et de revitaliser une région grâce à l'entrepreneuriat.

Qu'ils s'occupent d'un domaine précis, comme le génie, ou de tous types d'entreprises, « 93 % des incubateurs sont à but non lucratif », souligne Jean Bibeau, entrepreneur et étudiant-chercheur au doctorat en administration des affaires à l'Université de Sherbrooke et à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Pour mieux s'y retrouver, voici, en cinq mots, une présentation des incubateurs d'entreprises :

Plan

N'entre pas dans l'incubateur qui veut! Pour que l'incubateur perdure et obtienne des subventions, il faut que les entreprises hébergées réussissent à s'implanter dans le marché.

Certains incubateurs ne prennent qu'une entreprise naissante sur dix : celle qui a le plus grand potentiel de réussite. Les heureux sélectionnés ont déjà un plan d'affaires en béton.

«Les incubateurs acceptent le client seulement s'il a un plan d'affaires bien monté avec des précisions financières, indique Yvon Gasse, titulaire de la Chaire en entrepreneuriat et innovation de l'Université Laval. Idéalement, le client a déjà fait quelques ventes. Le conseil d'administration de l'incubateur veut avoir des gagnants.»

Murs

On dénombre deux types d'incubateurs : avec murs et hors murs. Les plus nombreux, les incubateurs avec murs, offrent des locaux en plus de leurs services. Mais même s'ils n'offrent pas de locaux, les incubateurs hors murs sont d'une grande utilité.

«Les gens pensent que fournir des locaux est suffisant, mais ce n'est pas la partie la plus importante, affirme Yvon Gasse. C'est plutôt le soutien au niveau des affaires. Il faut s'assurer que les gens comprennent bien comment donner un service, chercher des partenaires et chercher des clients, et comment faire de l'argent! Sinon, tu ne restes pas en affaires.»

Les incubateurs liés aux universités peuvent être en partie hors murs dans des domaines précis tels que le génie. Les entrepreneurs utilisent l'équipement de l'université et l'incubateur fournit le mentorat et les services.

Services

L'incubateur facilite l'accès à des services professionnels qui sont normalement trop coûteux. Les jeunes entreprises peuvent bénéficier par exemple d'équipements techniques particuliers « comme des machines électroniques qu'une entreprise ne peut pas se procurer tout de suite parce que ça coûte trop cher », indique Yvon Gasse.

Les services varient selon les incubateurs et les besoins des entreprises, de même que le secteur de travail et la région géographique. C'est pourquoi un modèle d'incubateur peut fonctionner très bien à Montréal, mais moins à Sherbrooke.

Les incubateurs proposent généralement les services d'avocats, d'informaticiens, de designers graphiques, de comptables, et surtout d'entrepreneurs expérimentés qui agissent à titre de mentors. Par contre, c'est le réseautage qui a la cote en ce moment.

Réseau

«À l'origine, l'incubateur était avant tout une aide immobilière, la brique et le mortier, expose Jean Bibeau. Mais aujourd'hui, la première chose qu'on cherche, c'est du réseau.»

L'essentiel pour les entrepreneurs est de disposer d'un réseau fiable de clients, de fournisseurs et de partenaires. Sans aide, ce réseau prendrait des années à se bâtir. Cependant, une PME doit être rentable rapidement.

«C'est souvent le problème des PME : elles n'arrivent pas assez rapidement à faire des ventes, croit Yvon Gasse. Si à la deuxième année il n'y en a pas encore, il y a des problèmes de financement.»

L'incubateur donne accès à un réseau établi dans un milieu, ou permet de s'en créer un rapidement au contact des autres entrepreneurs. Des partenariats se forment au sein même de l'incubateur, où les jeunes entrepreneurs se côtoient quotidiennement. «Souvent, ils se donnent des contrats entre eux,» témoigne Yvon Gasse.

Ailes

Une entreprise ne peut pas rester indéfiniment dans l'incubateur. Il lui faut voler de ses propres ailes... et laisser la place à d'autres. « On la tient au chaud et on l'allaite, avant de les envoyer à la garderie ou dans le parc, » illustre Jean Bibeau.

La plupart du temps, la période d'incubation est de deux ans. Dans certains incubateurs, les subventions gouvernementales et municipales permettent aux entreprises de bénéficier d'une première année sans frais.

«La deuxième année, on paie plus, souligne Yvon Gasse. Si le règlement n'est pas trop sévère, les entreprises restent peut-être pour une troisième année, mais elles paient le plein prix.»




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