Laboratoires et courses de chameaux

Jean Lacoursière est président de l'entreprise Phytronix, fondée... (Photo Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil)

Agrandir

Jean Lacoursière est président de l'entreprise Phytronix, fondée à Québec il y a 15 ans.

Photo Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil

Expert en instrumentation scientifique, Jean Lacoursière n'aurait jamais pensé jouer un jour un rôle dans les courses de chameaux.

La petite entreprise qu'il a fondée à Québec il y a 15 ans, Phytronix, fournit la technologie nécessaire pour tester les chameaux qui participent aux courses organisées aux Émirats arabes unis. Il faut s'assurer que ces milliers de chameaux de course ne soient pas dopés.

« Ces courses sont très importantes là-bas, indique M. Lacoursière. Contrairement à ce qui se passe pour les athlètes, tous les chameaux qui participent doivent être testés. »

C'est donc un processus qui pourrait être long et compliqué.

Ce sont les organisateurs de courses, à la recherche d'une solution rapide, qui ont approché Phytronix au cours d'une conférence scientifique.

« Nous sommes les plus rapides sur la planète en spectrométrie de masse », dit Jean Lacoursière.

La spectrométrie de masse, c'est une technique scientifique pour peser les molécules afin de les identifier et les quantifier.

Phytronix a mis au point une nouvelle source d'ionisation pour accélérer le processus d'analyse, le LDTD (Laser Diode Thermal Desorption).

« Nous pouvons faire en deux à cinq secondes les analyses qui prenaient entre 2 et 10 minutes », soutient M. Lacoursière.

INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

Les courses de chameaux et de chevaux ne représentent qu'un marché de niche pour Phytronix. Le principal marché, c'est l'industrie pharmaceutique, qui représente de 30 à 40 % du chiffre d'affaires de la petite entreprise de Québec. La toxicologie représente une autre tranche de 30 %.

Aux États-Unis notamment, des entreprises peuvent vouloir tester leurs employés (ou leurs futurs employés) pour vérifier s'ils consomment des drogues illicites.

« Si on analyse un cheveu, on va voir si quelqu'un a pris de la cocaïne au cours des six mois précédents », dit Jean Lacoursière.

La rapidité d'analyse représente un avantage important pour les gros laboratoires qui doivent utiliser un grand nombre de spectromètres de masse, un instrument qui peut coûter de 300 000 $ à 1 million.

« Si on permet à un client d'aller plus rapidement, il aura besoin de moins d'appareils, indique M. Lacoursière. C'est plus rentable pour lui. »

Dans le secteur médical, des analyses plus rapides permettent de donner des réponses rapidement aux patients. Dans l'industrie alimentaire, le contrôle de la qualité peut se faire directement sur la chaîne de production.

L'exportation représente une part importante du chiffre d'affaires de Phytronix.

« Chaque semaine, il y a quelqu'un de l'entreprise qui prend l'avion pour aller voir un client, assister à une conférence et installer des instruments », fait savoir le grand patron de Phytronix.

Le LDTD nécessite des plaquettes spéciales pour y placer les échantillons. Il n'est pas possible de les réutiliser. Les clients doivent donc acheter régulièrement de grandes quantités de plaquettes, ce qui constitue une source intéressante de revenus.

« C'est comme le principe de l'imprimante et de la cartouche d'encre », note M. Lacoursière.

La petite entreprise de 25 employés offre également des services d'installation, d'entretien et de réparation de divers instruments de laboratoire, les siens et ceux de grands joueurs internationaux.

PHYTRONIX EN BREF

Qui : Jean Lacoursière a fondé l'entreprise après avoir passé plus de 10 ans au gouvernement du Québec dans le domaine de l'instrumentation scientifique de laboratoire.

L'idée : Une technologie qui permet d'accélérer l'analyse de molécules avec un spectromètre de masse.

L'ambition : Doubler la production de plaquettes au cours des deux prochaines années, mettre en place de gros projets en analyse alimentaire en Europe, en Chine et aux États-Unis.

Ils y ont cru et y ont investi : Jean Lacoursière. La PME n'a pas eu recours à du capital de risque jusqu'ici ; elle a réussi à financer sa recherche et développement avec les revenus provenant de l'offre de services.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer