Des fraises du Québec neuf mois par année

Simon Parent et Joël Lalancette, de la PME... (PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Simon Parent et Joël Lalancette, de la PME La Frissonnante, qui se présente comme la plus grande production de fraises en serre en Amérique du Nord.

PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE

Il n'y a pas si longtemps, la saison des fraises au Québec s'échelonnait sur quelques semaines en juin et juillet. Grâce à de nouvelles variétés de plants et des méthodes de culture plus performantes, les fraises d'ici sont désormais disponibles cinq mois par année. En misant sur la culture en serre, Joël Lalancette et Simon Parent veulent prolonger cette période et offrir le petit fruit charnu aux Québécois neuf mois par année. Ils sont déjà à l'oeuvre à Drummondville dans ce qu'ils considèrent être la plus grande culture de fraises en serre en Amérique du Nord.

«Notre objectif est de faire du gros volume et de rendre cela rentable. On veut rajouter quatre mois à la production annuelle, soit de la fin mars à la fin mai, puis en octobre et novembre. Le reste de l'année, on laisse place aux cultures en champ», explique Joël Lalancette, directeur de production de la PME Serres René Fontaine à Pierreville.

Ce spécialiste en horticulture fait équipe avec Simon Parent, propriétaire de Nova Fruit, une entreprise de Saint-Paul-d'Abbotsford spécialisée dans les plants de fraises. Le tandem est actuellement installé sous le nom «La Frissonnante» dans des serres appartenant à Rose Drummond, en bordure de l'autoroute 20.

Les premières fraises cultivées par la PME de cinq employés ont trouvé preneur ce printemps dans une quarantaine de magasins Metro. Il s'agit d'un produit haut de gamme qui se vend 4,99$ pour un emballage de 541 ml, explique Simon Parent. «Il y en a moins que dans un emballage de fraises de la Californie, de la Floride ou du Mexique, dit-il, mais nos fraises sont cueillies mûres sur le plant et sont livrées en magasin le jour même. De 5 à 10% de la population est prête à payer un peu plus cher pour un produit frais qui se mange tout seul.»

Après une première phase d'exploitation de 35 000 pieds carrés ce printemps, les deux entrepreneurs souhaitent ajouter 70 000 autres pieds carrés de culture d'ici 12 mois, pour un total de 1 hectare. «Avec 1 hectare, notre potentiel est de 80 tonnes de fraises, ce qui ne représente environ que 0,25% des 28 000 tonnes de fraises que le Québec importe annuellement», dit Simon Parent.

À terme, le tandem souhaite faire construire ses propres serres, lesquelles miseraient sur une source énergétique moins coûteuse que le propane ou les huiles usées. Simon Parent cite en exemple la captation de méthane ou l'utilisation de résidus de papetières.

Situées dans des serres que Rose Drummond prévoyait détruire, les installations actuelles de La Frissonnante n'en demeurent pas moins impressionnantes. Le système de production (des plants de fraises suspendus) est entièrement informatisé. Exit l'utilisation de pesticides; la lutte aux insectes et aux maladies se fait de façon biologique. La Frissonnante ne se présente toutefois pas comme un produit bio, prévient Simon Parent.

MM. Lalancette et Parent ne sont pas les premiers à cultiver la fraise en serre. Une dizaine d'entreprises du Québec le font déjà. Mais à plus petite échelle et dans des créneaux bien précis (vente sur place, produits destinés aux grands restaurants, etc.). «Le rendement est le nerf de la guerre, raconte Joël Lalancette. Nous avons un rendement d'environ 4,5 kg au mètre carré, ce qui est excellent. Simon prépare les plans pour qu'ils soient à leur meilleur et moi, je m'occupe de les faire produire.»

Plus populaire que la banane

Trop ambitieux comme projet? Pas du tout, disent les deux entrepreneurs. «Les tomates en serre étaient vues comme un produit de luxe; c'est aujourd'hui la norme, illustre Simon Parent. Ce sera la même chose pour la fraise qui, vous l'aurez remarqué, est plus populaire que la banane dans les supermarchés.»

Cet hiver, Joël Lalancette et Simon Parent ont séjourné en Europe, où la fraise en serre a le vent en poupe. «La fraise hors-sol connaît actuellement un boom en Europe. Ils sont très avancés en France, en Belgique et en Hollande. À notre grande surprise, on est à 95% de leur potentiel de rendement. Dans les Amériques, je crois que nous sommes le projet le plus grand et le plus avancé techniquement», dit Simon Parent.

Activité : production de fraises en serre au printemps et à l'automne

Siège social : Pierreville

Lieu de production : Drummondville

Actionnaire : Mélanie Fontaine (conjointe de Joël Lalancette).

Employés : 5

Chiffre d'affaires : N/D




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