Une nouvelle étude canadienne publiée aujourd'hui montre que l'augmentation de l'activité physique est beaucoup plus efficace pour prévenir l'obésité que la simple adoption d'une saine alimentation.

Ariane Lacoursière LA PRESSE

Selon le rapport intitulé «Obésité au Canada», si les Canadiens adoptaient uniquement une meilleure alimentation, le nombre de cas d'obésité diminuerait de 350 000 cas au pays, soit 97 000 cas chez les femmes et 265 000 cas chez les hommes. La «meilleure alimentation» étant définie par la fréquence de consommation de fruits et de légumes.

Mais l'élimination de la sédentarité chez les adultes canadiens aurait des effets encore plus grands. Augmenter l'activité physique à 15 minutes d'activité à faible impact par jour permettrait de diminuer les cas d'obésité d'un million, soit 646 000 femmes et 405 000 hommes.

«On a été un peu surpris. On pensait que la nutrition aurait un impact plus important que ça. Mais c'est plutôt l'activité physique qui arrive en tête», résume le vice-président recherche et analyse à l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), Jérémy Veillard.

Le porte-parole de l'Association des kinésiologues du Québec, Paul Boisvert, est «agréablement surpris» par les résultats. «Je dis depuis longtemps que pour prévenir la prise de poids, l'activité physique est le facteur le plus important», dit-il.

M. Veillard précise toutefois que la problématique de l'obésité est complexe et que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Il serait donc impossible de régler tous les problèmes d'obésité en augmentant uniquement le nombre d'heures d'activité physique des Canadiens.

La nutritionniste Geneviève Nadeau est du même avis. Selon elle, pour combattre l'obésité il faut une approche multifactorielle. «Parce qu'en plus de la nutrition et de l'activité physique, différents facteurs influencent la prise de poids comme le stress et le manque de sommeil», dit-elle.

M. Boisvert précise que l'étude montre que l'activité physique est plus efficace que la saine alimentation dans la prévention de l'obésité. «Mais pour faciliter la perte de poids, la saine alimentation est plus efficace que l'activité physique selon d'autres recherches», dit-il.

Le Québec fait bonne figure

L'obésité touche un adulte sur quatre au Canada et un enfant sur onze. Chez les enfants de 12 à 17 ans, le taux d'obésité a triplé de 1981 à 2009.

De toutes les provinces canadiennes, c'est en Colombie-Britannique que l'on compte les moins de cas d'obésité. La région de Richmond présente le moins d'obèses au pays (5,3%). Le Québec arrive en deuxième position.

Dans la province, trois régions se démarquent par leur faible taux d'obésité soit l'Estrie (11,6%), Montréal (13,4%) et Laval (13,4%), qui arrivent respectivement en 3e, 9e et 10e position des régions ayant le plus faible taux d'obésité au pays. «Au Québec, une seule région présente un taux d'obésité en haut de la moyenne nationale et c'est le Nord-du-Québec (21,7%)», résume M. Veillard. Les deux régions qui présentent les plus forts taux d'obésité au pays sont Mamawetan en Saskatchewan (35,9%) et Kings County à l'Île-du-Prince-Edouard (32,1%)