Mikaël Kingsbury était en quête d’une cinquième victoire de suite à la dernière Coupe du monde de ski acrobatique avant les Jeux olympiques, vendredi, à Deer Valley. Mais son grand rival japonais, Ikuma Horishima, s’est mis en travers de son chemin.

Mis à jour le 14 janvier
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le « King des bosses » était l’avant-dernier à s’élancer en superfinale, juste avant Horishima. Il a réalisé une descente sans faute, levant les deux bras dans les airs à son arrivée au bas de la piste. Ses 82,83 points lui ont donné la première place temporaire.

Mais le Japonais n’avait pas dit son dernier mot et souhaitait prendre sa revanche après avoir terminé deuxième derrière Kingsbury, jeudi. Sa performance lui a valu 84,04 points et, du même coup, la victoire.

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Ikuma Horishima

Le Québécois a immédiatement félicité son adversaire, avant même que le pointage final ne soit connu.

« Il a mis toute la gomme, a reconnu Kingsbury en conférence de presse, deux heures après la superfinale. Je lui ai parlé après la course et il a tout donné pour aller me chercher. Je savais après la course [qu’il me battait]. Quand j’ai vu son temps, il était plus vite que moi. »

Je savais que j’avais une bonne descente, mais [Horishima] a probablement réalisé la meilleure descente que je l’ai vu faire en compétition. C’était pleinement mérité pour lui.

Mikaël Kingsbury

Le Suédois Walter Wallberg a complété le podium avec 79,62 points.

Prochaine étape : Pékin

C’était la dernière Coupe du monde de ski acrobatique avant les Olympiques, qui s’amorceront le 4 février.

« Quand j’ai croisé la ligne, je savais que la prochaine compétition, c’était les Jeux olympiques, a déclaré Kingsbury. Mon corps va bien, je suis en santé, et pour moi, c’est ça qui compte à ce point-ci. »

L’athlète de 29 ans a d’ailleurs rappelé que la piste de Deer Valley était l’une des plus difficiles au monde. Celle de Pékin devrait être « plus facile que ça », a-t-il soutenu.

En 2018, à Tremblant, le skieur de Deux-Montagnes avait aussi terminé en deuxième place tout juste avant de se rendre aux Jeux de PyeongChang, où il a remporté l’or. Il a lui-même ramené ce souvenir à nos mémoires.

J’avais un sentiment de déjà-vu, a-t-il dit. […] Ça m’enlève de la pression. Tu n’arrives pas aux Jeux nécessairement parfait. Mais j’ai eu un excellent début de saison, un mois de janvier incroyable. Je suis absolument satisfait de ce que j’ai fait.

Mikaël Kingsbury

Quand on lui a demandé ce qui s’en venait pour lui dans les prochaines semaines, Kingsbury n’a pas commencé en parlant de ski.

« Premièrement, c’est de toujours rester négatif [à la COVID-19], a-t-il lancé. De rester [en sécurité], dans ma bulle, de faire attention quand je voyage.

« Après ça, je vais arriver en Colombie-Britannique. Je vais me reposer un petit peu et peaufiner les dernières petites choses que je veux travailler pour être prêt pour les Jeux olympiques. Mais je me sens super bien actuellement dans mon ski. »

L’athlète admet qu’il y a un certain stress, pour ne pas dire un stress certain, en lien avec le virus. Mais il passe le plus clair de son temps seul ou avec son équipe rapprochée, ce qui évite les risques inutiles.

« Je vois mes coéquipiers et mes entraîneurs seulement sur la montagne, a-t-il fait savoir. J’ai loué ma propre voiture, donc mes [déplacements] de la station à ma chambre d’hôtel se font seul. Je fais mes entraînements dans ma chambre. C’est sûr que c’est différent, c’est moins le fun.

« Je fais beaucoup de chambres d’hôtel, je suis un peu tanné. Je pense que ça va me faire du bien d’arriver à Pékin. »

Un billet pour Dumais ?

Le Québécois Laurent Dumais skie de mieux en mieux depuis son retour de blessure. Après avoir réussi une 11place jeudi, il a pris le 8rang (76,60 points) vendredi. L’athlète de 25 ans se remet encore d’une hernie discale qui l’a tenu à l’écart des pistes pour les trois premières étapes de la saison.

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Laurent Dumais

« J’avais mal au dos ce matin, a-t-il raconté à La Presse. Après la finale de jeudi, j’avais quand même mal et j’ai fait tout en mon pouvoir pour récupérer, me masser, me rouler. J’ai eu des traitements en physiothérapie. Je me disais : on va voir comment ça va en me réveillant demain matin. Je me suis réveillé ce matin et je me suis dit : “oh boy”. »

Ses douleurs, qui se manifestent surtout après ses descentes, sont probablement attribuables à la difficulté de la piste de Deer Valley, physiquement très exigeante, a-t-il indiqué.

En finissant devant ses coéquipiers Brenden Kelly (9e) et Gabriel Dufresne (10e), Dumais s’est placé en excellente posture pour obtenir un billet pour Pékin.

Il va peut-être y avoir des calculs par-ci, par-là, mais techniquement je devrais avoir mon ticket pour les Jeux.

Laurent Dumais

« Ce serait un très gros soulagement, après tout ce qui s’est passé avec mon dos durant l’automne et le début de la saison, a ajouté Dumais. À voir ma progression depuis le début de janvier après juste les quatre dernières courses, je suis assez confiant. »

Mikaël Kingsbury a souligné les succès de son coéquipier en conférence de presse.

« Il m’a impressionné, a-t-il dit. Je ne suis pas surpris, mais son ski m’a impressionné, la manière dont il a géré ça. Il avait l’air calme. C’est tout à son avantage et je sais qu’il va être prêt pour Pékin. »

Pas de Canadienne en superfinale

Chez les femmes, aucune Canadienne n’a atteint la superfinale. Chloé Dufour-Lapointe (71,96 points) a réussi le meilleur résultat de l’équipe, une 15place. La cadette, Justine, a pris le 23rang.

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Chloé Dufour-Lapointe a été la meilleure Canadienne, vendredi à Deer Valley, terminant 15e.

Leurs collègues Maïa Schwinghammer, Sofiane Gagnon et Berkley Brown se sont respectivement placées aux 18e, 22e et 25rangs.

La Japonaise Anri Kawamura (1re), l’Australienne Jakara Anthony (2e) et la Française Perrine Lafont (3e) sont encore montées sur le podium.