Le fondeur gatinois Antoine Cyr a commencé la saison en Coupe du monde du bon pied – ou plutôt du bon ski ! En plus d’obtenir le meilleur résultat de sa carrière en s’emparant de la 11place au 15 km classique de Ruka, en Finlande, il s’est pratiquement assuré d’un billet pour les Jeux olympiques de Pékin.

Mis à jour le 27 nov. 2021
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Cyr a parcouru la distance en 34 min 0,9 s, samedi matin. Un résultat au-delà de ses espérances.

« Finir 11e sur ce parcours-ci, c’était incroyable… C’était malade », a-t-il lancé en entrevue téléphonique avec La Presse quelques heures après sa course.

« Il y a comme une espèce de légende autour de la première fin de semaine de Coupe du monde, comme quoi c’est toujours une des fins de semaine les plus dures de l’année parce que les Norvégiens arrivent en pleine force, ils se sont entraînés toute l’année. Les Russes et les Suédois, même chose. Les Finlandais ont plus de départs parce que c’est en Finlande. »

PHOTO LEHTIKUVA VIA REUTERS

Iivo Niskanen

C’est en effet un Finlandais, Iivo Niskanen, qui a remporté l’épreuve avec un temps de 33 min 8,06 s. Les Russes Alexey Chervotkin (33 min 16,09 s) et Alexander Bolshunov (33 min 22,07 s) ont complété le podium.

Je regarde ça à la télé avec mon père depuis que je suis tout jeune. Je me souviens d’avoir regardé Alex [Harvey] faire de bons résultats ici. Pour moi, ça voulait dire beaucoup. J’étais vraiment content avec le résultat et tout le travail de l’équipe.

Antoine Cyr

Harvey, qui fait figure à la fois d’idole, de mentor et d’ami pour Cyr, est justement l’un des rares Canadiens à avoir réussi des résultats semblables à la première Coupe du monde de la saison au cours des années passées.

« Alex, c’est tellement un skieur incroyable, a soutenu le Gatinois. Dans mes rêves les plus fous, je ne suis même pas près d’être aussi bon que lui. Mais c’est sûr que c’est flatteur d’être comparé à un gars qui a tellement été un grand modèle pour moi et qui l’est encore [aujourd’hui]. »

Dans une entrevue avec La Presse, en novembre, Harvey avait dit qu’il regardait encore les épreuves pratiquement tous les matins avec sa conjointe. Force est d’admettre qu’il ne mentait pas, puisqu’il s’est assuré d’envoyer un petit texto à Cyr au terme de sa course.

« Lui-même sait combien la première Coupe du monde de l’année est difficile. Il m’a écrit pour me féliciter. Ça veut dire beaucoup pour moi. »

Qualification olympique

Pour le 15 km classique, le départ se faisait de façon individuelle. Cyr était le cinquième à partir. Il a été seul pratiquement tout au long de la course.

« En partant cinquième, tu n’as pas beaucoup d’informations durant la course, donc tu ne sais pas si ça va bien ou mal, a-t-il expliqué. J’avais une bonne idée que ça allait très bien aujourd’hui. Quand je suis arrivé à la ligne d’arrivée et que j’ai vu le temps et le résultat, j’étais super content. Après, il fallait que ça tienne. »

C’était une bonne journée, avec des conditions favorables. C’est un parcours que j’aime bien.

Antoine Cyr

Avant la compétition, le fondeur savait que le top 30 était atteignable. Il espérait un top 20, qui lui permettrait pratiquement de s’assurer d’une qualification olympique. Finalement, il s’est presque faufilé dans le top 10. Il sera donc vraisemblablement de l’équipe canadienne pour les Jeux de Pékin, en février.

« Les chances sont que je vais y aller et faire partie de l’équipe, a-t-il dit. Après ça, il faut quand même que ce soit officialisé par l’équipe nationale et ça, ce sera fait au cours des deux prochains mois. On a aussi des sélections olympiques à Canmore, où il va falloir que j’aille skier. »

C’est un gros poids de moins sur les épaules du Gatinois, qui a toujours rêvé de participer à la compétition olympique.

Pour n’importe quel athlète, aller aux Olympiques, c’est comme le summum du sport. Je ne veux pas y aller pour participer. Je veux y aller pour faire un aussi bon résultat que celui que j’ai fait en fin de semaine.

Antoine Cyr

Il devra d’ailleurs commencer à penser à sa préparation plus tôt que tard, même s’il doit encore prendre part à trois épreuves de la Coupe du monde au cours des prochaines semaines.

« C’est sûr que si on veut aller aux Jeux pas seulement pour participer, mais pour bien faire, il faut déjà penser à la préparation. Nous, c’est en altitude que ça se passe, à 1800 m. Ça veut dire que ça va sûrement inclure de l’entraînement en altitude, ce qui est toujours assez complexe et difficile.

« Je pense que je fais quelque chose de bon en ce moment, alors je vais continuer le bon travail et essayer de me concentrer sur la qualité. Je devrais être là en bonne forme. »

Premiers points pour Olivier Léveillé

C’était une première épreuve en Coupe du monde pour le Sherbrookois de 20 ans Olivier Léveillé. Il a très bien fait en se plaçant au 30rang du 15 km classique, récoltant ses premiers points sur le circuit. La veille, il s’était classé au 58rang du sprint classique.

« On était super fiers de lui et je pense qu’il était bien content lui aussi, a affirmé Antoine Cyr. […] C’est vraiment prometteur pour la suite. Ça va juste aller de mieux en mieux pour lui. C’est difficile, la Coupe du monde, pour les Nord-Américains. Ce ne sont pas des courses qu’on a l’habitude de faire, c’est loin de chez nous. »

Le Canadien Russell Kennedy a aussi terminé dans le top 30, en 27e place.

Chez les femmes, au 10 km classique, c’est Katherine Stewart-Jones qui a obtenu le meilleur résultat en finissant au 35rang avec un temps de 26 min 23,04 s. Cendrine Browne a quant à elle terminé au 49rang avec un temps de 27 min 10 s.