Les poings serrés, Kim Boutin a poussé un cri de victoire à vous faire dresser les poils sur les bras quand elle a franchi la ligne d’arrivée en première place au 500 m de la Coupe du monde de Dordrecht, aux Pays-Bas, samedi matin.

Mis à jour le 27 nov. 2021
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Après être passée par la Chine, le Japon et la Hongrie au cours des dernières semaines, l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste se trouve actuellement aux Pays-Bas pour sa dernière épreuve en Coupe du monde avant son retour au pays.

Boutin, qui n’avait jusqu’ici remporté qu’une médaille individuelle – le bronze au 500 m à Debrecen, en Hongrie –, s’est assurée d’avoir au moins une médaille d’or au cou à son retour dans le froid québécois.

En conférence de presse quelques heures après sa victoire, l’athlète de 26 ans souriait encore à pleines dents.

« J’ai vraiment tripé sur ma course, a-t-elle lancé d’entrée de jeu. Je me sentais super bien. »

Dès le départ, la Sherbrookoise a devancé l’une de ses plus grandes rivales, l’Italienne Arianna Fontana, qui occupe le premier rang du classement général mondial au 500 m. Celle-ci l’a dépassée par l’intérieur au deuxième tour, mais Boutin a immédiatement récupéré sa place. Une manœuvre rapide, mais tout en finesse.

Le fait que c’était très instinctif comme réaction, ça veut dire que j’ai appris dans des situations qu’on met à exécution à l’entraînement. Voir que c’était acquis pour moi, ç’a fait : “Yes ! On n’a plus besoin d’y penser, c’est là.”

Kim Boutin

La Québécoise (42,464 s) a finalement terminé devant Fontana (42,756 s) et la Russe Elena Seregina (42, 792 s).

Boutin avait une autre raison de se réjouir : en quarts de finale, elle a réussi un temps de 41,939 s. C’est trois millièmes de seconde de plus que son record du monde établi en 2019 à Salt Lake City.

Comme on le disait plus haut, ce n’est que la deuxième médaille individuelle de Boutin depuis le début de la Coupe du monde, mais la jeune femme ne s’en fait pas. Son objectif, après sa longue pause de l’année dernière, était de retrouver un sentiment de bien-être sur la patinoire. Et c’est réussi.

« C’est un petit soulagement [d’avoir remporté cette médaille], mais en même temps, je suis vraiment contente de la façon dont j’ai pris part à ces Coupes du monde là : en ayant en tête que j’ai fait des choix qui auraient pu mettre en péril ce qui allait se passer cette année en me retirant l’année passée. Pour moi, c’était un flip the coin. J’ai vraiment choisi ma santé mentale à ce moment-là en me disant : “On verra ce qui arrive après.” Là, je reviens en forme. »

Deux autres médailles

Chez les hommes, Steven Dubois a terminé en deuxième place au 500 m avec un temps de 40,023 s. C’est le Chinois Wu Dajing (39,878 s) qui s’est emparé de l’or, tandis que le Russe Konstantin Ivliev (41,728 s) a obtenu le bronze.

PHOTO VINCENT JANNINK, AGENCE FRANCE-PRESSE

Wu Dajing devant le Québécois Steven Dubois

En fin de course, Dubois aurait pu tenter de dépasser Wu, mais il a préféré ne pas prendre le risque d’être pénalisé. « Je ne me sentais pas assez bien pour essayer quelque chose. Finalement, j’ai décidé de juste rester en deuxième position. »

L’athlète de 24 ans a admis s’être mis beaucoup de pression aux premières épreuves de la Coupe du monde, notamment parce qu’il s’agit d’une année olympique.

Je voulais bien faire. C’était beaucoup de pression et j’ai réussi à me calmer un peu dans les dernières semaines. J’ai vu une énorme différence en fin de semaine : j’étais plus confiant, j’avais plus de jambes, je coursais comme je voulais sans avoir de doute.

Steven Dubois

C’est la première fois cette saison qu’il met la main sur une médaille sur une distance individuelle.

« J’ai versé une larme ou deux, a-t-il reconnu. C’était satisfaisant. »

Pourtant, en franchissant la ligne d’arrivée, le natif de Lachenaie avait l’air déçu plus qu’heureux…

« Ça peut être vu positivement ou négativement, mais on dirait que j’ai de la misère à me satisfaire de la deuxième ou de la troisième position, a-t-il expliqué. Après, c’est venu et j’étais vraiment content. On dirait que j’ai abordé tous mes 500 m dans l’intention de gagner la médaille d’or. On dirait que j’ai été un peu déçu à la fin, mais finalement j’ai gagné l’argent et je suis vraiment content. »

Plus tôt dans la journée, la Néo-Brunswickoise de 21 ans Courtney Sarault a aussi fait bonne figure en décrochant l’argent au 1500 m. Il s’agit de sa troisième médaille sur cette distance cette saison, après celle d’argent à Pékin en octobre et celle de bronze à Debrecen la semaine dernière.

PHOTO VINCENT JANNINK, AGENCE FRANCE-PRESSE

La Néo-Brunswickoise Courtney Sarault (à gauche) a décroché l’argent au 1500 m, la Sud-Coréenne Lee Yu-bin (au centre) ayant raflé l’or.

La Sud-Coréenne Lee Yu-bin (2 min 21,931 s) et la Néerlandaise Suzanne Schulting (2 min 22,107 s) ont respectivement terminé en première et en troisième place.

« Je suis arrivée dans cette course et je regardais toutes les filles avec qui je compétitionnais et je me disais : ces filles sont vraiment fortes, a relaté Sarault. Je devais vraiment élever ma course d’un cran et ne pas penser au fait que c’était de gros noms, juste faire ce que j’avais à faire. »

« Ç’a bien fonctionné pour moi, a-t-elle ajouté. Ça fonctionne toujours bien quand je fais ça. »

L’équipe canadienne prendra part à ses dernières courses ce dimanche, avant de rentrer au pays. Les finales du 1000 m ainsi que celles des trois relais (hommes, femmes et mixte) sont au programme.