(Lausanne) L’Américaine Mikaela Shiffrin, focalisée la saison dernière sur le slalom et le géant après une année 2020 cauchemardesque, veut de nouveau cumuler les épreuves techniques et de vitesse, y compris aux JO de Pékin, a-t-elle expliqué vendredi.

Agence France-Presse

« Dans l’idéal, je suivrai le même programme que lors des années qui ont précédé la saison dernière », a confié à la presse la triple vainqueure du gros globe, 26 ans, qui excelle en technique, mais a aussi remporté deux de ses 69 succès en Coupe du monde en descente et quatre en Super G.

Après une année 2020 sans victoire – une disette inédite depuis 2011 –, marquée par le décès brutal de son père en février, puis par la pandémie et une blessure au dos, la skieuse du Colorado a décroché trois succès début 2021 (un en géant et deux en slalom) et a dans le viseur le record de 86 victoires établi par le Suédois Ingemar Stenmark.

Ses Mondiaux réussis en février dernier à Cortina d’Ampezzo (Italie), avec quatre podiums en quatre courses dont un titre en combiné, dessinent aussi son ambition pour les Jeux olympiques (4-20 février 2022), où elle pourrait s’adjuger une troisième médaille d’or consécutive en slalom.

« Je veux disputer chaque course, si je me qualifie », a annoncé la championne, précisant néanmoins qu’il faudrait « réévaluer » son état physique comme mental en cours de saison, tant les Jeux sont à la fois épuisants et aléatoires.

« Dès que l’on atterrit, il y a le décalage horaire. Et ensuite il faut courir un jour, s’entraîner le suivant, courir de nouveau, s’entraîner, recourir », etc., « le tout pendant deux ou trois semaines si l’on arrive plus tôt », sans pouvoir « planifier beaucoup de récupération ».

Par ailleurs, notamment sur ces pentes chinoises que découvriront les concurrents, « la météo peut tout changer » et les possibilités de reprogrammation sont limitées. « Donc vous pouvez tout faire bien, être reposée, prête à y aller fort, et échouer totalement pour des raisons qui échappent à votre contrôle », a-t-elle expliqué.

D’où la « pression » particulière de l’évènement, a-t-elle poursuivi, évoquant l’intense stress confessé par son compatriote, le nageur Caeleb Dressel, après avoir décroché cet été à Tokyo sa cinquième médaille d’or.

« Vous espérez aller aux Jeux », « l’apogée » d’une carrière sportive, « et pourtant c’est très inconfortable, tout le long », et « c’est une sorte de métaphore pour toute ma carrière », a raconté celle qui lutte pour rester « au sommet » de son sport.