Fidèle à ses habitudes, Laurent Dubreuil avait placé la barre haut en visant un passage sous les 34 secondes pour sa première compétition de la saison.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Non, le champion mondial du 500 mètres n’est pas parvenu à devenir le cinquième patineur de l’histoire à réaliser l’exploit. Mais ça ne semble qu’une question de… temps.

Dubreuil a décroché un autre titre national grâce à un temps canon de 34,12 s, mercredi midi, dans le cadre de la première épreuve masculine des Championnats canadiens de patinage de vitesse longue piste.

« Je pense que j’avais les jambes pour le faire, mais je n’ai pas eu la meilleure course, a-t-il confié après l’épreuve. J’ai eu un bon départ, mais j’ai été un peu crispé quand j’ai viré. Je n’ai pas bien patiné mon tour. Mais c’est pour ça que je suis venu ici : sortir cette première course. L’adrénaline, c’est dur à gérer la première fois. »

Ce chrono le situe à un centième de son sommet personnel de 34,11 s, réalisé sur la même glace de l’Ovale olympique de Calgary, le 4 janvier 2019. La marque nationale – et ancien record mondial – appartient toujours à Jeremy Wotherspoon en 34 sec 03, un temps réussi à Salt Lake City en 2007.

« Je voulais trop, une erreur classique de sprinteur. Mais ce sont de petits détails. Ce n’est pas une mauvaise course. Je suis passé proche, mais j’aurais pu faire plus vite. »

Dubreuil part donc en force sa saison olympique. L’athlète de 29 ans était préqualifié pour les Coupes du monde qui auront lieu plus tard cet automne en Pologne, en Norvège, à Salt Lake City et à Calgary.

« C’est vraiment le fun : je fais un temps de classe mondiale en sentant que j’ai encore de la marge. »

Si le tenant de la couronne mondiale a été à la hauteur de son statut, la surprise est venue du jeune Cédrick Brunet, troisième avec un record personnel de 34,97 s, soit près d’une seconde de mieux que son record personnel établi au début du mois à Calgary. Le patineur de 20 ans avait terminé 16e de la même épreuve aux Championnats du monde juniors de 2020.

« Sa course était exceptionnelle, personne ne s’attendait à ça », a dit Dubreuil, saluant la résilience du jeune homme qui a raté une année à cause de la pandémie en pleine phase de développement. « De revenir de ça pour faire un top-3 aux championnats canadiens, c’est tout à son honneur. »

Le vétéran Gilmore Junio, de Calgary, s’est glissé entre les deux Québécois en 34, 59 s. Le Montréalais Christopher Fiola (35,00) s’est classé quatrième, ce qui devrait lui permettre de participer aux quatre Coupes du monde, comme Brunet.

Alex Boisvert-Lacroix a pris le cinquième rang, finissant à un centième de Fiola. Le vétéran des Jeux de PyeongChang devra donc se reprendre à l’occasion des courses éliminatoires olympiques du 27 au 31 décembre, à Québec, pour espérer se sélectionner pour les JO de Pékin.

Chez les femmes, Valérie Maltais s’est qualifiée pour les Coupes du monde en prenant le troisième rang au 3000 m. Son temps de 4 min 1,24 s la situe à un dixième de sa marque personnelle réalisée à Calgary en 2019.

Isabelle Weidemann a devancé Ivanie Blondin par plus de trois secondes pour s’imposer. Maltais, Weidemann et Blondin ont remporté la médaille d’argent à la poursuite par équipes aux derniers Championnats du monde d’Heerenveen.