Après avoir passé l’été à s’entraîner au Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH) en compagnie des meilleurs fondeurs québécois, Jules Burnotte a récemment pris la direction de Canmore, en Alberta, où il s’apprête à prendre part aux sélections nationales de biathlon. Un évènement normalement « banal » qui revêt cette année une importance capitale.

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Fidèle à ses habitudes, Biathlon Canada a réuni ses membres en sol albertain pour choisir les participants aux compétitions internationales de la saison 2020-2021. Mais avec l’annulation de plusieurs manches de la Coupe IBU, un circuit de développement habituellement réservé à la relève canadienne, la lutte s’annonce des plus féroces pour mériter de concourir avec les meilleurs au monde.

Pour des raisons monétaires et autres, il n’y aura pas de circuit de développement jusqu’en janvier, alors il n’y aura qu’une seule équipe canadienne. Ce sera tout ou rien. Si on ne la fait pas, on n’aura pas de deuxième chance.

Le biathlonien Jules Burnotte

Le Sherbrookois devra donc terminer dans le top-5 masculin pour conserver sa place avec la formation de Coupe du monde. Un critère qui amène son lot de stress et qui fait contraste complet avec ce qu’il a vécu au cours des dernières années.

« D’habitude, j’approchais les sélections nationales comme une formalité et je savais à quoi m’en tenir. Je ne suis pas inquiet, mais cette année, c’est différent », a confié Burnotte, qui a disputé sa première saison complète en Coupe du monde en 2019-2020.

Le sort des meilleurs biathloniens de la nation se jouera lors d’une course individuelle et d’un sprint, deux épreuves qui se dérouleront respectivement mardi et jeudi prochains.

Récolter le fruit de ses efforts

Qu’à cela ne tienne, Jules Burnotte n’a pas de plan B et reste concentré sur la tâche à accomplir. Depuis déjà deux semaines, il a renoué avec la neige et participe à deux entraînements quotidiens, entrecoupés de séances d’étude.

Il peut ainsi mettre à profit les améliorations acquises lors de son passage au CNEPH, où il a notamment pris part au circuit régional organisé par Louis Bouchard. Et malgré une amère 13e place au classement général des différentes épreuves, l’athlète de 23 ans se dit satisfait du travail accompli au cours des derniers mois.

« Je n’ai pas réussi à performer comme je le voulais, mais mon entraînement a été à la hauteur de ce que je souhaitais. Ç’a été vraiment super le fun de côtoyer les autres athlètes et de nous pousser. Ça m’a permis de mieux constater les progrès. Techniquement, j’ai bien évolué et mon entraînement a été le plus constant que je n’ai jamais eu. Ç’a été vraiment bénéfique. »

Burnotte constate également une progression au niveau du tir, un aspect qu’il a pu pratiquer sur la base militaire de Valcartier, de même qu’à Canmore, à l’occasion d’un court séjour d’entraînement. Sans oublier les nombreuses séances de tir à sec (visualisation) dans le sous-sol de sa demeure.

« C’était un défi de pouvoir tirer plus souvent cet été et ç’a été super important d’aller à Canmore pour travailler les mouvements et mon positionnement. J’ai pu valider des trucs pour repartir avec des devoirs », a précisé celui qui a été suivi de près par son entraîneur Pavel Lantsov.

« On a fait un bon travail à distance, ce qui m’a permis de garder une bonne qualité de tir et même de l’augmenter un peu. »

Fort de ces améliorations, Jules Burnotte est déterminé à étirer son séjour loin du Québec jusqu’au 21 mars prochain, date qui coïncide avec la fin du calendrier des Coupes du monde. Si tout se passe tel qu’anticipé, il sera des deux premières compétitions de la saison prévues à Kontiolahti, en Finlande, dès le 28 novembre.