(Genève) La double championne olympique de biathlon Olga Zaïtseva a perdu son appel jeudi, elle qui contestait sa disqualification des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, pour sa participation au programme de dopage sanctionné par l’état russe.

Graham Dunbar
Associated Press

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a maintenu la décision prise en 2017 par le panel disciplinaire du Comité international olympique (CIO), qui s’est servi de preuves fournies contre Zaïtseva par le lanceur d’alerte Grigory Rodchenkov.

La disqualification de Zaïtseva de toutes ses compétitions a privé la Russie de la médaille d’argent remportée au relais 4X6 km à Sotchi. Elle a gagné — et conservera — ses médailles d’or dans la même discipline, aux Jeux d’hiver de Turin (2006) et Vancouver (2010).

Son avocat en Suisse, Yvan Henzer, portera la décision du TAS en appel devant la Cour suprême de Suisse.

Deux Russes ont gagné leur appel

Deux des coéquipières de Zaïtseva au relais de Sotchi, Olga Vilukhina et Yana Romanova, ont gagné leur appel jeudi, voyant ainsi leur disqualification des épreuves individuelles aux JO 2014 renversée.

Vilukhina retrouvera ainsi sa médaille d’argent au sprint 7,5 km. Le meilleur résultat de Romanova a été une 19e place.

Les juges du TAS ont indiqué « qu’aucun des actes allégués à ces deux athlètes n’ont pu être clairement établis » et qu’ainsi, ils ne peuvent avoir plus que des soupçons de dopage.

Les verdicts rendus jeudi sont les derniers dans des causes impliquant des médailles contestées des Jeux de Sotchi découlant du système étatique de dopage mis à jour par les révélations de Rodchenkov.

L’appel des trois athlètes a finalement été entendu sur deux jours à Lausanne, en mars, plus de deux ans après que les cas de dopage des Jeux de Sotchi eurent été entendus de façon urgente avant les Jeux de Pyeongchang, en 2018. À l’époque, 28 des 39 athlètes russes ont vu la décision renversée en leur faveur.

Après s’être enfui vers les États-Unis en 2016, Rodchenkov a expliqué en détail comment des agents de l’État ont aidé à échanger des échantillons propres d’urine pour ceux contaminés aux stéroïdes au laboratoire officiel des JO 2014.

Le panel disciplinaire du CIO — composé de trois membres de l’organisme — a enquêté sur le dossier Zaïtseva en 2017. Il a rendu publique une version manuscrite de son verdict des preuves et des raisons menant à sa décision.

Ce verdict souligne que le nom de Zaïtseva faisait partie de la liste des « Duchesses » devant recevoir un cocktail de stéroïdes créé par Rodchenkov alors qu’il était le directeur du laboratoire de Moscou, accrédité par l’Agence mondiale antidopage. On y lit également qu’à l’automne 2013, Rodchenkov a eu une discussion avec Zaïtseva au ministère des Sports, à Moscou.

À Sotchi, des bouteilles contenant l’urine de Zaïtseva contenaient des niveaux excessifs de sel. Rodchenkov a admis que c’était pour masquer l’échange d’échantillons. Des marques sur le verre des bouteilles ont été admises comme preuves que les couvercles ont été forcés afin d’effectuer les échanges, ce qu’alléguait Rodchenkov.