Après les patins, les bottes de ski. L’ancienne joueuse de hockey canadienne Thérèse Brisson a été nommée à la tête de Canada Alpin, mercredi.

Jean-François Téotonio Jean-François Téotonio
La Presse

Elle remplace donc le président et directeur général par intérim Mark Wiseman.

« Je suis très honorée de diriger Canada Alpin, s’est réjouie la double médaillée d’or olympique et femme d’affaires. J’ai hâte de commencer ! »

Cette annonce a fait un autre heureux : Erik Guay, skieur alpin canadien le plus décoré et membre du C.A. de Canada Alpin depuis novembre 2019. « On est très excités. Ça fait un moment qu’on veut faire un changement chez Canada Alpin, au niveau de la direction de l’équipe. […] Avec Thérèse, on est entre bonnes mains. »

Objectif : podium olympique

Cette nomination vient avec un mandat de taille pour celle qui siégeait déjà au conseil d’administration d’À nous le podium depuis 2009 : rehisser les athlètes canadiens en ski alpin sur le podium aux Jeux olympiques. Et même si les Jeux de Pékin de 2022 approchent très rapidement, Mme Brisson y croit.

« On a de très forts athlètes, qui sont dans le top 10, qui sont capables d’avoir de bons Jeux, assure-t-elle. Nos équipes de para-alpin et de ski cross sont très fortes présentement. On a de belles chances d’être numéro un. »

Pour Erik Guay, les médailles dans moins de deux ans, « ça va être une grosse demande ».

« On a eu de la difficulté dernièrement du côté alpin, admet-il. Mais on a de très bons skieurs. […] Avec Laurence St-Germain et Valérie Grenier surtout, je pense que c’est faisable.

« Pour les jeunes skieurs qui commencent, 2022 va être un peu tôt. Mais en 2026, ça va être fort possible. Ça nous donne un peu plus de temps pour vraiment nous développer et nous faire une marque. »

PHOTO FRANK GUNN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Erik Guay

La seule médaille canadienne acquise en Coupe du monde depuis celle d’Erik Guay en 2017 à Kvitfjell, c’est l’argent de Roni Remme à Crans-Montana, en 2019. Quel genre d’impact la retraite du Québécois, en 2018, a-t-elle eu pour Canada Alpin ?

« On a eu de bons résultats quand même, mais ce qui manque, c’est un peu de constance, explique-t-il. C’est vraiment ça qu’on veut aller chercher dans les prochaines années : beaucoup plus de constance, beaucoup plus de résultats parmi les meilleurs. »

Le défi de développer les athlètes fait partie des raisons qui ont motivé la décision de Thérèse Brisson de se joindre à Canada Alpin.

« J’ai hâte d’aider les athlètes à atteindre le podium, fait-elle valoir. On a un groupe d’athlètes à Équipe Canada et dans notre groupe Next Gen qui sont très talentueux. »

Le modèle québécois

Le Québec, avec son riche bassin de skieurs, a un modèle intéressant sur lequel bâtir le ski alpin au pays, selon Thérèse Brisson.

On a un programme très fort, on peut exporter ailleurs ce qu’on fait au Québec. D’après moi, le Québec pourrait jouer un rôle de leader au Canada.

Thérèse Brisson

Erik Guay renchérit. « Je suis entièrement d’accord. Le Québec, on est quand même en avance comparativement aux autres provinces. C’est le cas depuis longtemps. On produit plus d’athlètes. »

Si les activités de Canada Alpin sont pour l’instant centralisées à Calgary, Thérèse Brisson souhaiterait offrir une expérience plus organique, plus locale pour le développement des athlètes partout au Canada.

« Ce qu’il faut faire, et pas juste en ski alpin, mais dans plusieurs de nos sports, c’est de travailler beaucoup plus comme une Équipe Canada. Pour un athlète qui commence sur le tard, chez lui, dans sa communauté, il faut fournir une expérience harmonieuse, du club jusqu’à l’équipe nationale. »

Il faut utiliser « les points forts » des provinces et les partager, ajoute-t-elle.

C’est aussi le point de mire d’Erik Guay, qui voudrait de meilleures structures régionales à travers le pays.

« Ce que je n’aime pas voir, c’est que tous nos athlètes se regroupent tout le temps à Calgary. On n’a pas nos athlètes locaux, qui peuvent encourager les jeunes dans les clubs et les provinces.

« J’aime mieux voir nos athlètes retourner chez eux une fois de temps en temps pour s’entraîner […] et motiver nos jeunes et futurs champions et championnes. »

Thérèse Brisson en bref

• Deux médailles d’or olympiques avec l’équipe nationale de hockey féminin, à Salt Lake City en 2002 et à Nagano en 1998, en plus de six Championnats du monde entre 1993 et 2005

• Membre du conseil d’administration d’À nous le podium depuis 2009, en plus d’en être trésorière et secrétaire depuis 2012

• Membre du C.A. du Comité olympique canadien

• Directrice de la stratégie marketing et des ventes pour Kimberly-Clark depuis 2014

• Divers rôles de leadership chez Procter & Gamble depuis sa retraite du hockey, en 2005