Mikaela Shiffrin a pris le remonte-pente en direction du sommet de Copper Mountain à l’occasion d’une journée ensoleillée du mois de juin et a profité d’un panorama qui lui manquait : un parcours de ski, tout juste refait, qui n’attendait qu’à être sillonné par les skieurs.

Pat Graham
Associated Press

Le paradis.

Un peu tropical, cependant, en raison de la température chaude qui a dégradé la qualité de la neige à partir du milieu de la matinée.

Ça n’avait aucune importance. L’essentiel, c’était d’être de retour en skis.

La double championne olympique et le reste de l’équipe féminine américaine, de même que l’équipe masculine qui évolue sur le circuit Europa, ont récemment effectué leur retour en piste pour un camp d’entraînement de deux jours qui devait respecter les directives sanitaires les plus strictes à Copper Mountain, au Colorado. C’était l’occasion de dévaler de nouveau les pentes, après une saison qui a été interrompue soudainement à la fin du mois de mars en raison de la pandémie de coronavirus.

« Être de retour en skis, sur la neige, c’est comme être à la maison, a déclaré Bella Wright, une recrue sur le circuit de la Coupe du monde l’an dernier. J’avais l’impression que nous étions de retour, que nous pouvions recommencer à faire ce qu’on aime. »

L’objectif principal du camp qui s’est terminé le week-end dernier consistait à retrouver la technique. Pendant environ trois heures chaque jour — à compter du lever du soleil —, l’équipe effectuait une série de sorties sur le parcours de slalom géant. Shiffrin et les autres spécialistes des épreuves techniques ont aussi pu attaquer quelques portes en slalom.

« Nous avions besoin de nous entraîner en juin, parce que nous n’avons pu le faire ce printemps, a évoqué l’entraîneur de l’équipe féminine, Paul Kristofic. C’est bien de pouvoir faire du millage. »

C’était la première fois que l’équipe américaine se réunissait depuis l’interruption de la saison 2019-20, alors que les femmes se préparaient à participer à la Coupe du monde d’Are, en Suède. Shiffrin devait effectuer son retour en piste après une pause de six semaines attribuable à la mort soudaire de son père. L’Italienne Federica Brignone a décroché le gros globe de cristal, mettant du même coup un terme au règne de trois ans de Shiffrin.

L’équipe a respecté des directives sanitaires très strictes ; pas plus de deux skieuses en même temps sur une chaise du remonte-pente, et le port du masque obligatoire en tout temps (sauf en piste). Les femmes ont aussi pu compter sur un employé qui faisait les courses pour elles, et les contacts avec l’extérieur ont été limités au minimum — l’équipe de vitesse demeure avec l’équipe de vitesse, et celle technique demeure avec celle technique.

Et la température de tout le monde était prise deux fois par jour.

Aucun diagnostic positif n’a été rapporté.

« C’est une véritable victoire pour notre équipe, car nous voulions nous entraîner à Copper au printemps, mais nous y sommes finalement parvenus malgré une situation très complexe avec la COVID-19 », a déclaré Kristofic.

L’équipe américaine de ski alpin compte prendre part à un autre camp en juillet, probablement au mont Hood, en Oregon.

Et pour la saison prochaine de la Coupe du monde, Wright demeure optimiste.

« J’essaie de garder espoir et je me dis que d’une façon ou d’une autre, nous allons pouvoir recommencer à faire ce que nous aimons plus tard cette année, a-t-elle confié. Ce sera peut-être un peu différent. Mais si nous sommes en skis, alors ce sera une victoire. »