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Ça roule pour Alex Harvey

Sophie Allard
La Presse

Au bout du fil, la voix est posée, détendue. Joint chez lui, le fondeur Alex Harvey, 29 ans, revient tout juste d'un camp d'entraînement d'un mois à Trondheim, en Norvège. La forme est là, au bon niveau, a-t-il pu confirmer.

Pour clore de belle façon son séjour scandinave, le Québécois a décroché jeudi la médaille d'argent de la compétition internationale Toppidrettsveka... de ski à roulettes. C'était une première présence pour lui.

Sous la pluie et devant des milliers de spectateurs, Harvey s'est présenté au départ du skiathlon avec un léger stress. Oui, il s'entraîne sur des skis à roulettes depuis toujours, mais là, c'était différent.

«On était plus de 100 athlètes sur la ligne de départ, ça fait de gros groupes. Je n'avais jamais vécu ça. Au début, je skiais un peu tendu parce que j'avais peur des chutes. Quand tu tombes l'hiver, ce n'est pas si pire sur la neige. Mais sur l'asphalte, c'est plus dangereux. Comme c'était mouillé, ça ajoutait au danger.»

Un podium bienvenu

Harvey s'est néanmoins rapidement adapté. Sur un parcours détrempé, glissant, il fallait rester aux aguets, stratégique. Plusieurs compétiteurs ont brisé des bâtons. Harvey avait comme objectif de demeurer en tête afin de diminuer les risques. Il a donc roulé parmi les premiers jusqu'à l'arrivée, et a devancé le Norvégien Simen Hegstad Krueger à quelques mètres à peine de l'arrivée, s'emparant ainsi de la deuxième place. Le Suisse Roman Furger a fini en tête. 

«C'était agréable, le niveau de compétition était relevé. Il y avait des Norvégiens, des Finlandais, Suisses, Français, Italiens, les compétiteurs que je retrouve l'hiver sur le circuit de la Coupe du monde.»

Le Québécois, qui célébrera son 30e anniversaire dans deux semaines, a participé à quatre épreuves sur trois jours. Ses performances et celles de ses rivaux ont été suivies par plus de 1 million de téléspectateurs. «C'est une grosse compétition là-bas, ça attire 50% de l'auditoire télé. Certains athlètes, qu'on ne voit pas en Coupe du monde, y performent bien, s'entraînent spécifiquement pour ça.» Pas Harvey.

«Je suis content de mes résultats, mais on utilisait cet événement comme un bloc d'intensité, dit-il. Participer à quatre courses en si peu de temps, ça fait monter la forme physique d'un cran. Je sens que ça a été vraiment bénéfique pour l'entraînement. C'est aussi une belle façon de vérifier où je me trouve parmi mes rivaux habituels.

«Le ski à roulettes est différent du ski de fond, c'est beaucoup moins technique. Il faut plus de finesse sur la neige. Mais en gros, les muscles travaillent de la même façon et ça permet de garder la forme.»

Vendredi, Alex Harvey a terminé 5e sur 24 km - le Norvégien Simen Hegstad Krueger a remporté l'épreuve. Plus tard dans la journée, le Québécois a été incapable de franchir l'étape des qualifications (37e) au sprint 1,5 km, mais s'est repris samedi, lors la poursuite. Il a été le 10e à franchir la ligne d'arrivée. Le Norvégien Magnus Stensas a gagné.

«Je ne visais pas de victoire. Je ne veux pas être trop en forme trop tôt. La saison commence à la fin de novembre, il reste beaucoup à faire. On vise un pic de performances en février pour les Championnats du monde de Seefeld, en Autriche.» Il voudra assurément y défendre son titre mondial sur 50 km obtenu en 2017.

Alex Harvey (2) a décroché jeudi la médaille... (Photo tirée du compte Instagram @toenseth) - image 2.0

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Alex Harvey (2) a décroché jeudi la médaille d'argent de la compétition internationale Toppidrettsveka de ski à roulettes, en Norvège.

Photo tirée du compte Instagram @toenseth

S'entraîner avec les meilleurs

Harvey a passé près d'un mois en Norvège. «L'objectif était de me faire challenger à chaque entraînement, de sortir de ma zone de confort. Je me suis entraîné avec des compétiteurs qui sont aussi mes amis, beaucoup avec les Français et les Norvégiens, dit-il. Plusieurs de mes coéquipiers ont pris leur retraite. Ceux qui avaient de l'expérience et qui étaient davantage en mesure de me pousser dans mes entraînements difficiles ne sont plus là. L'équipe canadienne est composée d'une nouvelle vague de jeunes en développement. Je devais aller chercher ailleurs un niveau plus élevé.»

Le Québécois en a aussi profité pour aller chercher une expertise technique à l'Institut du sport de l'Université d'Oslo. «On veut essayer de trouver des idées différentes dans nos façons de travailler. J'avais un entraîneur là-bas, on a pris des notes, on a fait beaucoup de vidéos, on a identifié des petits points techniques sur lesquels je vais pouvoir travailler jusqu'à la fin de la période d'entraînement.»

Un exemple? Il va tenter d'améliorer sa double poussée en style classique. «Je dois raccourcir la poussée et augmenter la fréquence, utiliser encore plus la gravité à mon avantage, monter haut et contracter rapidement. Je vais aussi essayer d'impliquer les jambes, même si la double poussée, c'est une technique où on n'utilise que les bras, où les jambes ne bougent pas. C'est contre-intuitif, mais je vais essayer d'aller chercher une certaine flexion au niveau des chevilles et des genoux. Ce sont des détails, mais c'est ce qui permet de continuellement progresser.»

Dans les prochaines semaines, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges s'entraînera à la maison, tout en poursuivant ses études universitaires. «La session commence bientôt. J'ai seulement un cours, mais ça demande du temps quand même.» Des coéquipiers viendront s'entraîner avec lui. «J'ai maintenant un rôle de mentor auprès d'eux.» En octobre, toute l'équipe ira s'entraîner en altitude à Mammoth Lakes, en Californie, tout en mettant la touche finale à la préparation estivale.

«L'an dernier, j'ai connu ma meilleure saison à vie, j'ai eu le plus de points au classement de la Coupe du monde», dit Harvey, qui a aussi terminé 4e du 50 km des Jeux olympiques de PyeongChang. «Le but est de continuer dans cette voie. C'est certain que le gros objectif, c'est le Championnat du monde. J'y ai eu de bons points de repère l'an dernier, j'avais terminé deuxième sur le 15 km. C'est un endroit que j'apprécie.»

Ce qu'il apprécie encore plus, c'est d'être chez lui, à la maison. S'il ne ferme pas la porte à la poursuite de sa carrière sportive, il prévoit néanmoins se retirer à la fin de la prochaine saison. Ça se fera à Québec, devant les siens. «Les finales de la Coupe du monde seront présentées chez moi, fin mars, c'est une belle opportunité de bien terminer la saison.» Et assurément pour les fans d'ici de saluer son exceptionnelle carrière.




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