Un épais brouillard a forcé l'annulation des dernières descentes masculine et féminine, mercredi dans le cadre des finales de la Coupe du monde de Lenzerheide.

Simon Drouin LA PRESSE

Erik Guay finit un peu lui aussi dans le brouillard. Toujours incommodé par une blessure à une jambe, il a choisi de ne pas prendre le départ du super-G, programmé jeudi, et de mettre un terme à sa saison prématurément.

Guay doit rentrer à Calgary jeudi pour ensuite se soumettre à une batterie de tests, dont une imagerie par résonance magnétique. Il est déjà acquis qu'il ne participera pas aux Championnats canadiens de Whistler, du 21 au 27 mars.

Le skieur de Mont-Tremblant a chuté lors d'un entraînement en prévision de la Coupe du monde de Kvitfjell, il y a une dizaine de jours, se blessant à la tête du péroné. Après avoir reçu une injection pour réduire la douleur, il a disputé deux courses en Norvège - 26e de la descente, sortie de piste en super-G - avant d'être contraint au rôle de spectateur lors de la semaine d'entraînement qui a suivi.

Guay devra donc attendre une autre saison avant de pouvoir rejoindre son compatriote Steve Podborski, auteur d'un record de 20 podiums en Coupe du monde. Il semblait sur le point d'y parvenir plus tôt cet hiver quand il a signé ses 18e et 19e podiums à Val Gardena et Kitzbühel, les deux seuls de l'équipe masculine jusqu'à maintenant. La suite a été plus difficile avec une 26e place et un abandon aux Mondiaux de Schladming, où il défendait son titre en descente, et des résultats en deçà des attentes à Garmisch-Partenkirchen (22e) et à Kvitfjell.

Septième l'an dernier, l'athlète de 31 ans a cette fois conclu au sixième rang du classement de la descente. «Le côté positif est qu'il a vraiment haussé son niveau sur les gros parcours, a fait valoir Max Gartner, président de Canada Alpin. Il a de l'expérience et c'est important qu'il soit 100% en santé et prêt en vue de la prochaine saison. En ce moment, la chose à faire est que son cas soit évalué plus à fond. Il a beaucoup de temps pour se reposer et se préparer pour des blocs d'entraînement complets.»

Même s'il est ralenti par des problèmes chroniques à un genou, l'Albertain Jan Hudec sera du départ du super-G de Lenzerheide. Il se soumettra ensuite à une imagerie à Calgary et sautera lui aussi son tour pour les Championnats nationaux.

Champions sans skier

L'annulation de la descente a couronné, en toute justice, le Norvégien Aksel Lund Svindal, premier non-Suisse ou non-Autrichien à décrocher le globe de la spécialité depuis son compatriote Lasse Kjus, en 1999.

Du côté féminin, cette fin en queue de poisson permet à Lindsey Vonn, absente depuis sa grave blessure à Schladming, le 5 février, de s'adjuger le trophée pour une sixième année consécutive, un record tous genres confondus.

Il s'agit en quelque sorte d'un retour du balancier pour l'Américaine. En 2011, dans la même station suisse, elle n'avait pu batailler pour un quatrième grand globe consécutif quand un brouillard avait forcé l'annulation du slalom géant. L'Allemande Maria Höfl-Riesch l'avait emporté par trois points.

Ce dénouement avait été le début de la fin de l'amitié entre Vonn et Höfl-Riesch. Cette dernière a d'ailleurs félicité sa rivale sur Twitter, ajoutant ce commentaire avec un clin d'oeil: «Maintenant, tu sais comment je me sentais il y a deux ans.»

En revanche, l'annulation de la descente a empêché la Slovène Tina Maze d'écrire une autre page d'histoire. Accusant un retard d'un seul point en descente, elle tentait de devenir la première skieuse à enlever les cinq globes de cristal.

Déjà gagnante du classement général, avec un record provisoire de 2254 points, et du géant, Maze est en bonne voie de gagner le super-G et disputera le slalom, dont elle mène aussi le classement, à la jeune sensation américaine Mikaela Schiffrin. Si la météo ne vient pas encore gâcher la sauce!