Ce ne sont pas tous les patrons qui prendraient l’initiative de faire plusieurs heures d’avion, aller et retour, pour apprendre à connaître un nouvel employé devant un repas.

Publié le 5 août
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le directeur général des Flames de Calgary, Brad Treliving, l’a fait. Il a pris la direction de Montréal, le 1er août, afin de rencontrer Jonathan Huberdeau le temps d’un souper. Trois jours plus tard, jeudi soir, l’attaquant québécois apposait sa signature sur le plus important contrat de sa carrière et le plus coûteux de l’histoire des Flames. Huit ans et 84 millions de dollars.

« Ça veut dire beaucoup. [Brad] n’avait pas à faire ça. On aurait pu avoir un Zoom, mais c’est en personne que tu apprends à bien connaître quelqu’un », a expliqué Huberdeau dans une visioconférence organisée par sa nouvelle équipe, vendredi.

« Nous avons eu une belle conversation. Il est rentré tout de suite après. Ça m’a fait dire : il se soucie vraiment de moi et il veut que je sois là pour plusieurs années. »

À plusieurs reprises, Huberdeau a indiqué avoir senti que l’organisation « le voulait vraiment ».

C’est l’équipe qui a négocié pour moi. Et tu veux jouer pour l’équipe qui te veut dans son alignement.

Jonathan Huberdeau

Quand son entente entrera en vigueur, au début de la saison 2023-2024, le natif de Saint-Jérôme aura 30 ans. Depuis son arrivée chez les Panthers, en 2012, il n’a participé aux séries éliminatoires qu’à cinq reprises, ne traversant le premier tour qu’une seule fois.

À Calgary, Huberdeau veut gagner.

« Je le voyais dans les yeux [de Brad Treliving] qu’il veut gagner maintenant, a-t-il raconté. Il veut bâtir une équipe gagnante, aller chercher de bons joueurs. Nous avons un bel alignement, notre défense est excellente, nous avons un bon gardien. »

Le fruit de ses efforts

Jonathan Huberdeau a traversé des « montagnes russes d’émotions » ces dernières semaines. Le 22 juillet, vers 23 h, il recevait un appel du directeur général des Panthers, Bill Zito, lui annonçant qu’il venait d’être échangé aux Flames. Le Québécois était sous le choc.

« J’étais un peu triste, mais au bout du compte, dans la vie, tu veux regarder devant, a-t-il indiqué, vendredi. C’était important de tourner la page. J’ai joué en Floride pour plusieurs années, mais je me suis dit : tu dois tourner la page. Il ne me restait qu’une année là-bas. »

Je voulais un engagement, tourner la page pour de bon et me concentrer sur une autre équipe.

Jonathan Huberdeau

Choix de premier tour des Panthers en 2011, Huberdeau a connu en 2021-2022 la saison la plus productive de sa carrière. Il est devenu l’ailier gauche ayant amassé le plus de mentions d’aide en une campagne (85). Sa fiche de 115 points en 80 matchs l’a placé au deuxième rang des marqueurs de la LNH à égalité avec – ironiquement – Johnny Gaudreau.

« Quand je me suis levé ce matin, je me suis dit : c’est vraiment arrivé ! Quand tu commences à jouer, tu ne sais jamais quel genre de carrière tu vas avoir.

« J’ai travaillé fort toute ma vie pour mériter ça. Je suis juste heureux. Mais ce n’est que le début de quelque chose de bon. Mon but est, oui, de signer un contrat, mais je veux gagner une Coupe Stanley. »

Ses parents, qu’il a appelés au moment de signer son contrat jeudi en fin de soirée, ont déjà acheté leur billet d’avion pour le premier match de l’équipe, le 13 octobre.

Un avenir « brillant »

Pour sa première entente au Canada, Huberdeau se retrouve ainsi au sein d’une équipe qui a remporté le titre de la division Pacifique la saison dernière. Alors que Treliving a perdu coup sur coup ses deux attaquants vedettes en Gaudreau et Matthew Tkachuk, il a trouvé le moyen de garder sa formation sur les rails. Et même mieux.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Jacob Markstrom

Avec Jacob Markstrom dans les buts, une défense déjà solide et encore améliorée avec l’ajout de Weegar en plus d’une attaque bien munie, les Flames peuvent aspirer à de grandes choses dès la saison prochaine. Et Huberdeau compte bien en être le leader.

« Je sais ce dont je suis capable, comment je peux jouer. Je veux aller là-bas, être un leader pour plusieurs années. Je n’ai pas encore rencontré les gars, mais ce sera fait en septembre et je vais prendre le temps de trouver mes repères. Je veux être un leader sur et hors glace et redonner beaucoup à la collectivité. »

À Calgary, il jouera sous les ordres de Darryl Sutter, qui a remporté deux Coupes Stanley comme entraîneur-chef des Kings de Los Angeles.

« De toute évidence, c’est ce que tu veux : un coach gagnant. Il a beaucoup d’expérience, je vais l’écouter, il va me pousser et je suis prêt à ça », a indiqué Huberdeau.