L’idée d’accumuler les choix de première ronde pour relancer son organisation demeure toujours séduisante.

Publié le 26 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Une majorité de fans du Canadien espère voir Kent Hughes tâter le terrain avec Ben Chiarot, Jeff Petry, Tyler Toffoli, Artturi Lehkonen ou même Brendan Gallagher comme appât pour empiler les choix.

Emmagasiner les choix au repêchage quand on veut rebâtir ou réinitialiser demeure toujours une bonne idée. Encore faut-il bien repêcher.

Depuis 2007, douze fois a-t-on vu une organisation détenir trois choix de première ronde. Nous exclurons aux fins de notre analyse les trois plus récents, en 2020 et 2021, par Columbus, New Jersey et Ottawa, dont la suite semble prometteuse concernant ces choix.

Mais dans la majorité des autres cas, le pari n’a pas fonctionné. Sur 27 de ces choix de première ronde, seulement quatre sont devenus des joueurs de premier plan, dont seulement deux avec leur équipe respective…

Une partie du problème réside dans le fait que les équipes acheteuses offrent souvent des choix de fin de première ronde puisqu’elles occupent le haut du classement.

On a aussi tendance à céder des choix de première ronde quand on annonce des cuvées plus faibles. Il y avait moins de profondeur en 2007 et 2013, où chaque fois deux équipes ont bénéficié de trois choix de première ronde.

Allons-y dans l’analyse. En prévision du repêchage de 2007, les Oilers d’Edmonton ont liquidé leur capitaine Ryan Smyth et le défenseur Chris Pronger. Ils avaient donc deux choix de première ronde supplémentaire en plus de leur propre choix au sixième rang. Choisi sixième, Sam Gagner a donné plusieurs belles saisons aux Oilers, sans être dominant. Alex Plante (15e) n’a jamais percé et Riley Nash (21e) est devenu un joueur de soutien ailleurs après avoir été échangé quelques années plus tard pour un choix de deuxième ronde.

Les Blues ont mieux fait cette même année. Ils ont entre autres repêché Lars Eller (13e), qui leur a éventuellement permis d’acquérir Jaroslav Halak, et David Perron (26e). Ian Cole (18e) s’est épanoui ailleurs. Les Blues avaient obtenu ces choix supplémentaires en échangeant les vétérans Bill Guerin et Keith Tkachuk.

La cuvée 2007 était faible cependant. À peine 17 des choix de première ronde ont disputé 500 matchs dans la LNH, dont 11 dans des rôles de premier plan.

Le Canadien s’en est bien tiré cette année-là, dans le dernier de ses grands repêchages, avec Ryan McDonagh, malheureusement échangé bêtement, Max Pacioretty et P. K. Subban.

Le DG désormais déchu des Panthers, Dale Tallon, a tenté un coup semblable en 2010. Peu de temps après son entrée en poste, il a échangé Nathan Horton, pourtant encore dans la force de l’âge, et le défenseur Keith Ballard pour des choix de première.

Avec son propre choix, les Panthers ont opté pour Erik Gudbranson au troisième rang, un défenseur robuste et durable, mais très limité. Malgré une longue carrière, Nick Bjugstad (19e) n’est jamais devenu le centre espéré. Il n’a jamais atteint la marque des 50 points dans une saison. Quinton Howden (25e) n’a jamais percé.

La cuvée 2011 n’a rien donné non plus pour les Sénateurs, à part leur sixième choix au total, le leur, Mika Zibanejad, malheureusement échangé avant qu’il n’explose à New York. Stefan Noesen et Matt Puempel n’ont jamais pu s’établir dans la Ligue nationale. Ils se sont repris en cinquième ronde avec Jean-Gabriel Pageau et en septième ronde avec Ryan Dzingel. C’est dire…

Les Flames de Calgary ont mal paru en 2013. Ils ont liquidé leur capitaine Jarome Iginla et le défenseur Jay Bouwmeester, mais ont repêché avec ces choix deux joueurs qui ont totalisé à deux… neuf matchs dans la Ligue nationale.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, les Penguins, qui ne détenaient ainsi plus de choix de première ronde, mais qui ont largement profité des services d’Iginla en séries, ont néanmoins réussi à repêcher deux futurs joueurs d’impact dans des tours plus tardifs, le gardien Tristan Jarry et l’attaquant Jake Guentzel.

Les Blue Jackets de Columbus ont fait chou blanc eux aussi en 2013, avec Alex Wennberg (14e), Kirby Rychel (19e) et Marko Dano (27e). Les 19e et 27e choix avaient été obtenus pour Jeff Carter et Rick Nash. Wennberg a connu quelques bonnes saisons en début de carrière, mais il a vite fané.

On a souvent évoqué le repêchage de 2015 par les Bruins de Boston dans ces pages. L’idée de vendre Milan Lucic et Dougie Hamilton, pourtant encore jeunes, n’était pas vilaine, mais on a frappé dans le beurre royalement avec Jakub Zboril, Jake DeBrusk et Zach Senyshyn, quoique DeBrusk revendique au moins une ou deux bonnes saisons. Boston serait presque invincible si le directeur du recrutement de l’époque, Keith Gretzky, avait choisi trois de ces joueurs encore disponibles parmi Mathew Barzal, Kyle Connor, Thomas Chabot, Joel Eriksson-Ek, Brock Boeser, Travis Konecny ou Sebastian Aho.

En 2017, les Golden Knights ont repêché trois fois en première ronde. Ils ont échangé ces trois jeunes joueurs. Nick Suzuki et Erik Brannstrom leur ont permis d’acquérir deux joueurs de premier trio, Mark Stone et Max Pacioretty. Cody Glass a rapporté Nolan Patrick. Vegas a quand même réussi à maximiser la situation pour du succès à plus court terme.

2007 Edmonton

  • 6- Sam Gagner
  • 15- Alex Plante
  • 21- Riley Nash

2007 St. Louis

  • 13- Lars Eller
  • 18- Ian Cole
  • 26- David Perron

2010 Floride

  • 3- Erik Gudbranson
  • 19- Nick Bjugstad
  • 25- Quinton Howden

2011 Ottawa

  • 6- Mika Zibanejad
  • 21- Stefan Noesen
  • 24- Matt Puempel

2013 Calgary

  • 6- Sean Monahan
  • 22- Émile Poirier
  • 28- Morgan Klimchuk

2013 Columbus

  • 14- Alex Wennberg
  • 19- Kirby Rychel
  • 27- Marko Dano

2015 Boston

  • 13- Jakub Zboril
  • 14- Jake DeBrusk
  • 15- Zach Senyshyn

2017 Vegas

  • 6- Cody Glass
  • 13- Nick Suzuki
  • 15- Erik Brannstrom

2018 New York

  • 9- Vitali Kravstov
  • 22- K’Andre Miller
  • 28- Nils Lundqvist

2020 New Jersey (à suivre)

  • 7- Alexander Holtz
  • 18- Dawson Mercer
  • 20- Shakir Mukhamadullin

2020 Ottawa (à suivre)

  • 3- Tim Stützle
  • 5- Jake Sanderson
  • 28- Ridly Greig

2021 Columbus (à suivre)

  • 5- Kent Johnson
  • 12- Cole Sillinger
  • 25- Corson Ceulemans

Owen Power à Buffalo sous peu ?

Les Sabres ne participeront pas aux séries éliminatoires à nouveau cette année, mais leurs fans auront peut-être une petite gâterie à se mettre sous la dent : le premier choix au total en 2021, le défenseur Owen Power, pourrait se joindre à l’équipe d’ici la fin de l’année. « La communication est ouverte, nous sommes au même diapason. C’est excitant. Je ne veux pas trop en dire, il doit rester dans le moment présent (Power participera aux Jeux olympiques avec l’équipe canadienne), mais il sait où il veut aboutir et nous aussi. » Un autre espoir des Sabres, le gardien québécois Devon Levi, sera lui aussi des Jeux avec le Canada. Power, 19 ans, a 26 points en seulement 24 matchs à l’Université du Michigan, dans la NCAA. Levi a une fiche de 16-7-1, une moyenne de 1,55 et un taux d’arrêts de.948 à Northeastern. Un jour, Buffalo finira bien par gagner…

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