Tous les espoirs étaient permis pour le Canadien au début de la saison 2019-2020.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Cette jeune équipe avait surpris l’année précédente en flirtant avec une place en séries éliminatoires malgré une phase de réinitialisation. Le CH les avait ratées par deux points, Max Domi avait épaté avec une saison de 72 points et Jesperi Kotkaniemi avait surpris en atteignant la LNH à 18 ans.

Le début de saison suivant allait être encore plus encourageant. Après 19 matchs, le CH avait subi seulement cinq défaites.

La suite n’était pas encore prévisible, du moins pour le commun des mortels. L’auxiliaire de Carey Price, Keith Kinkaid, a disputé le troisième match de la saison, le 9 octobre, le premier d’une série de deux rencontres en 24 heures ; défaite de 5-4 en prolongation.

On l’a renvoyé dans le filet dix jours plus tard, lors de la seconde série de deux matchs en 24 heures ; défaite de 4-3 au Minnesota, après des victoires de 4-0 et 5-2 contre le Wild et les Blues à domicile.

Après 18 matchs, Price en avait disputé 15. En trois rencontres, Kinkaid avait accordé 13 buts. Le gardien numéro un du Canadien commençait déjà à tirer de la langue. Kinkaid a disputé le premier et l’avant-dernier match de la première série de huit défaites en novembre. Il les a perdus tous les deux 4-3 en prolongation.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Keith Kinkaid

On imagine la pression sur les épaules de Price : la fatigue s’accumule en raison d’une surutilisation, aucune marge de manœuvre dans des matchs souvent serrés et un auxiliaire incapable de faire le travail. En bref, aucun répit au plan psychologique.

Quand on s’est résolu à rétrograder Kinkaid dans la Ligue américaine, au début décembre, la fiche du CH s’établissait désormais à 12-11-6. Montréal avait déjà quatre clubs à rattraper pour se qualifier en séries.

On a donné deux matchs au jeune Cayden Primeau début décembre, avant de rappeler Charlie Lindgren, sachant que Price allait disputer la majorité des matchs lors du long voyage des Fêtes.

En Floride, à la fin décembre, Price a accordé 11 buts en deux matchs. C’était le début de la deuxième séquence de huit défaites consécutives. Il s’agissait aussi d’un 31e départ de Price en… 38 matchs.

Au final, les auxiliaires de Price ont remporté quatre des 31 victoires du CH en 2019-2020. La saison précédente, Antti Niemi et Lindgren ont remporté neuf des 44 matchs du club.

Les succès du Canadien au début du règne de Marc Bergevin entre 2012 et 2014 ne sont pas étrangers à la présence de Peter Budaj. Celui-ci a maintenu une fiche de 18-9-4 lors de ces deux saisons.

L’arrivée d’un auxiliaire de qualité cette année était donc essentielle. Marc Bergevin a profité de la situation salariale des Blues pour arracher Jake Allen en retour d’un choix de troisième ronde.

Même si le Canadien bénéficiait d’une journée de congé entre chaque match cette semaine, Claude Julien a « osé » envoyer Allen devant le filet lundi à Edmonton. Le nouveau gardien du Canadien a été convaincant dans une victoire de 3-1. Il a perdu son blanchissage en fin de match après une maladresse de Jonathan Drouin en supériorité numérique.

Il s’agissait de la première fois depuis Al Montoya en 2016 qu’un auxiliaire remportait son premier match de la saison. Allen sera probablement renvoyé dans la mêlée jeudi à Vancouver lors du deuxième match en 24 heures du Canadien contre les Canucks.

Après cinq matchs, Price pourrait donc en avoir disputé trois et Allen deux. Tout un contraste avec les saisons précédentes !

Il s’agira de voir si les Blues ont choisi le bon gardien à céder au Canadien. Jordan Binnington a surpris le monde du hockey en relançant les Blues en janvier 2018, puis en remportant la Coupe Stanley.

Mais il a connu une saison plus ordinaire l’an dernier avec fiche de 30-13-7, certes, mais une moyenne de 2,56 et un taux d’arrêts de .912. Allen, dans un rôle désormais plus modeste, a été le meilleur des deux avec une fiche de 12-6-3, une moyenne de 2,15 et un taux d’arrêts de .927.

Allen a repris son poste de numéro un en séries éliminatoires. Il a disputé trois des quatre derniers matchs de la première ronde contre Vancouver, après avoir vu Binnington entamer les deux premiers. Allen a remporté les deux seules victoires des Blues en première ronde et maintenu une moyenne de 1,89 et un taux d’arrêts de .935. Binnington, 27 ans, a subi cinq défaites, avec une affreuse moyenne de buts alloués de 4,72 et un taux d’arrêts de .851.

Jusqu’ici cette saison, Binnington a accordé neuf buts à ses trois premiers matchs, dont quatre en deux périodes dans une défaite de 8-0 contre l’Avalanche vendredi.

Mais bon, le Canadien a ses propres affaires à gérer, n’est-ce pas ?

À lire

1– Le plan du Canadien fonctionnera-t-il cette fois ? Guillaume Lefrançois rappelle qu’on a été échaudé par le passé, mais qu’il est difficile de ne pas se laisser enthousiasmer. Son analyse du match de lundi ici.

2– Philippe Deschênes voulait s’amuser en créant son propre logo du CF Montréal après la divulgation du logo officiel par l’équipe. Son logo est devenu viral ! Frédérick Duchesneau lui a parlé.

3– Marie-Eve Dicaire affrontera finalement la redoutable Clarissa Shields le 5 mars dans un combat d’unification de ceintures de championnats mondiaux. Les détails de Frédérick Duchesneau, décidément très actif en ce début de semaine !