Au camp des recrues du Canadien, il n'y a pas que les joueurs qui soient des recrues.

Le nouvel entraîneur-chef des Bulldogs de Hamilton, Guy Boucher, en est lui-même à un premier camp d'entraînement professionnel.Et même s'il ne chausse pas les patins et ne marque pas de buts, on peut dire avec assurance qu'il est l'un des meilleurs espoirs de l'organisation!

Cette semaine, pendant que ses adjoints sont sur la glace à prodiguer des conseils aux jeunes espoirs, Boucher prend des notes.

Et il prend aussi le temps d'échanger avec tout l'état-major du Canadien.

On croirait avoir affaire à un enfant dans un magasin de bonbons!

«Je suis chanceux d'avoir accès à Bob Gainey, Jacques Martin et Perry Pearn à tous les jours, confie Boucher. Ce sont tous des gens très généreux qui transmettent beaucoup d'informations.

«Et puis, Trevor Timmins connaît aussi très bien ces joueurs puisqu'il les a à peu près tous repêchés.»

Boucher se sent réconforté dans le fait d'avoir choisi le Canadien plutôt qu'une autre organisation. Tel que promis, il sent qu'il a toute la latitude nécessaire pour faire valoir ses idées.

«Jacques Martin et moi on se rejoint sur plusieurs points, mais je suis content de savoir que je vais avoir toute la liberté d'implanter mes systèmes dans la Ligue américaine, constate Boucher.

«À Montréal comme à Hamilton, on va garder notre identité, même si on partage les mêmes valeurs et les mêmes principes de base.»

«Plus tu t'entoures de gens forts, plus tu avances»

Boucher s'est adjoint les services de deux entraîneurs québécois pour compléter son travail avec les Bulldogs.

Après avoir dirigé les Redmen de McGill pendant 14 ans, Martin Raymond s'occupera principalement des attaquants et du désavantage numérique à Hamilton.

«On a souvent collaboré dans le passé, et Guy et moi avions déjà parlé de se retrouver un jour chez les pros, a raconté Raymond.

«J'ai beaucoup de respect pour Guy Boucher. C'est un gars extrêmement compétent, organisé et intelligent.»

L'autre adjoint est Daniel Lacroix, un ancien de la LNH qui a passé quatre saisons dans l'organisation des Wildcats de Moncton avant d'être promu comme entraîneur-adjoint des Islanders de New York en 2006, lorsque Ted Nolan a pris les commandes.

Son passage à la Ligue américaine est loin d'être un pas en arrière, assure Lacroix.

«Les Islanders sont en reconstruction, a rappelé l'ancien ailier des Rangers et des Flyers. Avec des jeunes comme Kyle Okposo, Josh Bailey ou Blake Comeau, la dynamique était proche de celle de la Ligue américaine.

«On consacrait beaucoup de temps de façon individuelle, on corrigeait les erreurs techniques et on leur montrait aussi ce qu'était la vie de professionnel.»

Guy Boucher, ex-entraîneur des Voltigeurs de Drummondville et fort de plusieurs expériences sur la scène internationale, est donc soutenu par un adjoint de type universitaire et un autre dont la feuille de route professionnelle est bien garnie.

«Plus tu t'entoures de gens forts, plus tu avances, a rappelé Boucher. Je recherchais des gens qui allaient donner leurs idées et déjà, avec Daniel et Martin, on avance à une vitesse incroyable.»

En Écosse

Même si le nouveau trio des Bulldogs est à l'oeuvre cette semaine au camp des recrues du Canadien, il profitera d'un voyage en Écosse à la fin du mois pour préparer la saison.

En effet, les Bulldogs et les Marlies de Toronto ont été choisis par la ligue américaine pour participer au tournoi de la Coupe Gardiner, à Édimbourg, où ils affronteront les Giants de Belfast et aux Capitals d'Edimbourg.

Ce tournoi sera essentiellement le camp d'entraînement des Bulldogs.

«On va partir avec tout notre monde, on va tisser des liens, et on va aussi mettre en place notre façon de travailler, a noté Boucher. Avec une toute nouvelle équipe staff, c'est plus facile de s'isoler pour accomplir cela.»

Mais Boucher n'a pas attendu de partir en voyage pour rencontrer individuellement tous les joueurs qui pourraient lui tomber sous la main cet automne.

«Je veux connaître les attentes de chacun d'eux pour mieux les diriger», a précisé Boucher, dont le credo est de mettre l'accent sur le bien-être d'un joueur avant d'exiger qu'il puisse fonctionner en équipe.