Les bardeaux de toit Enviroshake, faits spécialement de rejets industriels et agricoles, ont fait tourné bien des têtes, en février, aux salons des Chalets et Expo habitat de Québec. Leur apparence est somptueuse et leur espérance de vie utile d'au moins 50 ans.

Gilles Angers
Gilles Angers LE SOLEIL

Les bardeaux de toit Enviroshake, faits spécialement de rejets industriels et agricoles, ont fait tourné bien des têtes, en février, aux salons des Chalets et Expo habitat de Québec. Leur apparence est somptueuse et leur espérance de vie utile d'au moins 50 ans.

 C'est la compagnie Wellington Polymer Technology de Catham (Ont.) qui les fabrique. Très prisés dans l'Ouest, ils arrivent au Québec par les soins de Les Toitures écologiques PP de Hérouxville, en Mauricie.

«Imitant de façon persuasive, mais six mois après leur pose, les bardeaux de fente de cèdre avec leur gris argenté formé par les années, ils sont composés de rejets de plastique industriels, de particules de polymère, d'éclats de pneus usés, de chanvre et de paille de lin», explique Stéphane Périgny, président de l'entreprise hérouxvilloise.

Même si, au Québec, le produit en est encore à ses premiers pas, la pénétration du marché semble bien engagée. «Plusieurs maisons en sont pourvues en Mauricie, puis quelques-unes déjà dans la région de la Capitale-Nationale», précise M. Périgny.

Entrepreneur en construction, tout comme son père, c'est en 2004 qu'il s'est épris du revêtement qui, du coup, venait remuer sa fibre écologique personnelle. En fait, c'est un particulier, résolu à se faire bâtir une maison qui serait sans entretien durant 100 ans minimum, qui le lui fit connaître.

En effet, la maison de ce dernier allait être en coffrages isolants et coiffée de bardeaux Econoshake. «C'était un imposé», dit M. Périgny qui, par la suite et avec le concours de son frère Pascal, a convaincu le fabricant de leur accorder la licence de distribution pour le Québec.

L'automne de la même année, l'entreprise propose le même revêtement de toiture à un autre particulier. «Après avoir vu la première maison, il accepte. Sans même s'enquérir de ce que cela lui coûterait. Actuellement, installation comprise, le prix varie de 6 $ à 8 $ le pi ca», détaille-t-il.

Selon M. Périgny, ce n'est pas cher. «Car une fois posé, c'est terminé, beau et on ne recommence plus», plaide-t-il.

Il l'admet: un revêtement pareil est fait pour être vu. On l'installera donc sur un toit dont le déclivité est d'au moins quatre pouces par pied linéaire.

Si on se sent habile, suggère l'homme d'affaires de 36 ans, on peut effectuer soi-même l'installation. Le matériau seul se détaillant 3,60 $ le pi ca.

Agroalimentaire

En 2001, rappelle-t-on, le bardeau Eviroshake a été l'objet du Prix canadien d'excellence en agroalimentaire pour l'innovation. Parce que, disait-on, il «contribue à susciter une demande pour les déchets agricoles difficiles à écouler tels que la paille de lin et le chanvre», tout en recyclant des matières plastiques qui, autrement, prendraient le chemin du dépotoir.

Agriculture et Agroalimentaire Canada trouvait, par ailleurs, les bardeaux «armés» pour résister aux conditions atmosphériques rigoureuses, le considérait sans entretien et d'une esthétique égale à ceux des bardeaux de fente de cèdre. Soulignant, de plus, que fabrication ne nécessite pas la coupe de forêts adultes.

De son côté, le Conseil national de recherches du Canada constate, en 2003, que la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) permet l'emploi de ce produit dans la construction «financée ou assurée» en vertu de la Loi nationale de l'habitation.

Résistance au vent

Par ailleurs, les bardeaux, correctement posés, peuvent tenir tête à des vents d'au moins 140 km/h tout en se moquant des rayons ultraviolets. «À la condition d'abaisser les croisées ou réduire la surface d'exposition de chaque bardeau, la résistance vent peut monter à 190 km/h», juge M. Périgny.

Enfin, tous d'un brun noir dans leur état original, ils ne sont pas tous d'aspect identique. Sur les chantiers, ils sont distribués aléatoirement sur le sol. De cette façon, il est possible de composer un toit d'apparence naturelle.

On peut les tailler à la scie circulaire pour les coupes droites, à la scie sauteuse pour les courbes. Quant aux bardeaux faîtiers, ils sont préfabriqués et s'agencent à la plupart des angles de toit.

Stéphane Périgny, enfin, est très fier de ces bardeaux qui procèdent, selon lui, d'un «génie peu commun» en matière d'environnement, mais il s'interdit de dénigrer les bardeaux d'asphalte, la tôle gaufrée ou l'ardoise. «Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses» et ce serait bien triste si tous les revêtements de toit étaient pareils.

___________________

Renseignements : 418-365-6002 ou www.enviroshake.com