La rareté des matériaux, la pénurie de main-d’œuvre et la hausse des prix ne semblent pas vouloir décourager les Québécois d’entreprendre des travaux de rénovation, selon les résultats d’un sondage réalisé en décembre dernier et dévoilé mardi. L’année 2022 s’annonce aussi effervescente que 2021, où l’industrie a atteint des sommets inégalés.

Publié le 8 février
Isabelle Morin
Isabelle Morin La Presse

Les deux tiers (66 %) des personnes sondées estiment probable ou très probable de dépenser au moins 5000 $ sur leur projet de rénovation d’ici trois ans, et un peu moins de la moitié d’entre eux (42 %) prévoient le faire dès 2022. Les travaux envisagés sont souvent majeurs : les trois quarts débloqueront un budget moyen de 21 000 $, selon cette enquête effectuée auprès de 1000 propriétaires québécois pour le compte de l’APCHQ, RénoAssistance et Desjardins.

« Les dépenses envisagées sont assez substantielles. Je pense que c’est un marché qui va rester très très actif. On attend toujours le résultat des dépenses réalisées en 2021 pour la rénovation, mais on se dirige vers une croissance incroyable, selon le directeur du service économique de l’APCHQ, Paul Cardinal, qui estime ce montant à 18,7 milliards de dollars au Québec pour l’année qui se termine. C’est un record absolu ». Les résultats seront aussi fulgurants pour 2022, prévoit-il, soit 17 milliards de dollars, malgré les possibles hausses des taux d’intérêt et du prix des matériaux.

Les motifs pour améliorer son logis

On souhaite avant tout rénover pour des raisons esthétiques (65 %), mais aussi pour entretenir (45 %) ou réparer son logis (40 %), révèle l’enquête réalisée sur le web par la firme Ad Hoc. Quant aux considérations d’ordre écoénergétique, elles motiveraient une personne sur quatre.

« Quand le marché de la revente va très bien, les gens rénovent. Les nouveaux propriétaires investissent en moyenne 16 000 $ pour mettre leur nouvelle maison à leur goût. Mais les gens passent également plus de temps à la maison, donc forcément, ils veulent avoir un bel intérieur. Plusieurs ont aussi pu rediriger leur budget vacances et de sorties vers les rénovations », analyse Paul Cardinal. Ces conditions combinées à des taux d’intérêt historiquement bas ont contribué à faire de 2021 une année effervescente pour la rénovation, note-t-il.

Sans surprise, la réfection de la salle de bain (28 %) et de la cuisine (26 %) se classe au sommet des intentions de rénovations intérieures, suivies par le sous-sol dans 12 % des cas. Un nombre équivalent de sondés souhaitent améliorer le chauffage ou la climatisation de leur demeure, sinon son isolation.

L’extérieur de la résidence est également dans la mire des Québécois. C’est un budget d’environ 22 000 $ qu’on réserve en moyenne pour la remise en état ou la construction d’un balcon, d’un patio ou d’une terrasse (37 % des cas) ou pour des travaux qui concernent l’aménagement paysager, le revêtement extérieur, les portes et fenêtres ou la toiture (25 %).

Malgré un engouement indéniable pour la rénovation, une personne sur cinq résiste pour des raisons budgétaires. La hausse du coût des matériaux est un frein pour 16 % d’entre eux.

Dans le contexte actuel du marché, devrait-on aller de l’avant ou attendre pour rénover ? À lire dans le cahier Inspiration de La Presse, ce samedi, 12 février.